La tribu de Saint-Louis, cancer indépendantiste aux portes de Nouméa

Publié le 20 septembre 2014 - par - 8 257 vues
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DRAPEAULors de la dernière assemblée de la Province-Sud, Régis Elbez, commissaire délégué de la République s’est exprimé pour la première fois depuis sa prise de fonction en 2012.

Son intervention d’une douzaine de minutes a défendu l’action de l’Etat dans le secteur de ce cancer qu’est la tribu de Saint-Louis sur la commune du Mont-Dore, aux portes de Nouméa.

Qu’a-t-il osé dire ce jour-là ?

Légère éclaircie dans le déni de réalité

Le débat portait sur la relance du comité pilotage économique et social de Saint-Louis, tribu kanake qui depuis des années pourrit la vie des Calédoniens en caillassant les automobilistes, en pillant Nouméa et Mont-Dore, en tirant sur les forces de l’ordre. Un sanctuaire où tout délinquant de la tribu est intouchable dès qu’il s’y est réfugié.

« Je souhaiterais intervenir pour porter clarification au regard des débats qui ont été initiés ici… », a commencé Régis Elbez.

Quelques minutes plus tôt, Roch Wamytan, ancien séminariste, tout en rondeurs, jovial, petite moustache de séducteur des années 50, grand chef de la tribu de Saint-Louis, homme politique indépendantiste (groupe UC-FLNKS) et Grégoire Bernut (Rassemblement-UMP), venaient de s’en prendre à l’Etat pour son inaction face à la tribu de Saint-Louis qui depuis des mois (en réalité des années) sème la pagaille.

Un silence pré-cyclonique s’est aussitôt installé dans l’assemblée.

Tout en prenant les précautions rhétoriques d’usage, Régis Elbez a précisé « les limites des responsabilités de chacun. En ce qui concerne la tribu de St-Louis, l’Etat n’a pas pour vocation à diaboliser une partie de la population quelle qu’elle soit. Nous considérons que les responsabilités se doivent d’être recherchées au niveau de cette jeunesse délinquante. »

Et le représentant de l’Etat a ramené chacun face à ses responsabilités : « Nous sommes dans une configuration où l’instrumentalisation agite une partie de cette jeunesse. Nous avons la certitude que ces jeunes agissent, pas toujours de façon concertée, mais sur des phénomènes de bandes qui, en effet, pénalisent considérablement une grande partie de la population. »

Le clan Wamytan, rébellion ou voyoucratie ?

Le terme « instrumentalisation » a considérablement refroidi l’atmosphère. On aurait pu couper la clim’. Et l’annonce des dernières arrestations effectuées dans la tribu n’a pas contribué au réchauffement climatique : tous les délinquants appréhendés sont des… Wamytan. Régis Elbez s’est amusé à les citer nommément. «  Théophile Wamytan, qui a été condamné hier à 5 ans de prison ferme. Il était à l’origine notamment d’un certain nombre de désordres au sein de St-Louis et à l’extérieur, de tirs sur un gendarme, qui a été blessé. Ce matin même, nous avons interpellé Victorin Wamytan, jeune auteur d’un certain nombre de désordres et, pas plus tard que le week-end dernier, de caillassages, de désordres répétés… »

Le groupe indépendantiste UC-FLNKS. dont Roch Wamytan est une des pièces maîtresses a apprécié. « Déballage indécent ! » ont-ils hurlé en bons loups dans la bergerie.

M. Elbez aurait pu ajouter que le grand chef Wamytan, ancien président du Congrès de Nouvelle-Calédonie, est aussi d’excellent conseil pour les jeunes de sa tribu, une sorte d’expert en délinquance. Ainsi il leur recommandait, il y a quelques mois, de porter des cagoules durant leurs différentes exactions et surtout de ne jamais reconnaître les faits si, par hasard, ils étaient arrêtés.

Rappelons aussi que M. Wamytan avant de demander l’épuration ethnique des listes électorales – http://ripostelaique.com/nouvelle-caledonie-lonu-verifie-le-niveau-depuration-ethnique-des-listes-electorales.html -, l’a pratiquée sur le terrain. C’est sa tribu qui a chassé par les armes, en 2003, les familles wallisiennes qui y vivaient depuis les années 50.

Souvenons-nous également qu’en juin, Gui Tamai, (Union Progressiste Mélanésienne – FLNKS) a été massacré à la sortie d’un repas très arrosé par Seleone Tuulaki (RDO -Rassemblement Démocratique Océanien, FLNKS) et surtout que le meurtrier a été extirpé de la scène de crime par un autre compagnon de beuverie : Anthony Lecren (UC-FLNKS), ministre de l’environnement et de l’écologie, membre de la tribu de Saint-Louis, et… cousin de Roch Wamytan. M. Lecren n’a pas démissionné et plastronne toujours au gouvernement de la Nouvelle-Calédonie.

Régis Elbez a donc osé dire que les actes de violences qui pourrissent la vie des Nouméens et des Mont-Doriens depuis trente ans sont le fait de gens qui appartiennent pour certains à la propre famille d’un des principaux leaders indépendantistes.

Interrogé à la sortie de la séance, Régis Elbez a dit qu’il avait voulu par sa prise de parole rappeler qu’à Saint-Louis « la réponse de l’État est permanente et elle est concrète ».

Ce qui, hélas, n’est pas tout à fait la réalité.

On ne lutte pas contre un cancer avec des bonbons homéopathiques

La réalité, contrairement à ce que prétend M. Elbez, c’est que les soins apportés pour traiter le cancer que constitue la tribu de Saint-Louis sont homéopathiques. En Nouvelle-Calédonie comme en Métropole, le « refus de stigmatiser » et l’excuse de « la jeunesse défavorisée » servent de paravent à la lâcheté des institutions et des politiques.

L’Etat à travers le haut-commissariat, les forces de l’ordre et l’institution judiciaire a pourtant beaucoup de moyens à sa disposition pour agir, mais il se contente de communiquer.

Il y a plus de trente ans, depuis l’arrivée de Mitterrand au pouvoir en 1981, la nomination d’Henri Emmanuelli à l’Outre-mer et la venue de Christian Nucci nommé haut-commissaire de la République sur le Territoire, que l’Etat français capitule, laissant le champ libre aux voyous. Depuis cette année-là, ils savent que tout est permis sous couvert d’idéologie. Ils ont fait des petits, ce sont maintenant leurs enfants et petits-enfants qui sèment la terreur à Mont-Dore.

La racaille indépendantiste sort de la tribu pour commettre ses saloperies et y revient pour s’y mettre à l’abri. Les forces de gendarmerie doivent demander la permission d’y intervenir pour de rares arrestations.

Et si vous êtes assez inconscient pour y poursuivre vos voleurs comme vient de la faire Michel Bénébig, un musicien calédonien connu, vous risquez votre peau. M. Bénébig voyant sa camionnette avec ses instruments de musique à l’intérieur disparaître l’a prise en chasse avec son second véhicule en compagnie de son épouse. A l’entrée de la tribu, la pègre ludovicienne s’en est pris violemment à eux et leur a dérobé leur second véhicule.

Pas de doute que le musicien spécialiste de l’orgue Hammond s’est fait engueuler par les forces de l’ordre. Comme les propriétaires des 450 automobiles volées chaque année à Nouméa dont on retrouve les carcasses brûlées aux abords de la tribu de Saint-Louis. Si les véhicules sont dérobés c’est la faute des propriétaires qui ne cachent pas les clés. Les vrais fautifs ne peuvent être les crapules.

L’Etat ne s’est jamais montré très performant pour éradiquer le cancer de Saint-Louis. Mais que dire des maires successifs du Mont-Dore ?

Les maires Frogier et Gay, complices absolus de l’insécurité mont-dorienne

Pierre Frogier, ancien maire du Mont-Dore, aujourd’hui sénateur de la Nouvelle-Calédonie et Eric Gay, le maire actuel (tous des deux Rassemblement-UMP), ont toujours été proches de Wamytan et donc de la tribu de Saint-Louis.

Depuis trente ans, l’un après l’autre, ils ont dirigé la commune sans se préoccuper de ceux qui pâtissent quotidiennement de l’insécurité que font régner les voyous. Depuis des années, ils sont les complices de Roch Wamytan et de sa politique indépendantiste : drapeau kanaky hissé en grandes pompes au fronton de la mairie, accord de gouvernement avec le grand chef de Saint-Louis, minoration permanente de la dégradation de la vie quotidienne de leurs administrés face à l’activité politico-mafieuse de Saint-Louis…

Dans une de ses dernières sorties, Eric Gay – avec son assurance toujours aussi imbécile – a minimisé les nuisances liées à Saint-Louis : « C’est une situation momentanée, il faut essayer de prendre les choses avec beaucoup de recul. »

Visiblement 30 ans de recul, la baisse de l’attractivité économique de la commune, la chute de la valeur immobilière des résidences situées au-delà de la tribu, la route régulièrement coupée par des barrages obligeant les habitants du sud de la commune à dormir dans leur voiture, ne sont pas suffisants.

Eric Gay incrimine au passage les réseaux sociaux. Les différents groupes Facebook dont le groupe Info Route du Mont-Dore. Ceux-ci enflammeraient les choses, affoleraient les Mont-Doriens, inciteraient les jeunes kanaks à agir pour qu’on parle d’eux sur le Net.

Pour être clair, les responsables politiques, les fonctionnaires de l’Etat, les élus politiques qui ne pâtissent jamais de la nocivité de la tribu de Saint-Louis se moquent depuis 30 ans des Calédoniens et surtout des Mont-Doriens.

Pendant qu’ils se saoulent ensemble, ce  sont les communautés calédoniennes qui subissent la couardise de leurs dirigeants, leur volonté de consensus perpétuel, leur bêtise crasse, l’activisme pro-indépendantiste de l’Etat.

Mais les Calédoniens ne sont pas dupes. Ils se souviennent qu’au début des années 80, certains d’entre eux n’ont pas hésité à répondre sur le terrain aux provocations de la tribu de Saint-Louis.

Faudra-t-il que ces affrontements recommencent pour que l’Etat et les politiciens locaux bougent autrement qu’en vaines gesticulations ?

Marcus Graven

 

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