L’altermondialisme du pape, nouvelle victime de l’indignité humaine !

Publié le 28 novembre 2014 - par - 813 vues
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En l’an de grâce 2014, ce 25 novembre, faire sortir à la hâte, de l’enceinte du Vatican, la plus haute autorité religieuse du christianisme, pour que du haut des prétoires européens, il puisse venir donner des leçons d’humanisme à une Europe bureaucratique, ça on ne l’avait encore jamais vu !

Or, contrairement à ce que nous disent les nombreux médias qui ont couvert de leurs articles cet évènement, et que j’ai parcourus largement, l’intervention du Pape, est à l’image d’une étoile filante puisque ses deux discours (Parlement et Conseil) n’ont pas dépassé 230 minutes. le Pape serait sorti du Vatican, pour relancer un discours à résonance altermondialiste ? L’altermondialisme c’est cet adversaire à visage humain, du monde de l’économie et de la finance mondiale, qui serait devenu la nouvelle victime de l’indignité humaine ?… Quel beau titre !

On sait qu’avec la Shoah, les nazis ont détruit les Nations en Europe, et le cosmopolitisme des peuples qui allait avec. L’Europe et ses penchants criminels de l’après guerre s’est reconstruite sur les cendres de son propre holocauste, pas exclusivement Juif bien sûr. Mais depuis peu, elle a fait peau neuve. Sa volonté d’effacer son passé criminel, pour que cela ne se reproduise plus se retrouve, à travers un projet de raison européiste, qui  renoue avec son ouverture au cosmopolitisme et met fin aux États-Nations. Comment ?

Le rêve d’une Europe cosmopolite, voit donc tomber ses frontières, fusionner les peuples, et œuvrer pour interpénétration des cultures et l’harmonisation des identités. Europe fédérale nous voilà !

Les conséquences de la volonté européenne de faire disparaître à court terme les  États-nations, sont considérables. Comprendre alors que dans ce schéma, l’État-nation d’Israël devient un nom, un État de trop. L’Europe garante d’un cosmopolitisme déculpabilisateur va renforcer son mythe du cosmopolitisme autour d’un peuple, objet expérimental et enjeu existentiel du cosmopolitisme de laboratoire de l’Europe. Ce peuple est le peuple palestinien, surgi de nulle part depuis 1969 (OLP-Arafat), et dont l’hégémonie de l’Europe fournit aide, soutien, assistance, aux frais du contribuable européen.

Dans ce cadre, et du haut de son prétoire européen, qu’a donc bien voulu exhorter le Pape?

Voulait-il avec Jean d’Ormesson reprocher à l’inaptocratie européenne – son manque de valeurs humanistes, son absence de grandeur d’âme, ses silences à réveiller les consciences ? Mais à quoi sert donc encore  cette  vieille Europe identitaire, endormie, égoïste, qui doute face à une économie en crise majeure, et en proie aux vieux démons des partis xénophobes? On pourra observer que cet autre saint- homme ne s’indigne pas, nuance, il dénonce :

– le communautarisme qui se répand sur la planète pour réclamer des droits individuels contraires à ceux des autres et au bien commun de la société. Or, si le droit de chacun n’est pas harmonieusement ordonné par rapport au bien commun, il devient source de conflits et de violences. C’est bien ce qui est observé, dans toutes les manifestations de nos jours.

l’inhumanité de la «culture  du déchet  » qui met au rebut les plus faibles : personnes âgées, jeunes, pauvres, migrants ». Dans le livre d’A. Huxley, le Meilleur des Mondes les êtres humains sont traités comme des objets dont on peut programmer la conception, la configuration et l’utilité, qui ensuite peuvent être jetés quand ils ne servent plus, [les travailleurs kleenex] parce qu’ils deviennent faibles, malades ou vieux ». L’Europe de l’excuse se serait bien inspirée de ce modèle.

l’élimination sans scrupules de la vie, par l’euthanasie de personnes malades en phase terminale, âgées, laissées sans soin, et l’avortement d’enfants tués avant de naître.

l’incapacité de l’Europe à « affronter la question migratoire, le respect de la dignité des migrants ». La Méditerranée est en passe de devenir le plus grand cimetière de migrants, péchant par son inaptitude au sauvetage de migrants venus d’ailleurs, par milliers, à bord de barques d’accueil en forme de cercueil.

L’Europe incapable de tenir sa feuille de route sur les droits humains fondamentaux ?

Cette Europe de Maastricht tant voulue par l’homme tranquille, l’autre François, ne respecte plus son contrat, sa feuille de route, ses promesses ?… Mais y’en a un autre qui est devenu président sur des promesses analogues, sans être capable d’en respecter une seule. Inaptocratie quand tu nous tiens !

Noter que l’Europe ne peut plus fournir de travail pour ses propres ressortissants en libre circulation dans l’espace passoire de Schengen. Les chiffres du chômage, en Europe donnent le tournis. On parle de 25 millions de sans emplois qui vivent sur le dos de ceux qui cotisent et travaillent à en mourir!

Dans ce contexte réaliste, peut-on humainement recevoir un flot incessant et quotidien d’immigrés ou de réfugiés, sans menacer les derniers emplois à l’intérieur des États-Nations affiliés à l’Union Européenne ? La frustration devient dilemme et souffrance morale à ne pouvoir offrir à chaque réfugié de Lampedusa, qui fuit la guerre, les violences, les égorgements des djihadistes en Syrie, en Irak, au Moyen-Orient. Mais, peut-on encore parler librement de limites matérielle et économique devant : aide, assistance, formation, logement, nourriture, emploi, sans se faire taxer de raciste ?

Les discours du Pape et les projets inavoués de l’Europe sont-ils dissonants ?

livre de guy millière

Guy Millière dans son dernier livre « Voici revenu le temps des imposteurs » nous apprend que, dénoncée par le Pape, la cause de cette indignité humaine résulte d’une hégémonie qui érode les États-Nations, et une anomie qui pousse à leur disparition, à l’annihilation de ce que l’on appelait nation et identité. Sous l’effet d’une lente et inéluctable érosion, et par une sorte d’effet domino, la France et d’autres pays du monde occidental, en perdant leurs racines avec les fondements civilisationnels du christianisme, vont connaître une désintégration.  Au sens de la déperdition de capital humain, de zones étranges et d’implosions, d’émeutes et d’insécurisation, de sécurité aléatoire et de liberté devenue précaire.

L’hégémonie pouvant recourir à des imprécateurs anti-chrétiens afin d’accélérer l’anomie. L’islam, nous dit Guy Millière est venu de partout surfant sur la vague de l’immigration. Ce système politique voilé derrière une religion dite de paix et d’amour, sert d’érosion des esprits laquelle contribue à l’avancée de l’anomie. L’islam en tant que système est donc instrumentalisé  depuis plusieurs décennies par l’hégémonie. L’anomie annoncant la disparition des valeurs d’une société et la désintégration de son État.

Et Guy de rejoindre, sans s’être consultés, le discours du Pape altermondialiste, en disant que les êtres humains ne sont pas un matériau ductile et malléable, quand bien même on veut les réduire à cela, quand bien même ils se laissent réduire à cela.

La souffrance humaine s’épand en France. Une souffrance directement liée à l’hégémonie et l’anomie qu’elle suscite. Une souffrance qui engendre : orages, cris de douleurs, révoltes, émeutes, misère, déchirures, plaies, désarroi, refus désespéré de ce qui vient.

Visionnaire, Guy Millière a mis deux ans pour mettre derrière des mots, ce qu’il ressent au fond de lui -même. Il y voit dans les rouages de la complicité des autres, de l’Europe : la chute, la destruction, la ruine, la souffrance, l’anomie d’un pays, les sarcasmes, qui font place à la colère, qui font place aux révoltes. Il y voit de la tristesse de ce qu’est devenu ce pays, et ressent de la compassion pour son pays, la France.

Son réalisme ne ressemble en rien à un pessimisme. Il veut espérer que la beauté de la France, ses paysages, ses monuments, ne peut-être détruite. Qu’il reste encore de l’intelligence, de la lucidité, de la créativité. Acteur actif d’une société qui se meurt peu à peu, sans savoir pourquoi elle se meurt, il rejoint le camp, très minoritaire, des résistants pour se battre contre la complicité et les rouages.

Contre les gens dans les journaux, à la télévision qui prétendent êtres ce qu’ils ne sont pas, ne sachant pas qui  ils sont, ou ce qu’ils sont. Résister à l’imposture et aux imposteurs c’est tout le sens du dernier livre très lucide de mon ami Guy Millière.

Patrick Granville

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