L’actualité de l’été : un film à la con

Là-bas dans le désert du Niger, à quelques kilomètres de la capitale Niamey, un véhicule tout-terrain calciné. Les flammes dévorent encore la carcasse métallique. À l’arrière du 4×4, des corps emmêlés deux par deux. Sur le côté du Toyota, un autre cadavre et plus loin une femme égorgée. Elle a tenté de s’enfuir.

Les deux accompagnateurs du groupe – 18 orphelins à eux deux – n’ont pas été épargnés.

Giscard, du fond de ses 94 ans, écoute Fabius. Il rêve de quelques corps graciles. Putain de laitier, le voilà encore. Il lève la main. Il a voté.

Le maire de Bordeaux n’a pas de jeunes de sa ville dans l’affaire.

Six morts. Il vient de lire une étude médicale. La fumée des cigarettes propagerait le Covid-19. Il a tout de suite réagi. Après les pièces de monnaie, les vêtements, la respiration des joggers et des cyclistes, les climatiseurs, voici la fumée diffusant le virus. Il fera poser des panneaux. Et une amende à 135 €.

Au loin, un nuage de poussière. Des types à moto vont cacher leurs deux roues dans les villages du coin.

Un groupe en djellaba. Il coince une jeune femme dans une ruelle. L’un d’eux, un barbu, insulte la passante, la traite de chienne, lui dit qu’il lui tranchera la gorge s’il la voit encore en short et en polo décolleté.

Les autres rigolent. Le chef a fait la Syrie. Il a été testé, il n’a pas le virus chinois et surtout pas de traçage. Il est libre, Mo. Les neuf débris du Conseil constitutionnel ont estimé qu’avoir massacré au nom de Daesh, avoir rempli des fosses communes, brûlé son passeport et souhaité que les mécréants français crèvent sous les bombes humaines, n’était pas suffisant pour continuer à les contrôler après leur sortie de prison. Au nom des libertés fondamentales inscrites dans la Déclaration des droits de l’homme, Mohamed tailladerait bien cette petite garce après lui avoir mis son pilier de la foi entre les cuisses.

Le Premier ministre avec l’accent du terroir qu’il cultive chaque jour pour montrer qu’il est un homme sourcé a des mots de vieux curé : « Les victimes étaient venues pour faire le Bien et elles ont rencontré le Mal ».

Un diable apparaît dans la fumée d’un cierge virtuel.

Plus de cigarette ni de vapotage dans l’espace public. C’est sa décision. « Si les médecins nous disent que le fait de fumer sur les terrasses et dans les rues est un facteur d’aggravation, il ne faudra pas hésiter à prôner ce type d’interdiction », a-t-il déclaré sur Europe 1.

L’écologie avance. Demain, comme à Lyon, il imposera l’écriture inclusive dans tous les documents de la mairie. Et si une association de dyslexiques proteste, il les tancera. Ce ne sont pas des bafouilleurs qui arrêteront l’égalité, le progrès, la révolution écologique.

Des mineurs non accompagnés d’une trentaine d’années passent sous les fenêtres de l’Hôtel de ville.

La pandémie fait des ravages.

Deux corps gisent près du miroir d’eau.

Le virus certainement. Les cas se multiplient partout dans le monde. Enfin, surtout dans Le Monde. En Australie, l’État du Queensland et le Northern Territory ont fermé leurs frontières. « Le pire bilan quotidien » jouit le quotidien du soir. 420 cas dans le Victoria et 1 dans le New South Wales.

Douze semaines plus tard, les parents des jeunes Français seront sur les lieux.

« C’est ici qu’ils ont quitté ce monde », dira doucement un officier de Barkhane.

Ils ne verront rien. Aucune trace. Aucune tache brune de sang, pas de sable noirci par l’incendie. Seulement un point GPS. Une sorte de néant.

Le maire a enfourché son vélo, mis son masque. Sur la boîte, il a encore lu : « Ne protège pas des virus ». Et après ?

« L’important c’est la muselière, l’important c’est la muselière, crois-moi », chantonne-t-il en imitant mal Gilbert Bécaud. On comprend « L’important c’est le muzz ».

Un type lui coupe la route. Il a un visage joliment basané. Il court avec un téléphone portable à la main. Une adolescente crie : « Au voleur ! »

Les parents étouffent derrière leurs masques. Mais ils absorbent leurs larmes.

Ils regagnent l’hélicoptère. Un soldat tousse.

« Il va tous nous tuer », dit Marie, une femme en détresse psychosociale qui a demandé une IMG du neuvième mois. Elle a peur que le bébé n’attrape le virus, alors elle a décidé de s’en débarrasser. C’est son choix de ce 15 août.

Les télescopages dans l’actualité en cette mi-août 2020 donnent l’impression de regarder un film réunissant sur la même pellicule des scènes sans raccord du Gendarme à Saint-Tropez, de Pandémie et de la Constance du jardinier.

Un film à la con. Un de plus.

Comme nos vies quotidiennes dictées par les médias et les politicards.

Marcus Graven

 

 

 

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13 Commentaires

  1. Les deux accompagnateurs africains laissent 18 orphelins à eux deux !!!!!! 18 !!!! Et, ils étaient à peine à la moitié de leur vie !!!!! C’est un des gros problèmes du Niger, si ce n’est le plus important. Sur ce point, la population est très arriérée et continue à croire qu’il faut faire beaucoup d’enfants…même si on ne sait pas comment les nourrir, si l’eau est rationnée dans certaines zones, les soins médicaux réduits…
    Les islamistes avec leurs imans fantôcjes prêchent pour que les familles continuent à enfanter !!!!! Ces 6 jeunes corniauds étaient informés de cela ? Ou, ça fait partie des sujets génants que les ONG n’abordent pas ??? Elle en pensait quoi Charline qui ne supportait pas l’injustice, allait « au bout des choses dans des discussions interminables » ?

  2. Il faut arrêter avec ce prétendu accent du premier ministre. Il n’a absolument aucun accent comme 99% de ceux qui parlaient pourtant patois étant jeunes… la télé, la radio, les touristes sont passés par là!

    • @saintongeais : je suis tout à fait d’accord avec lui. J’ai entendu et lu des flots de moqueries venant de politiques et relayés par des journaleux pour se moquer de ce soi disant accent du premier ministre.
      J’ai été surprise lorsque je l’ai entendu. Et, en plus il s’exprime bien.
      Après quoi soit d’accord ou non avec ce qu’il dit, c’est autre chose. Mais, il s’exprime bien.

  3. Une grandiose séquence du film de l’été fut la nomination au poste de 1er ministre du sarkosiste qui a foiré le déconfinement dont il avait la responsabilité ! (c’est lui-même qui nous parle de ratage).
    A quand une médaille pour le chauffard alcoolisé qui se fait contrôler par les gendarmes ?

  4. Fabriquons des cordes, elles seront nécessaires bientôt pour libérer nos consciences en les pendant tous.

  5. bien agréable votre prose …cette espèce de nouvelle poesie qui ressemble à s’y tromper à notre avenir puisqu’il semble malheureusement que nous préférons vivre ce NON SENS plutôt que de mourir pour éviter ce futur infernal à nos enfants ! merci Marcus

  6. qui ne rêve pas d’un monde comme celui ci ? on a peine à imaginer le monde d’avant où selon des « spécialistes » la criminalité et les « incivilités saignantes » étaient au moins égales à ce que nous vivons aujourd’hui.
    EX. comme dans les années 70 de nombreuses jeunes femmes pratiquent l’autostop pour quitter les quartiers et gagner le centre ville….non décidément rien n’a changé, les fachos exagèrent tout.

    • C’est surtout à partir de 1981 que nos vies se sont transformées en enfer, auparavant ça restait presque acceptable !

      • tout a fait, le fameux « tonton » c’est lui qui nous a ruinés en apeine deux ans,car il ne faut pas oublier que les caisses de l’etat etaient en equilibre avant son arrivée, mais comme tout sacialo qui se respecte on puise dans la manne et apres les francais verront bien…..

  7. Ces bobos – gaucho-islamo-collabos aimaient tellement la religion de paix d’amour et de
    tolérance qu’ils ne risquaient rien… il leur suffisait de présenter leur carte de bien-pensance. Mais, il faut toujours se méfier de
    ses  » amis » ;surtout ceux là.

  8. « nos vies quotidiennes sont dictées par les médias et les politicards. »
    mais à chacun de se rebeller pour ne pas faire partie du troupeau bélant

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