La théorie du genre : et si c’était une arme contre l’islamisation des esprits ?

Publié le 2 septembre 2013 - par - 2 223 vues
Share

Trop c’est trop. Il faut que les lecteurs de RL sachent que tous les rédacteurs et contributeurs de RL ne partagent pas les insanités proférées sur le genre, et encore j’emploie un terme poli. La dernière en date émane de P. Legrand. La France serait foutue à cause de la théorie du genre ! Rien que ça ! Les fantasmes de ce monsieur prennent le dessus sur une saine appréciation de la réalité.
Reprenons quelques contrevérités véhiculées sur la question. La théorie du gender aurait pour but de remettre en cause l’identité sexuelle et les choix sexuels . Le gender serait supposé crier au scandale de l’hétérosexualité dominante. Le gender déstabilisera nos pauvres têtes blondes et surtout brunes. On va foutre le bordel dans leurs représentations de sexe, ils ne sauront plus où ils en sont, fille ou garçon ?
Or là est justement le problème: les gamin/es s’accrochent à leur sexe pour mieux se démarquer de celui d’en face, dans une logique d’affrontement et de domination. Une séparation drastique des sexes est un des fondamentaux de notre civilisation. Non pas tant pour raison de nature que d’interprétation de cette nature. L’influence pernicieuse de quelques têtes brunes coranisées, aggrave sérieusement la chose. Elles, les têtes, véhiculent leur idéologie machiste avec une efficacité redoutable. Les relations filles garçons se dégradent dangereusement depuis quelques décennies dans notre hexagone. La séparation des sexes, qui s’était adoucie, grâce aux féministes, reprend du poil de la bête, les filles se barricadent derrière leur pantalon, la jupe étant perçue comme un appel au viol, des gamins mineurs se lancent dans les viols collectifs. Voila quelques conséquences réelles d’une approche outrée de la séparation des sexes.
Pointons donc une grave contradiction chez les pourfendeurs du genre qui sont AUSSI des pourfendeurs de l’islam. Comment peut-on s’alarmer de la progression de l ’idéologie islamiste et tailler en pièces une notion qui tente de la contrecarrer ? En démontrant aux élèves qu’être fille ou garçon n’est pas un destin immuable « qu’on ne naît pas femme ou homme, mais qu’on le devient » (« Simone de Beauvoir ») , on leur permet de prendre du recul par rapport à cette prison du sexe qu’on leur apprend à se forger et qui leur sert souvent à mépriser et maltraiter l’autre.
Alors mettons les choses au point, au point de la raison et non du fantasme. Ce n’est pas parce qu’on propose une approche élargie du sexe et du choix sexuel, (autre que la stricte détermination biologique), qu’on nierait celle ci. Confusion qui n’a rien à voir avec la théorie du genre. Depuis quand le réel se réduit-il à une seule de ses composantes ?
Et pour finir, quelques rappels nécessaires. La différence essentielle entre l’animal et l’humain, c’est la faculté de retravailler le naturel, de transformer le biologique en fonction des projections et interprétations qu’il suscite. Cette approche du genre a pour but de prendre du recul par rapport à la notion de « nature », qui n’est pas aussi prégnante qu’on veut bien le croire. Le problème est que la référence à la « nature » a été prétexte et l’est toujours à modeler le réel, en l’occurrence le sexe, selon un patron le plus souvent réducteur et contraignant pour les deux. A en faire des « caricatures » de ce qu’est le masculin et le féminin. Laissons les hommes et les femmes s’épanouir comme êtres humains divers.
Ce qui nous foutra dedans, ce n’est pas la théorie du genre. Ce sont les écueils du fantasme. Et la difficulté à prendre le risque de repenser le monde.

Anne Zelensky

Print Friendly, PDF & Email
Share

Les commentaires sont fermés.