La Turquie profonde est majoritairement attachée à l’islam, donc incompatible avec l’Europe

L’émission C dans l’air du 5 juin dernier, qui était consacrée aux événements dont la Turquie est le théâtre, nous a appris que le nombre de voiles islamiques ne cessait d’augmenter dans les principales métropoles turques, notamment à Istanbul.

L’explication donnée par les invités d’Yves Calvi s’est essentiellement centrée sur les migrations économiques, les campagnes se vidant au profit des grandes villes. Or, l’on sait que la « Turquie profonde » est très attachée à ses traditions, et, par suite, à la religion islamique. Il est donc normal qu’Istanbul voie dans ses rues de plus en plus de femmes voilées.

D’où cette idée – volontairement rassurante – selon laquelle il n’y a pas lieu de conclure à une quelconque avancée de l’intégrisme religieux sur le sol turc, ce qui, entre autres, permet d’éviter la théorie du « choc des civilisations », dont personne ne veut entendre parler.

Il n’empêche que c’est bien pour conjurer un tel choc que l’entrée de la Turquie dans l’Europe (1) a été présentée tout au long de l’émission comme un gage supplémentaire de fraternisation entre le monde occidental et le monde musulman (2) !

Mais après tout, pourquoi pas ? C’est en se rencontrant qu’on apprend à se connaître, et c’est en apprenant à se connaître qu’on apprend à s’aimer.

Néanmoins, les choses ne sont pas aussi simples : rencontrer, c’est découvrir, et découvrir c’est découvrir qu’on peut aussi ne pas s’aimer !

Du reste, le peuple turc n’a pas l’intention d’entrer dans l’Europe, en laquelle il ne se reconnaît point. Il préfère ses règles de vie – ce qui est légitime – et sait le dire. En Turquie, les « crimes d’honneur » sont appliqués à la lettre ? Vive les « crimes d’honneur » ! En Turquie, la femme doit sortir voilée ? Vive le voile ! En Turquie, l’islam est le dénominateur commun de tous les Turcs ? Vive l’islam !

Que pourrait-on objecter à cela ? Rien, puisqu’en Turquie les Turcs sont chez eux, et que charbonnier est maître chez lui. C’est ailleurs – c’est-à-dire en terre non musulmane – que de telles règles n’ont plus de sens, à moins que ceux qui les accueillent ne les veuillent comme modèles de vie !

Et c’est là que je ne comprends plus tous ces invités de nos plateaux télévisés qui, bien qu’européens d’origine ou de cœur, déclarent ne pas être gênés par le port du voile, alors qu’ils savent pertinemment à quel point cette pratique est contraire à l’esprit européen. Car enfin,  comment se fait-il que ceux-là mêmes qui, en Europe, prônent le « droit à la différence », se révèlent incapables de l’appliquer pour eux ? En Europe, les « crimes d’honneur » sont une horreur ? Combattons-les ! En Europe, le voile est une pratique sexiste et discriminante ? Interdisons-le ! En Europe, l’islam n’est pas le dénominateur commun des Européens ? Disons-le !

Au fond, tant que nous tolérerons le voile islamique sur le sol européen, aucune intégration ne sera possible. Tout « accommodement raisonnable » en est la preuve !

Maurice Vidal

(1) Cf. La colère d’un Français, p.186 à 195.

(2) La Turquie est musulmane à 99 %.

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