La victoire de François Hollande est surtout due au rejet massif de Sarkozy

Publié le 6 mai 2012 - par - 1 105 vues
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Pendant 5 ans Nicolas Sarkozy a crispé tous les Français dans la manière  dont il a assuré son mandat de Président de la République.

Les Français ont sanctionné un homme qui n’a jamais su se mettre dans l’habit de Président de la République, qui a donné une image désastreuse de la France dans les différentes réunions auxquelles Nicolas Sarkozy a participé pendant ce quinquennat.

Sa personnalité agitée, sans cohérence et provocante n’a pas plu aux Français et ils lui ont fait payer dans les urnes.

L’élection de François Hollande  ce 6 mai 2012 n’est pas comparable à celle de François Mitterrand en 1981, car elle s’inscrit dans une période de crise économique, financière et sociale sans précédent.

Les premières estimations donnaient  François Hollande élu avec 52% des suffrages contre 48% des suffrages à Nicolas Sarkozy.

Ce n’est pas un vote d’adhésion  en faveur de François Hollande, mais plus un vote de rejet de Nicolas Sarkozy, dont les Français ont jugé qu’il s’était accaparé de tous les pouvoirs, en lieu et place du gouvernement et du parlement chargés de contrôler et de voter les lois qui lui étaient soumises par son propre gouvernement.

La France aura été gouvernée par ses conseillers de l’Elysée au mépris même  de l’esprit de la Constitution de 1958 voulue par le Général de Gaulle.

Nicolas Sarkozy s’est comporté comme un homme imbu de sa personne, croyant détenir la vérité, n’écoutant même  plus ses propres amis.

La droite sarkoziste  laisse la France dans un état déplorable dans tous les domaines. Il a creusé les déficits (et la crise financière de 2008 n’est pas la seule responsable de la dette publique).

Il a augmenté les inégalités sociales en favorisant exclusivement  les riches du CAC 40 (sa bande du Fouquet’s).

Il a détruit le tissu social en s’en prenant aux acquis sociaux (ex : Réforme des Retraites  jugée injuste par nos compatriotes).

Il a augmenté la paupérisation des Français les plus fragiles et il n’a rien fait pour sauvegarder nos emplois, bien au contraire,  le chômage a explosé (1 million de chômeurs au cours de son quinquennat).

Il a appliqué une politique économique et sociale catastrophique au point de faire voter par le parlement un bouclier fiscal au début de son mandat réservé aux plus grandes fortunes de France, pendant que la grande majorité des Français se voyait matraquer par des taxes nouvelles et un niveau de vie toujours plus en baisse.

Sarkozy a été défait avant tout à cause de la politique sociale injuste et inégalitaire  et non pas sur des thèmes sociétaux, comme on aurait pu le penser.

Les problèmes de l’immigration et de l’islam dans notre pays ne sont pas à évacuer d’en revers de la main, mais ils  ne semblent pas avoir été déterminants  dans le choix  que les Français ont fait en préférant le changement à la continuité incarnée  par un président-sortant qui a repris ces thèmes pour récupérer les voix de Marine Le Pen.

Cette victoire de la Gauche ne doit pas laisser penser que la crise économique, financière et sociale sera résolue, alors que les deux impétrants avaient la même position quant à la place de la France en Europe et une économie mondialisée qui la pénalisent sur le plan monétaire et sur le plan de la gouvernance.

Des jours difficiles nous attendent et la gauche sera observée et jugée sur ce qu’elle a réellement promis à la communauté nationale et  nous pouvons en être sûr le peuple souverain se détournera d’elle, si celle-ci ne respecte  pas ses promesses  de campagne.

Les Français ne sont pas racistes, mais sont attachés à la laïcité,  aux valeurs républicaines et au vivre ensemble au-delà de nos différences  et ils sont bien évidemment contre le communautarisme.

Pendant plusieurs années, ni la droite ni la gauche n’avaient pris conscience que les Français ne souhaitaient pas que la religion investisse la sphère publique contraire aux principes mêmes de la laïcité.

Les Français ne sont pas pour une France repliée sur elle-même car ils ont conscience que nous ne pouvons pas vivre en autarcie.

Pour autant les Français sont pour un Etat fort qui les protège d’une concurrence déloyale et faussée imposée par une économie mondialisée  que la gauche et la Droite ont accepté sans qu’ils puissent donner leur avis.

Incontestablement la ligne de Patrick Buisson qui a influencé la campagne de Nicolas Sarkozy l’a mené tout droit à la défaite.

La France est humaniste dans sa chair et reste ouverte au monde, bien qu’elle soit prête à défendre ses valeurs si elle avait le sentiment que celles-ci pouvaient être remises en cause.

La gauche ne devra plus tolérer le communautarisme contraire à notre République une et indivisible.

Pour les laïques que nous  sommes, nous devrons rester vigilants et nous devrons être aussi exigeants avec la Gauche qui revient au Pouvoir que nous l’avons été avec la Droite de Sarkozy en lui rappelant  notre attachement à la laïcité et notre farouche détermination à laisser l’Etat chez lui et l’Eglise à la maison.

Notre combat contre l’islam radical doit continuer, car cette lutte est juste  et que nous avons raison de dire que l’islam n’est pas une religion comme les autres, et que ses préceptes sont antinomiques avec la République laïque, sociale et féministe à laquelle nous sommes profondément attachée.

Nous vivons dans un pays libre et nous devons accepter l’alternance, c’est  ce qui fait la différence entre un régime totalitaire et un régime démocratique où le Peuple souverain peut choisir en toute transparence et toute connaissance de cause ses gouvernants.

Fabrice LETAILLEUR

Voir son blog

http://lebloglaicdechamps.over-blog.com/

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