La Turquie d’Erdogan complice de l’Etat islamique

Publié le 12 février 2015 - par - 517 vues
Traduire la page en :

decapitations« Face à l’accélération de l’Histoire, l’Europe doit se transformer en entité globale. La voici face au double choix du multiculturalisme et du lien stratégique à nouer avec l’Asie. » Ainsi parlait Ahmet Davutoglu au début des années 2000. Il est devenu depuis Premier ministre du président Erdogan, cet islamiste bon teint dont le vernis craque facilement devant une caricature de son prophète !

Faire entrer la Turquie dans l’Europe, voilà le fantasme de beaucoup. Alors lisez ceci et jugez en votre âme et conscience.

Dans le reportage de Jérôme Fritel, « Daesh, naissance d’un Etat terroriste »,  diffusé mardi 10 février 2015 sur Arte, on apprend que la principale ressource financière de l’Etat islamique provient des puits de pétrole qu’ils détiennent  dans les territoires occupés d’Irak et de Syrie. Cette manne représente plusieurs millions d’euros par jour.

Mais comment font-ils pour écouler leur gigantesque stock d’or noir ? La réponse est donnée dans le reportage : les autorités turques ferment les yeux et laissent les camions-citernes remplis de pétrole, bradé à des prix défiant la concurrence, passer allègrement leur frontière commune avec l’Etat terroriste, un ennemi déclaré de l’Occident !

Que devient ensuite le pétrole : nul ne le sait. Nous roulons peut-être djihad ?! Il y a « mieux » ! Toujours dans ce reportage, un trafiquant d’armes turc reconnaît – à visage couvert, pour ne pas perdre sa clientèle si généreuse sans doute ! – avoir « commercé » avec l’Etat islamique. Combien d’autres pour alimenter cette machine à tuer ?

Bien sûr, en laissant prospérer une idéologie qui extermine volontiers et gratuitement les Kurdes – particulièrement les membres du PKK, ennemi héréditaire de la Turquie –, Erdogan et sa clique n’ont plus à faire le sale boulot. Mais il serait naïf de croire que ce sont là les seules motivations d’Ankara, qui rêve plus souvent d’internationale islamique que d’Union européenne telle que nous nous la représentons, nous autres les petits blancs emmerdants !

Et, comme toujours, face à la montée des inquiétudes légitimes concernant la géostratégie trouble de la Turquie, des spécialistes – on les adore ! – sont là pour nous corriger, dont Didier Billion, directeur adjoint de l’IRIS (Institut de Relations Internationales et Stratégiques) (http://leplus.nouvelobs.com/contribution/1251720-lutte-contre-l-organisation-etat-islamique-non-la-turquie-ne-joue-pas-un-double-jeu.html)

Mais Billion a au moins raison sur un point quand il déclare : « Plutôt que de faire la morale à Ankara, les puissances occidentales seraient bien inspirées d’essayer de comprendre la vision qu’ont les Turcs de leur environnement géopolitique, car ils ont continueront à y exercer une forte influence après la résolution de la crise actuelle. »

Un, les puissances occidentales sont responsables du merdier Daesh – Etats-Unis en tête avec leur stupide invasion de l’Irak en 2003 – ; deux, les Turcs ne lâcheront effectivement jamais le morceau.

Aussi, accueillir cette poudrière pleine de duplicité dans l’Europe – dont elle a été, je le rappelle, l’adversaire déclaré pendant des siècles –, c’est signer un chèque en blanc à l’islamisme. Car la Turquie est ce qu’on appelle communément une base arrière pour l’Etat islamique. Ankara laisse même perpétrer des massacres djihadistes sur son propre sol. Ce n’est pas moi qui le dit, c’est l’Humanité : « Pour preuve, les alertes lancées par le département d’État américain lui-même, sur les attentats dans le sud-est turc, le Kurdistan, qui pourraient être perpétrés par les djihadistes. » (http://www.humanite.fr/turquie-daesh-porte-par-ankara-559872)

Alors, si nous ne voulons pas être à notre tour une base arrière de la base arrière, la Turquie doit être définitivement exclue de l’Europe et regardée avec BEAUCOUP de méfiance.

Chateaubriand avait vu juste, qui écrivait déjà : « Prétendre civiliser la Turquie en lui donnant des bateaux à vapeur et des chemins de fer, en disciplinant ses armées, en lui apprenant à manœuvrer ses flottes, ce n’est pas étendre la civilisation en Orient, c’est introduire la barbarie en Occident. »

Charles Demassieux

Print Friendly, PDF & Email

Riposte Laïque vous offre la possibilité de réagir à ses articles sur une période de 7 jours. Toutefois, nous vous demandons de respecter certaines règles :

  • Pas de commentaires excessifs, inutiles ou hors-sujet (publicité ou autres).
  • Pas de commentaires injurieux ou diffamants envers les auteurs d'articles ou les autres commentateurs.
  • La critique doit obéir aux règles de la courtoisie.
  • Pas de langage ordurier ou scatologique, y compris dans les pseudos
  • Pas de commentaires en majuscules uniquement.
  • Il est rappelé que le contenu d'un commentaire peut engager la responsabilité civile ou pénale de son auteur

Les commentaires sont fermés.

Lire Aussi