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La vie de millions d’automobilistes va devenir un enfer… sauf si les Français se révoltent enfin !

Le débat sur la conduite automobile, la répression et la Sécurité routière ont été très animés, cet été, dans les colonnes de Riposte Laïque, où des échanges parfois vifs ont opposés contributeurs de RL entre eux, et nombre de commentateurs. Une bonne occasion pour nous de reprendre contact avec Jean-Luc Nobleaux, journaliste spécialisé dans ce domaine, et de lui demander son avis. Une parole libre, qu’on aimerait entendre sur les plateaux de télévision. Par ailleurs, la conclusion de cet entretien, et l’avenir que le journaliste prédit aux automobilistes français est glaçant… mais tellement crédible ! 

Riposte Laïque : Vous êtes journaliste, spécialisé dans l’automobile et la moto, et vous avez publié, en 2009, un livre au titre évocateur, « Radars, le grand mensonge », que j’ai évoqué dans un article demandant un référendum contre le permis à points et les radars-racketteurs. 9 ans plus tard, écririez-vous le même livre ?

Aujourd’hui, je n’écrirai même pas ce livre, car cela entraîne plus d’ennuis que de lecteurs !

Jean-Luc Nobleaux : Mon enquête avait une raison d’être, puisqu’elle était censée « lancer une alerte » avant que la machine ne devienne trop lourde pour être stoppée. C’est le rôle d’un journaliste en principe, il doit « éclairer » ses contemporains le plus tôt possible. Mais aujourd’hui je n’écrirais même pas de livre. Pour quel résultat ? J’ai l’impression d’être entouré de narcoleptiques, de gens qui s’endorment pendant le film. Et puis, les gens ne lisent plus de nos jours, d’autant que le cerveau humain a tendance à évacuer naturellement les sujets trop « noirs ». Les anciens regardent la télé, les autres parcourent Facebook et tous pensent tout savoir sur tout…

D’autre part, en tant que journaliste ou éditeur, publier une enquête gênante pour le pouvoir en place vous expose aux mesures de rétorsion : contrôles fiscaux, diabolisation, censure etc. Pire : certains « dissidents » sont trainés en justice et condamnés à payer des sommes folles, ou même emprisonnés. La France est l’un des pires pays d’Europe pour la liberté d’expression, et l’ambiance empire chaque année. Pour résumer, écrire de tels pamphlets vous attire plus d’ennuis que de lecteurs (rires).

Les partis de gauche sont présentés comme progressistes, ceux d’extrême-droite » comme quasi-fascistes. La réalité nous dit pourtant le contraire…

Riposte Laïque : Comment expliquez-vous, alors que la répression s’aggrave, l’étonnant silence des Français ? Pensez-vous que nos compatriotes sont mal informés, ou masochistes ?

Jean-Luc Nobleaux :
Les deux, et je m’explique. Mal informés, c’est certain et c’est un euphémisme. La première manipulation est globale. En France l’orchestre officiel nous vend les partis de gauche comme « progressistes », alors que les partis dits « d’extrême-droite » nous sont vendus comme quasi-fascistes. La réalité nous dit pourtant le contraire.

Exemple, une association vient de se créer sous la houlette du sociologue Paul Ariès (1), elle demande l’interdiction totale des loisirs et sports mécaniques. Qui la compose ? Des proches de Mélenchon ou des Verts. Tout le monde connait l’agitation auto/motophobe des Verts (EELV), de Anne Hidalgo ou Ségolène Royal (PS) etc. C’est une réalité, la gauche française d’après Mitterrand s’est campée dans une posture liberticide et punitive, tandis que les derniers défenseurs des libertés individuelles – au moins sur le papier – sont des politiques comme Marion Maréchal, Marine Le Pen, Bruno Gollnich, Florian Philippot, Robert Ménart, Nicolas Dupont-Aignan ! Idem pour les médias, ce sont les médias « de droite » qui s’inquiètent de cette vague de fond liberticide, pas la presse de gauche qui appelle à toujours de censure et limitations en tous genres.

En France, les pires apprentis-dictateurs sont « à gauche » (même si ce classement gauche/droite ne signifie plus rien) mais beaucoup de gens ont encore une grille de lecture inversée, par choix idéologique, par conformisme, désir d’immobilisme, ou par lavage de cerveau.
Les Français sont les premiers responsables de ce qui leur arrive. Ils votent depuis 30 ans contre leurs intérêts premiers, sur presque tous les plans : économie, sécurité, libertés individuelles… Donc oui, les contre-pouvoirs disparaissent et la répression s’aggrave c’est logique.
Bref, dans cette histoire les Français n’ont pas les fesses propres, et ils sont d’autant plus passifs qu’ils le savent ou le ressentent confusément, ce qui ne les empêche pas de pleurnicher d’ailleurs, mais c’est plus de l’hypocrisie que du masochisme…

C’est en France que la « sécurité routière » fait preuve du plus grand rigorisme salopard

Riposte Laïque : Pouvez-vous expliquer à nos lecteurs comment les choses se passent dans d’autres pays européens ? Est-ce vraiment en France qu’on installe le plus de radars, et que les sanctions sont les plus sévères ?

Jean-Luc Nobleaux : Pour être honnête il est compliqué de comparer les chiffres en fonction des pays ; les résultats dépendent de moult critères, lesquels ne sont jamais tous pris en compte : position géographique, superficie, réseau routier, niveau de vie, kilométrage, parc automobile etc. Mais une chose est certaine c’est en France, dans notre beau pays « des Droits de l’Homme », que la « sécurité routière » fait preuve du plus grand rigorisme salopard. C’est en France que l’éthique est la plus bafouée, et le bien public le plus oublié.
Plus concrètement, les radars routiers, c’est un peu comme le cholestérol. Bon ou mauvais, c’est une question de dosage et/ou d’emplacement. L’Angleterre, par exemple, montre que les « speed cameras » peuvent être utiles pour éviter des accidents – au moins au début de leur implémentation – si placés sur les réels points noirs du réseau. A titre personnel, je ne suis pas pour la suppression totale des radars, mais pour le repositionnement d’une partie d’entre eux : à l’entrée de villages, devant les écoles, sur les portions sans visibilité, sur les endroits dangereux du réseau routier… Logiquement, la carte des radars devrait correspondre à la carte des points noirs du réseau. Ce n’est absolument pas le cas chez nous, pays de la répression Cruchot et des centaines de millions d’amendes automatiques pour des petits dépassements de la vitesse imposée.

Quant aux sanctions, les risques pénaux encourus en France sont délirants : années de prison, confiscation du véhicule, montants stratosphériques à payer, retraits de permis pour des délits comme « grande vitesse », possession de détecteur de radars ou même pour le simple débridage ou kitage d’un moteur de cyclo… (la liste est dans mon livre, page 34). A la limite du croyable.

Si on retirait les radars en France il n’y aurait aucune incidence notable sur le nombre d’accidents 

Riposte Laïque : Que répondez-vous à ceux qui (y compris dans les commentaires de Riposte Laïque) expliquent que si on annulait le permis à points et si on retirait les radars, il y aurait des milliers de morts supplémentaires en France, et donc que ce projet est criminel ?

Jean-Luc Nobleaux : C’est exactement comme ceux qui affirment que si on autorisait les Français à détenir une arme à feu pour leur légitime défense, ce serait OK Corral dans les rues. C’est absurde. Par exemple tous les citoyens suisses ou presque sont armés, or c’est un pays très calme. Dans l’autre sens, l’Angleterre est le pays d’Europe où la législation sur les armes est la plus drastique, et c’est aussi le pays occidental dans lequel la délinquance explose (attaques et meurtres au couteau notamment). Les accidents de la route, à partir d’un certain chiffre, c’est un peu comme la délinquance ou le nombre de morts par arme à feu : un problème de société. C’est une question de géographie, d’histoire, d’infrastructures, de degré de civilisation, de style et niveau de vie, de population etc.

Le permis à points je mets ça à part. Le permis de conduire régulièrement obtenu que l’Etat décide ensuite de retirer au gens pour des vétilles c’est d’abord un scandale éthico-juridique (30 000 points de permis sont retirés tous les jours !). C’est un peu comme si on retirait le baccalauréat et/ou les diplômes universitaires à quelqu’un parce que ses commentaires publics sont considérés (à tort ou à raison on s’en fout) comme déviants ou délictueux. Nous sommes dans une espèce de dictature administrative.

Si on retirait les radars en France il n’y aurait je crois, aucune incidence notable sur le nombre d’accidents en France. Les radars punissent ceux qui conduisent beaucoup, pas ceux qui conduisent mal. L’examen des courbes et chiffres « officiels » montre qu’ils ne modifient pas la sinistralité routière (toujours plus d’amendes et pas moins de morts sur les routes), ni le Contrôle Technique automobile d’ailleurs. Mieux, peut-être que la suppression des radars engendrerait une BAISSE des accidents. En effet le système radars est pervers. Il est tellement « rentable » que nos dirigeants sont focalisés sur toujours plus de cabines et autres miradors numériques, au détriment de la réelle sécurité routière : formation-prévention, déficience du réseau, conduite alcoolisée, somnolence et inattention, etc. Donc oui le système radar en agissant comme un leurre sur l’action publique, favorise indirectement la mortalité routière. Pour illustrer mon propos au Marker, les motards giclent sur des zébras glissants et se font couper en rondelles par des glissières coupantes, des ivrognes se pulvérisent dans un platane le samedi soir, et où sont nos petits génies de la « Sécurité Routière » ? Ils installent de nouveaux radars sur des 4 voies bien sécurisantes. Où sont nos vaillants pandores ? A organiser des traquenards à la jumelle sur les voies les plus circulées, quelquefois à l’heure où les gens se rendent au boulot ! Voilà le tableau…

Les citoyens « honnêtes » se prennent des amendes disproportionnées pour des vétilles tandis que la vraie délinquance flambe

Riposte Laïque : Pensez-vous que les forces de l’ordre font également preuve d’un zèle excessif envers automobilistes et motards ?

Jean-Luc Nobleaux : Gros sujet. La question est surtout celle-ci : Si le chat garde les chèvres, qui va attraper les souris ?
Les Forces de l’Ordre, elles ne sont que ce qu’en fait le gouvernement. Or, ce gouvernement a été élu par les Français, ne pas oublier ça. Si les gens ne sont pas contents de leur police, qu’ils changent de dirigeants !

Ce qui se passe est fascinant à observer : on glisse vers un régime policier, mais avec une police sans pouvoir sur la délinquance dure. Le but en France ne semble pas être d’endiguer la criminalité, mais au contraire de créer un environnement social capable de la renforcer. Nos FDO sont entre l’enclume et le marteau. Ils doivent suivre les consignes viciées de leur hiérarchie, travaillent – pour la police surtout – dans des conditions déplorables, et sur le terrain, subissent le mépris et la défiance de leurs concitoyens.

La politique du « chiffre », mise en place par Sarkozy et continuée par Valls, a cancérisé la « Maison Poulaga », devenue une annexe du Trésor Public. Nos pandores sont soumis à des quotas de PV, tandis que de plus en plus de choses sont laissées à leur appréciation (état d’un véhicule, carrossabilité des chemins, attitude des conducteurs…) et ils disposent de toujours plus de moyens de spoliation et surveillance des usagers de la route : caméras vidéo, système LAPI, données des assurances, boites noires et contrôles techniques périodiques, giga-fichiers, reconnaissance biométrique, traçage des déplacements, tablettes, jumelles, hélicoptères, drones etc.

Pour grossir le trait, les citoyens « honnêtes » se prennent des amendes disproportionnées pour des vétilles par une maréchaussée omniprésente au bord des routes, tandis que la vraie délinquance flambe. Chaque JOUR en France : 450 violences sexuelles hors ménage, 1 360 violences physiques hors ménage, 20 000 atteintes aux biens, 33 000 crimes et délits, sans oublier les quelque 150 disparitions (d’enfants notamment…). 80% des affaires transmises à la Justice sont classées sans suite. Certains quartiers de grandes villes sont des cloaques à ciel ouvert. Un grand nombre de cités sont des no-go zones. Je passe sur les tueries régulières d’apprentis-terroristes et je ne parle même pas du fléau des fraudes aux caisses sociales, ni de la délinquance d’en haut – dite en col blanc ; c’est un pillage quasi-généralisé, des sommes inouïes disparaissent des caisses publiques – où là, il n’y a carrément plus personne pour faire la loi : ni flics, ni juges, ni politiques.

Mais que fait la police ? Elle est concentrée sur la délinquance dite « molle ». Au moment où j’écris ces lignes, sur Paris la police arrête les véhicules pour vérifier les imbitables vignettes Crit’Air, tandis que Marlène Schiappa (Secrétaire d’Etat) demande 10 000 policiers sur les trottoirs pour empêcher les hommes de « harceler » les filles ! Comment voulez-vous que les flics ne soient pas méprisés par la population ?
Certes des policiers ont manifesté en 2017 ; moyens dérisoires, tétanisation des agents sur le terrain, dévoiement du métier etc. Que les policiers se retournent (enfin) contre leur hiérarchie c’est bien, mais il ne leur est pas interdit de se prendre en main au quotidien face à leurs concitoyens. La dignité et le respect ça ne se quémande pas, ça se gagne.

En ce qui concerne le zèle excessif, il y a dans les FDO, environ 5% de supercrétins ou de gens qui relèvent de la psychiatrie, « des types qui seraient capables de pruner leur propre père » (selon les dires d’un ami commandant de police). Mais on retrouve ce même pourcentage dans toutes les corporations, je me demande même s’il n’est pas plus élevé chez les journalistes ! (rires) En fait la majorité des policiers et gendarmes sont des gens toniques et courageux qui se sont engagés par conviction, « pour défendre la veuve et l’orphelin » comme on dit. Mais dans les faits, ni la police, ni la justice n’ont les moyens de fonctionner correctement, et c’est volontaire de la part du pouvoir politique. D’où ce gros malaise dans les Forces de l’Ordre (2). Le nombre de suicides dans cette corporation aurait explosé ces dernières années, mais il n’existe aucun chiffre officiel, le sujet reste tabou (3).

La Puissance Publique va accentuer le pompage fiscal et le contrôle des motorisés (97% de la population active)

Riposte Laïque : Pouvez-vous commenter les nouvelles dispositions prises par la Sécurité routière, qui se mettront en place dans les prochains mois ?

Jean-Luc Nobleaux : Cette espèce d’ingénierie sociale – modification planifiée, durable et furtive du comportement – se fait toujours à plus ou moins long terme, par petites touches, de façon à lisser les éventuelles réactions de la populace (« la stratégie de la dégradation » en sociologie).

Le bureau de la sécurité routière est fantoche. Occupé par quelques clampins, il n’existe que pour cacher des coulisses où des hauts fonctionnaires survoltés nous préparent une future société plus ou moins orwellienne dans laquelle le citoyen est transformé en contribuable surveillé, tétanisé, pressé, bientôt écrasé par la machine administrative.

Sous divers prétextes (sécurité, écologie…) la Puissance Publique va accentuer le pompage fiscal et le contrôle des motorisés (97% de la population active). La vignette fera son retour sous une forme ou une autre. On se dirige vers les péages numériques urbains et nos déplacements seront retracés via la lecture automatique de nos plaques d’immatriculation (système LAPI) désormais bien blanches et lisibles. Nos comportements « déviants » seront dénoncés par un GPS intégré (boîte noire) aux assurances et aux services de police via un giga-fichier biométrique bientôt européen (échanges dits « transfrontaliers »). Le montant des PV sera prélevé directement sur notre compte en banque. Les policiers auront de plus en plus de pouvoir de spoliation et confiscation sur le citoyen lambda. Les pouvoirs du contrôleur technique seront étendus, il pourra notamment brider certains véhicules. Les contraintes techniques et administratives promettent de se multiplier, par exemple le permis de conduire sera soumis à des visites médicales régulières. Le prix du kilomètre va exploser, les classes moyennes rejoindront les classes pauvres dans des transports en commun bondés. Quant aux radars routiers, ils seront sans cesse plus invisibles, plus nombreux et plus « performants » (d’autant que les panneaux avertisseurs disparaissent). Les motos et scooters, trop libres et furtifs dans un tel maillage, seront soumis à un CT eux aussi, puis progressivement éradiqués de nos routes… De toute façon les feux rouges, panneaux de stop, dangereux brise-vitesse et autres ronds-points continueront de se multiplier jusqu’à la pacification ultime : les lentes files de voitures autonomes et électriques, avec contrôle et traçage intégraux des déplacements de population, d’autant que les gens seront pucés dès l’enfance. Cet asservissement collectif se fera avec l’assentiment du public sur fond de propagande doucereuse comme aujourd’hui : c’est pour votre Bien, votre sécurité, vous dormez, vos paupières sont lourdes… (rires)
Ca fait un peu science-fiction je sais, mais tous ces dossiers sont dans les tiroirs de la haute administration et/ou de grosses sociétés privées et spécialisées.

Les associations de motards sont de gauche, alors que ceux qui les défendent vraiment sont classées à l’extrême droite !

Riposte Laïque : Comment expliquez-vous qu’aucune association efficace de conducteurs automobiles français, ni même de motards, n’arrive à se mettre en place ?

Jean-Luc Nobleaux : Bah, les « automobilistes » c’est tout le monde, donc c’est personne quand il s’agit de contester. Du coup, c’est devenu une catégorie dite « stigmatique » : soumise et malmenée par une organisation supérieure, elle est incapable de réactions collectives. Des associations existent mais elles ne regroupent que des mécontents virtuels.
Les associations de motards c’est autre chose. Il y a encore chez eux les reliquats de cet esprit libertaire des années 70. Et il existe des fédérations qui organisent des actions et manifestations, notamment la FFMC (Fédération Française des Motards en Colère). Mais celle-ci est empêtrée dans ses contradictions. De par son histoire, elle est très ancrée « à gauche » mais aujourd’hui les deux seuls partis politiques qui défendent les libertés individuelles, dont celle des motorisés, sont Le FN/RN et Debout La France, deux partis « classés » très à droite. Tant que la FFMC gardera cette posture obsolète et hypocrite, elle ne sera pas crédible.

Dans le même sens, les usagers de la route sont divisés. Il suffit de lire les commentaires d’articles sur le sujet « sécurité routière » pour constater la bêtise insondable de beaucoup trop d’entre eux. C’est toujours de la faute de l’autre : motos, scooters, berlines, 4×4, camions et poids lourds… aucun esprit de corps, aucune intelligence du combat. C’est pathétique.

Pour la suite, tout est possible, le meilleur, la révolte, ou le pire, la soumission…

Riposte Laïque : Comment voyez-vous cette fuite en avant répressive se terminer ?

Jean-Luc Nobleaux : Il est possible que dans un mois la quasi-totalité des radars routiers soit détruite suite à un mouvement d’humeur de la population ; depuis la limitation à 80 km/h sur certaines routes voulue par Edouard Philippe, beaucoup de gens semblent excédés et le nombre de radars vandalisés grandit.

Il est possible aussi qu’à la prochaine élection présidentielle les Français élisent enfin une femme ou un homme providentiel décidé à renverser la table et nettoyer les Ecuries d’Augias à l’eau de javel. Comprenez : à dégager tous les politiques et fonctionnaires traitres au Pays et au Bien Public, et repartir d’une page blanche. On peut toujours rêver.

Le plus probable toutefois, c’est que la populace continue à faire ce qu’elle fait le mieux : rester passive. Comme disait Céline : « Les gens n’ont aucun idéal, juste des besoins ». Et que cette spirale sécuritaro-hygiéniste arrive à son paroxysme ; exemple la société orwello-singapourienne dans laquelle l’homme est une fourmi mécanique quasi-contrôlée à distance ! Ou pas. Car d’autres menaces planent sur notre belle France d’antan. Plus notre société se « mondialise » et se complexifie, plus elle devient fragile. Le futur même proche est impossible à prédire. Les émeutes, révoltes ou révolutions et autres périodes de chaos partent généralement d’un point de détail, et – malgré les incessants bavardages de nos éditocrates – personne ne voit jamais rien venir…

Il y a toujours des gens qui sont pour toujours plus de flicage, de surveillance, de punitions, plus de contraintes sécuritaires

Riposte Laïque : Souhaitez-vous ajouter quelque chose, Jean-Luc ?

Jean-Luc Nobleaux :
Oui, j’ajoute que cette ambiance répressive passe d’autant plus facilement, qu’il y a toujours des gens qui sont pour toujours plus de flicage, de surveillance, de punitions, plus de contraintes sécuritaires (il suffit de lire les commentaires sous ce type d’articles). Mais le sécuritaire, c’est de la fausse sécurité. Les « normopathes » comme je les appelle, ceux qui disent oui à tout, sont des gens le plus souvent honnêtes qui ont l’impression de faire oeuvre utile (du temps de Ceausescu en Roumanie, 95% des informateurs du régime faisaient ça gratuitement). Ces gens-là ne comprennent pas que ces nouvelles contraintes, limitations, interdictions et techniques de contrôle ne sont pas forcément créées pour la minorité de délinquants. Les vrais délinquants contourneront toujours ce quadrillage. Elles sont là pour les cibler eux, les « normaux » ! Pour les 95% de la population qui estiment n’avoir « rien à cacher ». Ce sont eux les pigeons du système, les cochons de payants. Ce sont ces millions de gens « dans la norme », qui travaillent, sont localisables et solvables, qui font l’extraordinaire rentabilité d’un système global d’oppression policière et fiscale. Et ce faisant les oui-ouistes acceptent que leurs enfants soient plus tard tétanisés, écrasés par une Puissance Publique toujours plus rapace et invasive.
Sur ce, bonne vacances ! (rires)

Propos recueillis par Pierre Cassen

Appel national pour l’interdiction des sports mécaniques
https://blogs.mediapart.fr/les-invites-de-mediapart/blog/250318/appel-national-pour-l-interdiction-des-sports-mecaniques

Lire le livre « Un flic passe aux aveux » (Patrice Lastère, Lattès). Témoignage édifiant sur les conditions de travail déplorables de la plupart des policiers en France. Sur cette sournoise politique du Chiffre (instaurée par Sarkozy). Sur cette police dévoyée, détournée de son vrai travail, dont l’essentiel de l’activité est aujourd’hui : la répression routière et la protection des « personnalités » entre deux affaires « sociales » au milieu d’une paperasserie monstre.
https://livre.fnac.com/a4907744/Patrice-Lastere-Un-flic-passe-aux-aveux?oref=00000000-0000-0000-0000-000000000000&Origin=SEA_GOOGLE_PLA_BOOKS&ectrans=1&ploc=9040825&plid=&pcrid=231504885094&gclid=EAIaIQobChMIhcuG89rb3AIVQRIbCh1EFAnREAQYAiABEgLtoPD_BwE&ptid=pla-374773846696

Gérard Collomb a annoncé il y a 6 mois vouloir en finir avec « la politique du chiffre » et insuffler « un nouvel état d’esprit » dans la police. Sur le terrain les changements ne sont pas spectaculaires c’est le moins qu’on puisse dire. Sous Macron le budget de la police a été augmenté de 1% et le budget de la gendarmerie diminué de 0.4%.