L'Allemagne renvoie une "nazie" de 91 ans devant la justice des mineurs

Merkelselfie
L’information a été diffusée le 22 septembre par la presse allemande. Le parquet de Kiel a décidé de renvoyer devant la justice des mineurs une ancienne télégraphiste allemande qui a officié à Auschwitz d’avril à juillet 1944. Trois mois passés à taper sur une machine à écrire des ordres que la pauvre jeune fille ne comprenait pas et que sans doute elle n’approuva pas lorsqu’elle en apprit l’horreur. Ces trois mois lui valent aujourd’hui un jugement pour « complicité de crimes contre l’humanité ». Mais son procès se tiendra devant un tribunal pour mineurs puisque la nonagénaire avait alors 20 ans et que la majorité étant fixée à 21 ans durant le Troisième Reich. Précisons toutefois que l’identité de la dame n’a pas été communiquée. Nous savons seulement qu’elle a 91 ans et qu’elle était « recherchée depuis des années par les chasseurs de nazis ». Quel courage que de traquer des vieillards en fauteuil roulant!
Le procès aura-t-il lieu? Rien n’est moins sûr. Les experts doivent d’abord vérifier que la vieille dame est en pleine disposition de ses capacités physiques et intellectuelles. Alors seulement pourra se dérouler la mascarade au grand public. Je vous propose une petite uchronie inspirée par les procès qui ont eu lieu ces dernières années en Allemagne.
Imaginons une vieille dame menue, fripée, tremblante et titubante, encadrée par deux gaillards en uniformes qui la mènent lentement devant la barre. Les cliquetis des appareils photos, les flashs, les huées, les sifflements. Puis le président ordonne le silence et demande à la vieille dame de décliner son identité. Ce qu’elle fait. Puis arrive la partie civile… ou plutôt leurs représentants, vous savez ces associations « mémorielles » soucieuses de renflouer leurs budgets et de connaître un dernier éclat médiatique vu que dans quelques années il ne va plus rester grand monde à juger et qu’ils devront fermer boutique. Les attaques fusent sur sa vie personnelle, on lui ordonne d’avoir honte, les membres de ces associations exigent la perpétuité contre la nonagénaire. Ensuite vient l’heure du réquisitoire: le procureur, un jeune Allemand ayant grandi dans la honte de la germanité et dans la culpabilisation a les larmes aux yeux et dit avoir honte d’être allemand, il assimile la vieille accusée aux plus grands criminels de l’Histoire mais en tant qu’ « humaniste » il n’exigera que dix ans de réclusion contre elle. La défense prononce ensuite quelque timide plaidoirie insistant sur la jeunesse de l’accusée lors des faits et sur le fait qu’on ne condamne pas aussi sévèrement sur des actes commis pendant la minorité. « Mineure ou pas, ces chiens de nazis, faut les crever!!! » hurle alors un représentant mémorialiste, un tumulte s’ensuit dans la salle, tumulte vite calmé par le président qui donne la parole à l’accusée. La vieille dame fond alors en larmes, affirme avoir honte, dit ne pas avoir mesuré la gravité de ses crimes (avoir tapé sur une machine à écrire pendant moins de trois mois) et que si elle pouvait donner sa vie pour éviter qu’une telle tragédie ne se reproduise elle le ferait sans sourciller. Mais voilà, l’accusée a commis l’inexpiable. Même si elle n’a ni fouetté, ni arrêté, ni dénoncé, ni gazé, et peut-être même jamais vu un seul juif durant son séjour à Auschwitz (les prisonniers et le personnel administratif ne se côtoyaient pas) le fait même que son nom soit associé à ce sinistre bâtiment la relègue dans la lie de l’humanité.
Le jury se retire. La vieille femme assise au banc des accusés attend son sort, seule, car la famille ne s’est pas déplacée par peur d’être prise en photo en compagnie d’une ancienne nazie et de voir leurs carrières être compromises. Au bout d’une demi-heure, tous ressortent avec un air grave. Le juge prononce alors son verdict: étant donné l’âge avancé de l’accusée, le fait qu’elle ait demandé pardon, et que sa responsabilité ne soit que relative dans la tragédie que fut le nazisme, le jury s’est montré clément. Mais un crime ne saurait être impuni, surtout un crime contre cette humanité qui est devenu le Dieu de la nouvelle religion postmoderne. « Accusée, la Cour vous condamne à trois ans de prison ferme. » Fin du procès.
Revenons à la réalité des faits. Il est d’abord drôle de constater que si procès il y a, il aura lieu selon les modalités en vigueur durant le Troisième Reich; en effet, la majorité est aujourd’hui de 18 ans, mais par souci de rétroactivité il a été décidé de la juger selon la législation qui prévalait à cette époque, donc par la justice des mineurs.
Ensuite, il est tout aussi cocasse (même si juridiquement c’est tout à fait normal) qu’une femme de 91 ans soit jugée par la justice des mineurs pour des crimes qu’elle aurait commis il y a plus de sept décennies.
Le troisième point, celui qui prête le plus à rire est qu’une télégraphiste qui n’a passé que trois mois à Auschwitz soit accusée de « complicité » dans l’extermination de millions de personnes.
Non, ces juges ne sont pas débiles. Ils savent très bien que cette dame n’a aucune responsabilité dans la Shoah et que sans doute elle n’a pas même croisé le regard d’un seul prisonnier durant son séjour là bas. Seulement voilà, le rite expiatoire prévaut sur tout.  Elle est coupable d’avoir fricoté avec le Diable et elle doit expier ses fautes au nom de la Justice Suprême qui prévaut sur toutes les autres lois et apparemment même sur le bon sens.
Tout comme au Moyen-âge où une personne soupçonnée d’être hérétique devait comparaitre devant l’Inquisition, se confesser publiquement, demander pardon, et renier son ancienne foi en revenant au dogme de l’Église, sans toutefois espérer un acquittement. Tout crime en liaison avec une idéologie jugée hérétique se devait d’être expié par la pénitence et le châtiment. Aujourd’hui, à l’heure où les religions disparaissent, l’humanisme est la nouvelle religion avec son lot de prophètes, de diables et d’hérésies. Il suffit donc qu’un nom soit mentionné dans une liste en rapport avec le nazisme pour qu’on aille quérir une vieille femme dans sa maison et la traîner en justice, la comparant à Eichmann ou Barbie.
L’Allemagne en est-elle réduite à juger des mémés quasi-centenaires alors que des millions d’envahisseurs affluent sur son sol? « L’Allemagne disparaît » disait, il y a quelques années le polémiste Thilo Sarrazin. Un pays névrosé et castré qui bat tous les records de masochisme et qui traque des vieilles dames, un tel pays a déjà disparu.
 
Nicolas Kirkitadze

image_pdf
0
0

8 Commentaires

  1. L’imprescriptibilité des crimes contre l’humanité permet des actions tardives. Il semble que ni dans l’ex RDA ni dans la RFA n’aient été engagées beaucoup de poursuites contre les responsables de la destruction des Juifs, Tziganes et autres crimes dans le proche après-guerre.
    Si le procès n’a pas eu lieu alors que sa tenue dépend encore de l’examen des charges, la personne n’a pu recevoir « un jugement pour « complicité de crimes… ».
    Décrire un procès imaginaire ? Pourquoi pas, mais il faudrait éviter les incohérences et les paradoxes. Si les méchantes associations mémorielles sont soucieuse de renflouer leur budget elles devraient plutôt demander des indemnités que la prison à perpétuité. La honte d’appartenir à une nation coupable de massacres industrialisés de populations sans défense, du déclenchement d’une guerre qui a provoqué des dizaines de millions de victimes, et dont la conclusion a été la reddition sans conditions vous semble-t-elle anormale ? La proposition de la vieille dame accusée : donner sa vie pour éviter la reproduction d’une telle tragédie, n’est pas convaincante. Le personnel administratif d’Auschwitz n’aurait jamais vu un de ses prisonniers, est-ce plausible ?
    Si on continue dans l’uchronie, la conséquence de l’aventure nazie aurait pu être la véritable disparition de l’Allemagne plutôt que la situation actuelle.
    Amitiés patriotiques

    • N’empêche que s’il faut juger cette dame, alors on peut tout aussi bien juger tous les allemands qui étaient vivants à cette époque, car qu’on ait travaillé comme télégraphiste dans un camp ou à construire des avions dans les usines, ou à cultiver des champs pour nourrir l’Allemagne, à part ceux qui ont résisté au nazisme et l’ont alors payé de leur vie, tous les allemands travaillaient plus ou moins directement au service du 3ème Reich. Donc oui, il y a bien eu de quoi avoir honte d’être allemand, mais non à la chasse aux boucs émissaires.

  2. Chaque année, avec un taux de natalité de 8 pour mille et un taux de mortalité de 11.3 pour mille, la population allemande de souche européenne diminue de 150.000 personnes.
    L’économiste Sauvy écrivait déjà en 1974 : »le peuple allemand est mort et ne le sait pas encore ».
    Dans 30 ans, l’Allemagne sera islamo-germaine.
    Et les fraudes de VW n’y pourront rien.
    Malheureusement, le sort de la France ne vaut guère mieux.

    • je me fout de ce qui va se passer dans 30 ans ! le combat est ici est maintenant ! marre des prophétes de malheur qui ne font que nous annoncer notre disparition a venir ! en !940 les mecs qui ont rejoint de gaulle alors que l’angleterre pliait ,ne se posais pas la question de savoir ou se trouvait bir-hakeim !

  3. c’est la premiere fois de ma vie que j’éprouve de la pitié pour les allemands..c’est dire que pour susciter un tel sentiment ils sont tombés bien bas…

  4. Je croyais sue Merckel allait réveiller notre bigoudi de l’Elysée…mais La Guimauve semble au contraire intoxiquer l’Allemagne avec ses repentances destructrices et sa « justice » inique..

  5. Je constate que l’Allemagne est plus rigoureuse que la France en matière de Justice. Chez nous on relâche des criminels jugés coupables en première instance parce que les cours d’appel sont saturées. Maintenant coté ridicule nous avons le même niveau.

Les commentaires sont fermés.