La vie d’une victime d’attentat et celle d’une victime de la route…

Poser la question, c’est y répondre. Par la négative bien sûr !  Mais elle fera immédiatement passer celui qui la pose pour un être immonde et sans cœur.

Le paradoxe n’est qu’apparent. Les victimes d’attentats sont concentrées en un même lieu et un même moment, et ont subi une attaque terroriste odieuse et volontaire, toutes choses qui leur confèrent une intensité dramatique et un impact médiatique sans commune mesure avec les pauvres morts anonymes et dispersés de la route.

Et pourtant, ces victimes d’attentats n’ont jamais fait que se trouver au mauvais endroit au mauvais moment, ce qui ne devrait pas leur valoir des privilèges qui, eux, se méritent, telles des décorations, normalement réservées aux gens qui ont réalisé des actions exceptionnellement courageuses, ou inscriptions sur les monuments aux morts de nos villages, normalement réservées aux vrais combattants.

Mais la médiatisation larmoyante de l’époque s‘empare de l‘affaire et les politiques s‘engouffrent dans cette occasion de soigner leur communication et leur image. Que l‘on me pardonne, mais je trouve qu‘il y a souvent là une certaine indécence.

Je ne parle pas des morts. Qu‘ils reposent en paix ! Mais des entourages. Et en premier lieu de tous ces présidents, délégués et salariés d’associations de victimes, qui prolifèrent partout, de leurs avocats et de ces bataillons de psychologues, psychothérapeutes, et autres soignants, parmi lesquels doit se trouver une notable proportion de charlatans, qui voient là une occasion de se faire payer par les contribuables des services auxquels un individu libre de son consentement refuserait de recourir s’il devait les payer de sa poche.

La Déléguée interministérielle à l’aide aux victimes, récemment nommée à ce nouveau poste, nous parle,  avec beaucoup d’aisance dans le discours qui convient à l’air du temps, de la solidarité due aux victimes. Bien ! Mais elle nous présente comme une assurance la ponction opérée par le fonds d’intervention qu’elle va diriger sur les contrats d’assurance de tous les biens. Or, cette ponction n’est pas une assurance, librement contractée auprès de la compagnie de son choix, mais un prélèvement obligatoire, auquel seront assujettis tous les Français car tout le monde a des biens à assurer. Et en général, autant de contrats que de biens : logement, voiture, etc.  En soi, un tel prélèvement pourrait à la limite se justifier, au vu du caractère exceptionnel des attentats, mais les chiffres sont tout de même assez ahurissants. Pour commencer, on nous parle de 64 millions d’Euros, mais en nous prévenant qu’il faudra à terme beaucoup plus. Or, il s’agit de quelques centaines de victimes. Faut-il en conclure que les indemnisations seront de l’ordre du million d’Euros par victime ? On se croirait aux États-Unis, sauf que là-bas, ce sont les fautifs ou les assurances qui paient. Pas le contribuable !

Mais les justificatifs sont souvent indécents. Le pretium doloris doit-il être tellement supérieur au droit commun des victimes ordinaires et des proches qui leur ont survécu ? Les bataillons de psychologues sont-ils justifiés… et pour des durées invraisemblables ? J’entendais le 13 novembre, sur une radio du Service public, dire qu’il faudrait une aide psychologique à des bébés âgés de deux mois au moment de l’attentat et que cette aide devrait durer 25 ans. Je vais encore passer pour un monstre, mais je crois qu’un bébé de deux mois ne s’est rendu compte de rien et n’en gardera aucun souvenir. Et quelle aide aurait-on dû fournir, à cette aune, aux millions de combattants de la guerre de 14-18, dans les conditions de misère, de souffrance et de peur aussi traumatisantes que l’on sait ? Et je ne crois pas avoir rêvé en entendant affirmer tranquillement qu’il faudrait un fonctionnaire « référent » par candidat à une indemnisation. Et enfin, à la limite, pourquoi devrait-on taxer des gens qui ne sont jamais allés au Bataclan et qui n’y iront jamais ?  Est-il si absurde d’appliquer aux victimes d’attentats le droit commun des victimes d’accidents ? Indicible, sans aucun doute, par ces temps de larmoyance infinie et obligatoire.

Mais je trouve que le summum est atteint par ces associatifs qui crient que l’État les a abandonnés, sous prétexte qu‘ils n‘ont plus de Secrétaire d‘État spécialement dédié. Outre le fait que c’est scandaleusement faux, cette assertion exonère les vrais responsables, car, à les entendre, c’est l’État qui est coupable. Ainsi, oublie-t-on les auteurs de ces tueries et leurs manipulateurs. Tout est en place pour le rituel du « Vous n’aurez pas ma haine ». Je trouve qu’ on dépasse là les limites de l’odieux. Mais la parole de l’État est plus rare et plus conformiste que celle des pleureuses sans vergogne et de leurs avocats assoiffés d’argent. Et le fatalisme du  contribuable est sans limite.

Eric Lhullier  

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10 Commentaires

  1. Bougies, nounours, fleurs, lancers de ballons ? Cela sent mauvais la Repentance !
    Un torchon va sortir en librairie, « vous n’aurez pas ma haine » !!
    NON ! Manifs violentes débordantes de Haine, contre les assassins et ceux qui les protègent ! Suivez mon regard !

  2. Il serait bon de faire payer leurs crimes aux responsables qui ont laissé l’islam envahir la France, et ça commence en 1974 avec Giscard, puis ses successeurs Mitterrand, Chirac, Sarkozy, Hollande et Macron qui accélère la braderie.
    La mièvrerie qui s’affiche au lieu de la compassion est le résultat de l’abêtissement que constitue la désinformation.

    • Monsieur Giscard, je vous remercie vous et vos successeurs de nous avoir mis dans une impasse mortelle.

  3. le but de ces commémorations et de l’assimilation des victimes du terrorisme aux soldats morts pour la patrie est de faire croire que le risque est désormais écarté. On célèbre le 13/11/2015 comme le 11/11/1918, jouant de la proximité des dates dans le calendrier de novembre, cela appartiendrait au passé… sauf que le 13/11/2015 est encore d’actualité car cette guerre n’est pas gagnée. On a peut-être même signé l’armistice de la honte. C’est une manoeuvre politicienne.

    • Ces deux dates n’ont effectivement rien à voir puisque les attentats du 13/11/2015 sont des massacres qui ont été commis par des musulmans radicaux sur des civils (ce qui est donc encore d’actualité puisque les attentats musulmans de petite ou plus rarement de plus grande ampleur continueront encore longtemps), alors que le 11/11/1918 est l’armistice de 1918, qui « marque la fin des combats de la Première Guerre mondiale (1914-1918), la victoire des Alliés et la défaite totale de l’Allemagne. »

  4. Tant qu’on y est : indemniser les familles pour les enfants ou petits-enfants qu’elles auraient pu avoir. Mais p@*¤n, quel monde de fous est devenu notre pays !
    Le socialisme puissance 10, voilà le gouvernement macron.

  5. Si par malheur un de mes proche étaient victime d’un attentat islamiste, leurs psy pourraient aller se faire voir car mon cas serait désespéré, leur argent ils pourraient se le mettre …quoique à la réflexion leur argent serait le bien venu pour par exemple acheter un camion, une …faucheuse butteuse ou quelques tonnes d’engrais…:)

  6. Suggérons que par solidarité cela soit ponctionné sur les magasins halal…

  7. Je pense que nous sommes en deçà de la vérité et du scandale pour trois raisons :
    – De première part, instituer par l’impôt l’indemnisation ne signifie pas que l’État va réparer mais que l’État n’a absolument aucune idée ni volonté d’empêcher le renouvellement terroriste.
    – De seconde part, faire payer à la communauté nationale les fautes d’abstention de l’État revient à nous faire endosser la responsabilité politique des attentats et donc à disculper l’État de ses fautes : en droit, c’est celui qui est responsable qui paie et donc celui qui paie est le responsable.
    – Enfin, l’organisation de cette injustice (celui qui n’a rien fait paie pour ceux qui touchent sans en avoir rien subi) en divisant le corps social l’empêche de se liguer contre l’État instigateur de l’attentat.

  8. Ce qu’ils veulent, d’une part qu’une personne préfère être victime d’attentat, ça rapporte de l’argent a mes proches, et d’autre part on est « reçu », interviewé, on écrit des « bouquins »; on passe a la télé, on fait le buzz….Y’en a tellement qui n’attendent rien d’autre de la vie pour eux ou leurs proches….

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