L’Affaire Halimi : l’expertise psychiatrique contre l’expertise médico-légale

Publié le 14 février 2020 - par - 7 commentaires - 566 vues

Il existe aujourd’hui en France deux sortes d’expertises psychiatriques. Dans le premier cas, les experts psychiatres ont décidé une fois pour toutes de ne pas s’occuper des faits et ils se comportent de plus en plus comme des idéologues partisans. Dans le second cas, les experts en psychiatrie médico-légale vont au contraire directement et avec détermination faire l’examen du comportement criminel concret, dont ils tirent des informations venues de l’observation directe des faits, en prenant un soin minutieux de les traduire dans le langage de la psychiatrie médico-légale. Il convient ici de rappeler la doctrine de l’expertise médico-légale.

Du point de vue de la causalité, si l’état de démence au temps de l’action (selon l’article 64 ancien du Code Pénal de 1810) doit être certain, il doit découler directement de la maladie mentale avérée, comme l’effet découle de la cause. Si l’expert fait état de troubles pour lesquels il conclut à l’irresponsabilité pénale, la règle juridique impose de démontrer que les anomalies mentales, à supposer que la réalité des troubles soit prouvée, ont provoqué de manière absolument certaine l’abolition du discernement au temps de l’action.

L’expert doit démontrer le lien de causalité. Il doit constater la réalité du trouble psychique allégué et démontrer sa conséquence directe et certaine, l’abolition du discernement. Si les juges notent l’enchaînement des faits, ils doivent, pour justifier le lien de causalité, vérifier s’il existe une certitude de la relation entre le passage à l’acte criminel et la maladie mentale alléguée pour conclure à l’irresponsabilité pénale.

Cette exigence de la preuve et de la démonstration du lien de causalité s’impose aux juges. Pour être retenu, l’état de démence doit être certain quant à son existence et être la cause certaine de l’acte criminel.

La pensée médicolégale pose le problème du passage à l’acte criminel en termes de connaissance scientifique pour une compréhension logique qui contredit les hypothèses purement psychiatriques.

Rendre compréhensible l’acte criminel, c’est la mission de l’expert en psychiatrie médico-légale. C’est de cette manière qu’il parvient à une représentation claire du comportement concret de l’auteur présumé.

C’est pourquoi l’expert psychiatre qui veut concilier le trouble mental supposé et des faits criminels montre beaucoup d’insuffisances logiques, quand la description des symptômes psychiatriques à distance des faits est fondée sur des phénomènes psychiques non observés directement et mal compris, ce qui aboutit à entretenir la confusion chez les juges et les jurés. La logique de la démonstration médico-légale s’oppose aux préjugés des psychiatres comme la science s’oppose à l’opinion. L’expert s’interdit d’avoir une opinion sur des questions qu’il ne comprend pas et sur des questions qu’il ne sait pas formuler clairement. Mais il s’en faut de beaucoup que l’expertise psychiatrique en soit arrivée à ce degré de maturité en France.

Dans le premier cas, les experts psychiatres ont décidé une fois pour toutes de ne pas s’occuper des faits et ils se comportent de plus en plus comme les idéologues partisans. Il s’agit moins, semble-t-il, d’obtenir des informations nouvelles sur les conditions concrètes du passage à l’acte criminel, que de neutraliser la nouveauté de ces informations sur le passage à l’acte criminel à l’aide de l’idéologie partisane régnante, c’est-à-dire d’un composé de notions psychiatriques abstraites tirées des descriptions des manuels de psychiatrie.

S’approprier des notions psychiatriques abstraites tirées des descriptions des manuels de psychiatrie est, pour les experts psychiatres, l’équivalent de ce qu’est pour le scientifique une observation fondamentale.

Tout se passe comme si la langue psychiatrique abstraite était quelque chose dans le genre bien trop complexe de l’idéologie et que le seul fait de parvenir à la déchiffrer suffise à illustrer la qualité de psychiatre.

Ainsi, on a vu s’infiltrer peu à peu dans notre bonne vieille psychiatrie classique, dans les conceptions et le vocabulaire de la psychiatrie, la théorie de l’irresponsabilité, mais ces mots sont devenus interdits dans les contenus de l’enseignement de la psychiatrie. La déresponsabilisation des adolescents dans la société bourgeoise a retenu l’attention bienveillante des psychiatres. Les études de la transformation du passage de l’état de jeune à l’état d’adulte dans nos sociétés refusent même la responsabilité de base de l’âge adulte.

Elles concluent que le délinquant ou le criminel des temps modernes reste toujours un enfant qui reproduit l’irresponsabilité de base sans jamais progresser. D’où le caractère contestable de la responsabilité de base de l’âge adulte que les études scientifiques critiquent pourtant à l’aide du plus élémentaire bon sens.

C’est pourquoi l’expertise psychiatrique propose une nouvelle logique de l’inachèvement, fondée sur une anthropologie de l’irresponsabilité pénale qui est une totalisation de la déresponsabilisation en cours et, bien entendu, une nouvelle mystique. De la sorte, nous ne sommes pas éloignés de l’idéologie, d’autant que nous apprenons que la déresponsabilisation, c’est une communauté de destin des meurtriers alors que la plupart des humains, dans les sociétés actuelles, sont les victimes bafouées de la justice soumise à ce conditionnement par l’idéologie de la déresponsabilisation, c’est-à-dire par des influences venues du monde politique socialo-communiste LREM. Cette façon d’enfumer la vérité et les observations les plus intéressantes de la psychiatrie médico-légale au moyen d’un vocabulaire psychiatrique passe-partout a presque totalement corrompu l’expertise psychiatrique. C’est ces mensonges de l’expertise psychiatrique que vient de dénoncer cette affaire lamentable des expertises psychiatriques contradictoires à propos du meurtre de Sarah Halimi.

La conscience psychiatrique malheureuse dans le monde de la misère de la justice contemporaine, c’est seulement les conclusions des experts psychiatres qui se croient tenus de montrer patte blanche, en faisant état de l’inévitable irresponsabilité pénale des délinquants. La conscience psychiatrique malheureuse dans le monde de la misère de la justice contemporaine propose et unit à la fois la vision partisane et la vision de la déresponsabilisation des délinquants qui ne sont autres que les influences islamo-gauchistes.

Pour un ex-expert psychiatre, réagissant contre la déresponsabilisation de l’expertise psychiatrique corrompue, la psychiatrie médico-légale s’efforce d’isoler, parmi les causes de l’histoire politico-judiciaire, la conscience politique de gauche de la déresponsabilisation des délinquants, dont on doit dégager l’existence et l’action perverties, indépendantes des causes et des circonstances réelles du passage à l’acte criminel.

II faut suivre le détail des expertises psychiatriques contradictoires à propos du meurtre de Sarah Halimi pour voir se dévoiler les réflexes profonds de la déresponsabilisation des délinquants, afin de pouvoir montrer patte blanche en conformité avec l’idéologie de la déresponsabilisation de la justice française.

C’est pourquoi jamais la conscience politique de gauche de la justice française ne parvient à trouver la vérité parmi les causes du passage à l’acte criminel. Pour l’unité de la justice française dans la diversité, ce n’est par le recours exceptionnel mais habituel aux experts psychiatres qui doit expliquer les échecs des juges devant la soi-disant recherche de la vérité. En effet, la conscience politique des juges de gauche dans les décisions prises soi-disant au nom du peuple français ne saurait se mesurer seulement de façon quantitative, par sa participation à des scandales judiciaires comme dans le cas du meurtre de Sarah Halimi. La qualité de la compréhension du passage à l’acte criminel ou simplement le fait d’évoquer la responsabilité pénale des meurtriers, tout cela semble bien étranger à la recherche de la vérité, ce qui ne saurait être considéré comme un progrès de la justice. En réalité, c’est l’appauvrissement de la justice par des motivations politiques !

Les Français adorent critiquer, mais un Français qui pense a généralement besoin d’être soutenu par le sentiment qu’il est dans le vrai. C’est pourquoi il doit pouvoir échapper à tous les censeurs officiels qui le trompent et le rendent infréquentable. Cette image qu’ont d’eux-mêmes la plupart des experts psychiatres français, l’image d’un divulgateur radical de la vérité psychiatrique révélée sur la base du catéchisme et des manuels de psychiatrie, est ce qui leur permet d’être sûr de durer ! C’est là ce qui confère ce tour dramatique aux débats sur les expertises psychiatriques contradictoires à propos du meurtre de Sarah Halimi.

Il n’y a guère en France de discussions à propos des affaires judiciaires, il n’y a que des ruptures. La susceptibilité des experts psychiatres n’ayant d’égale que le dogmatisme des systèmes psychiatriques, et la moindre objection déclenche aussitôt la polémique. Le point de non-retour est vite atteint dans cette situation et nul n’a d’autre choix qu’entre la critique et la soumission. Entre les deux, rien : Silence, taisez-vous !

On s’en plaint, on désire l’apparition de discussions nuancées à propos des expertises psychiatriques contradictoires dans l’affaire du meurtre de Sarah Halimi, ce que le sectarisme des potentats de la psychiatrie contre l’esprit de vérité rend précisément impossible. Cette absence de choix entre critique et soumission est parfaitement illustrée par le scandale des expertises psychiatriques contradictoires à propos du meurtre de Sarah Halimi. Seule la psychiatrie médico-légale propose une critique minutieuse et sérieuse des expertises psychiatriques contradictoires à propos du meurtre de Sarah Halimi. Elle traduit la déception de la famille de Sarah Halimi qui fait porter la critique essentiellement sur la notion de “Bouffée délirante aigüe” conforme à l’idéologie psychiatrique. Il est impossible d’affirmer la notion de “Bouffée délirante aigüe” alors qu’aucun des experts psychiatres n’a assisté et encore moins observé la réalité du comportement criminel de Kobili Traoré dans les circonstances réelles du passage à l’acte criminel. Les experts psychiatres n’ont pas à l’esprit un lien de causalité directe, alors que ce lien doit passer pour eux par une traduction dans le langage psychiatrique.

On voit ainsi que le problème soulevé par les expertises psychiatriques contradictoires à propos du meurtre de Sarah Halimi peut et doit se poser à partir de chacun des actes isolés comme justifiant le système dominant du catéchisme et des manuels de psychiatrie. Il s’agit en fait d’une série de diagnostics convenus dont chacun doit accrocher une hypothèse pathologique dans le détail la gamme des maladies mentales.

Tant que la mystification de ces accrochages en tant qu’hypothèses pathologiques abstraites n’aura pas été étudiée, il est vain de penser pouvoir asseoir la critique des expertises psychiatriques contradictoires sur des bases solides pour en démonter la théorie de l’irresponsabilité fondée sur des idéologies de gauche.

Autrement dit, le passage de la réalité du passage à l’acte criminel à ses narrations psychiatriques se fait par une suite de transpositions idéologiques constituant un code psychiatrique consciemment appliqué par les expertises psychiatriques qui l’utilisent sans retenue, comme dans le cas particulier de l’affaire du meurtre de Sarah Halimi qui tend à devenir aujourd’hui une affaire de civilisation. On doit regretter que ces expertises psychiatriques contradictoires ne fassent pas l’objet d’études sérieuses particulièrement approfondies selon les seuls critères de la psychiatrie médico-légale. C’est pourquoi, les critiques nécessaires les plus pleinement justifiées dans l’affaire Sarah Halimi sont outrageusement gommées par rapport aux considérations politiques.

Un décorticage des différents rapports d’expertise psychiatrique, un épluchage minutieux des erreurs scientifiques, la confrontation aux règles scientifiques de la psychiatrie médico-légale suppose une analyse logique rigoureuse de chaque rapport d’expertise psychiatrique. Et il n’est rien dont un étudiant en psychiatrie puisse tirer plus de profit dans ce travail que ne limite aucune considération de personne ou de carrière.

Si la psychiatrie médico-légale parvient à mettre de la clarté dans les discussions rigoureuses, grâce à ce style logique de l’expertise médico-légale où la polémique est inutile, il est alors net que le raisonnement médico-légal résulte du caractère pressant du besoin de voir clair dans la recherche de la vérité.

La doctrine de la psychiatrie médico-légale n’est qu’apparemment révolutionnaire. Mais, surtout elle dénonce la confusion dans la pensée de ceux qui ont cru voir dans les différents rapports contradictoires des expertises psychiatriques une justification de l’idéologie de la déresponsabilisation de gauche, c’est-à-dire les méfaits de l’idéologie humanitaire conforme à la tyrannie de la bienveillance pour les criminels, qui en tant que telle expliquerait véritablement les aberrations du progressisme politico-judiciaire à la mode.

L’expertise psychiatrique n’a jamais cessé d’être fidèle au progressisme politico-judiciaire à la mode.

Affirmer la notion de “Bouffée délirante aigüe”, c’est-à-dire sous-entendre constamment l’irréductibilité de la maladie mentale supposée comme la cause exclusive du passage à l’acte criminel, cette mystification malheureusement en tant que telle n’est autre que l’indépassable mystique psychiatrique qui est a priori une idéologie dogmatique qui suppose une sorte de théologie. Comme quoi, la perte méprisable de la foi dans la mystique psychiatrique n’est pas concevable, car c’est une pure ou plutôt une impure mystique politique.

Le style logique de l’expertise médico-légale ne laisse pas de penser que l’expert psychiatre agit en casuiste et en idéaliste, dans le but d’ignorer sans relâche les fondements scientifiques la psychiatrie médico-légale. L’expertise de psychiatrie médico-légale mérite mieux que d’être prônée par les uns et honnie par les autres, de même qu’il y aurait intérêt, pour la santé intellectuelle de nos juges, comme pour la vie de l’esprit, à ce qu’ils admettent que l’on puisse proposer autre chose qu’une expertise psychiatrique soucieuse de montrer patte blanche, en faisant état de l’inévitable irresponsabilité pénale obligée des délinquants.

Thierry Michaud-Nérard

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Notifiez de
Charles

Quoi qu’il en soit, il y a deux sortes de meurtriers : les fous et les assassins.

POLYEUCTE

“Persevere diabolicum”… comme dirait Julius plus bas…..

POLYEUCTE

Hélas, effacé…..

patphil

l’assassin de sarah halimi n’est plus le seul à être exempté de procès aux assises!
– Vendredi 19 août 2016, Jean-Louis (Chalom) Levy, sexagénaire français juif, était agressé gravement au couteau par Mehdi Kerkoub, délinquant franco-algérien multirécidiviste, aux cris de « Allahou Aqbar » (Source, Véronique Chemla).
Le 12 septembre 2019, la Chambre de l’instruction de la Cour d’appel de Colmar déclarait l’agresseur pénalement irresponsable.
Le 30 décembre 2019, Jean-Louis Levy décédait à l’âge de 65 ans.

François Desvignes

Plus prosaiquement ce qui fait la tragédie de l’expertise psychiatrique JUDICIAIRE, c’est :

– sa rémunération à 40 €, tarif de femme de ménage donnant donc des expertises de femme de ménage.

– sa nature : la psychiatrie, l’histoire, le droit ne sont pas des sciences, ce sont des arts. Donc des idéologies sous couvert de science.

– sa fonction : la pyschiatrie JUDICIAIRE n’a pas pour fonction d’excuser le criminel fou mais d’éliminer le fou criminel deux fois : parce qu’il est fou et parce qu’il est criminel a fortiori de sa folie : sa folie est la cause de son crime et le crime l’effet de sa folie.

Clovis

J’en ai connu des “experts près les tribunaux” au cours de ma vie.
Je dois dire que dans presque tous les cas, ils n’étaient pas si “baraqués”, et étaient plus motivés par les émoluments que par le(s) problème(s) de fond à résoudre ou du moins à éclaircir.
Alors, ma pauvre Madame HALIMI !…..

julius

Mal écrit, mal pensé nul et pedo psy à pleurer

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