1

Laissons le Mali en perdition et combattons le péril islamiste en France !

Notre problème n’est plus le Mali en perdition mais le péril islamiste en France !

J’ai longtemps soutenu l’opération Barkhane, mais sans aucun soutien européen, nos soldats ne pouvaient pas triompher du cancer islamiste qui ronge l’Afrique.

La France quitte le Mali avec amertume, chassée par la junte au pouvoir, après neuf ans de guerre sans vainqueur ni vaincu, mais en ayant sacrifié 59 de ses jeunes soldats. En pure perte, car la menace jihadiste est omniprésente. Ne nous leurrons pas. Si l’évacuation du Mali s’est effectuée en bon ordre, sans les scènes de panique vues à Kaboul, notre départ est une défaite politique majeure.

Acclamés triomphalement en 2013, quand ils avaient stoppé net une colonne jihadiste fondant sur Bamako, les militaires français sont aujourd’hui les pestiférés qu’il faut chasser du pays. Ainsi va l’Afrique, capable de brûler ce qu’elle a adoré, au gré des pouvoirs en place, rarement compétents mais le plus souvent corrompus.

La plupart des Africains n’ayant aucun sens de l’Etat, le pouvoir sert avant tout à se servir grassement. Celui qui n’accepte pas le régime en place n’a d’autre solution que de fomenter son petit putsch. Depuis 1960, on doit bien compter 150 coups d’Etat et tentatives sur le continent africain.

Dès lors que les mercenaires du groupe Wagner garantissaient la pérennité du pouvoir à la junte en place à Bamako, les jours de Barkhane étaient comptés. Il en fut de même en Centrafrique, après bien des péripéties et des massacres interethniques et interconfessionnels. Encore une fois, c’est l’Afrique…

Pouvait-on gagner la guerre contre le terrorisme au Sahel, avec seulement 5000 soldats devant sécuriser un  territoire vaste comme l’Europe, alors qu’en Afghanistan, une coalition occidentale de 140 000 hommes n’a pas réussi à vaincre les talibans, malgré une supériorité technologique écrasante ?

Non. Il aurait fallu engager dix fois plus de moyens, les armées locales n’ayant ni la compétence ni la motivation pour combattre les islamistes. Ce sont des armées de papier servant pour la solde, aussi maigre soit-elle.

On l’a vu en Afghanistan, on le voit au Mali. Face aux talibans, l’armée afghane a refusé le combat. Même constat au Mali, où les jihadistes ne rencontrent aucune opposition.

Nos soldats ont été désespérément seuls à payer le prix du sang pendant neuf ans :

  • Elle était où cette défense européenne, que notre naïf président nous vante chaque jour ?
  • Elle était où cette indéfectible amitié franco-allemande, quand Macron réclamait des troupes de combat à Berlin ?

Pendant près d’une décennie, nos appels à l’aide sont restés vains.

La France ne peut vaincre seule la multitude de groupes jihadistes liés à Al-Qaïda ou à l’EI.

Dès lors que l’Occident a commis l’erreur fatale de laisser renverser tous les despotes du Moyen-Orient, alors qu’ils étaient un rempart contre l’islamisme, c’est un boulevard qui s’est ouvert pour les  jihadistes. Le continent africain et l’Europe ne pouvaient échapper au terrorisme.

Au temps du Chah d’Iran, de Ben Ali, de Saddam Hussein, de Kadhafi, les islamistes rasaient les murs. Par miracle, Abdel Fattah al-Sissi et Bachar el-Assad ont échappé au raz-de-marée des printemps arabes. Sinon, l’Egypte et la Syrie seraient devenues des sanctuaires du jihadisme.

Ne nous gargarisons pas quand un chef jihadiste est abattu par un drone, car la relève est assurée dans l’heure. Les armées d’Allah sont inépuisables.

Le Mali et ses mercenaires russes seront donc en première ligne face aux jihadistes. Toutes nos bases ont été remises aux forces armées malienne ( FAMA ) et certaines sont maintenant occupées par le groupe Wagner.

Les Russes tissent leur toile en Afrique, mais je ne pense pas que la guerre antiterroriste soit leur objectif principal. Il leur suffit d’acheter les dirigeants, de leur garantir de conserver le pouvoir et de protéger la partie utile du territoire, ainsi que les secteurs économiques essentiels.

Les Russes défendent leurs propres intérêts, tandis que nous défendons les droits de l’homme. Mais en Afrique, les valeurs humanistes ne pèsent rien. Nous finirons chassés de tout le continent avec nos grands principes démocratiques.

Le général Burkhard vient de déclarer que « les groupes jihadistes ne pourront être durablement défaits que par les armées africaines elles-mêmes. »

Un voeu pieux, car la seule armée africaine capable de tenir tête aux islamistes que je connaisse, est l’armée tchadienne. Les autres ne font que de la figuration et ce sera la débandade au premier coup de fusil.

Que l’Afrique retourne à ses démons si elle le souhaite. Notre priorité, c’est de protéger la France du péril islamiste intérieur.

Jacques Guillemain