L’ambigüité de l’évêque Podvin envers la laïcité

A l’annonce par le ministre de l’Education nationale, Vincent Peillon, de l’enseignement d’une morale laïque effectuée dans les établissements scolaires, l’évêque Bernard Podvin, porte-parole de la Conférence des évêques de France, a effectué une déclaration dans le Journal du Dimanche (1).

Sa reconnaissance de la laïcité y paraît pour le moins ambigüe. Si au préalable, il semble admettre la possibilité d’une morale laïque reconnaissant que « la laïcité est le socle de la République et nous ne pouvons qu’être d’accord avec un enseignement intégrant cela », par la suite sa vision de la laïcité est plus réductrice. En effet sa laïcité est « une laïcité ouverte, comme le définit la loi de 1905, avec une neutralité de l’État ».

On reconnaît là la manipulation habituelle des angéliques de la gauche et des responsables de l’islam, visant à affadir et affaiblir le concept de la laïcité, en déniant à l’Etat les moyens de riposter face à des offensives religieuses. Rappelons que si les laïcards étaient restés neutres et n’avaient pas été offensifs durant le XIX° siècle, la loi de 1905 n’aurait jamais été votée. La neutralité de l’Etat consiste à ne pas prendre position à l’égard des religions que si celles-ci renoncent à toute visée conquérante sur la société. Dans le cas contraire, rien n’interdit à l’Etat de riposter face à ces visées.

Monsieur Podvin souhaite également que la morale laïque soit respectueuse de la libre expression des croyances. Mais il ne précise pas l’étendue de cette liberté d’expression. Si celle-ci se cantonne à tout espace privé, nous sommes d’accord avec lui. Mais si elle a la prétention de se répandre dans l’espace public à dessein de propagande, il n’en est pas question.

L’évêque Bernard Podvin

Ce manque de précision de sa part est ambivalent d’autant plus en se souvenant que lors de l’affaire de la pièce de théâtre « Sur le concept du visage du fils de Dieu », jouée au Théâtre de la Ville, en octobre 2011, qui avait abouti à l’interruption de cette pièce par des intégristes chrétiens, M. Podvin avait encouragé les agissements de Civitas, le mouvement chrétien à l’origine des manifestations perturbatrices (2). Il avait appelé « les chrétiens à se mobiliser », tout en condamnant il est vrai « les violences perpétrées lors de récents spectacles ». Mais en rajoutant que « la liberté d’expression est sacrée ? Qu’elle respecte donc aussi ce qui est sacré ! », il avait entonné une ritournelle rappelant celle des responsables de l’islam lors des récentes affaires du film anti-islam et des caricatures de Charlie Hebdo demandant à ce qu’on ne puisse se moquer des croyances religieuses.

Enfin, en s’interrogeant sur qui serait chargé d’enseigner la morale laïque, l’évêque se demande s’il n’y aurait pas des intervenants extérieurs. Aurait-il déjà en prévision, le désir de proposer des intervenants à sensibilité catholique ?

Cette déclaration de l’évêque Podvin n’est bien sûr pas une déclaration de guerre ouverte à la laïcité, mais elle révèle les réticences de certains responsables catholiques à adhérer à une laïcité pleine et entière permettant à l’Etat de se prémunir contre les religions. Toute fragilité de l’Etat qui accorderait des opportunités de développement de son expression à une religion dans l’espace public, serait ensuite exploitée par d’autres religions, qui au nom de l’équité et de leur vision de la neutralité religieuse de l’Etat, exigeraient les mêmes droits.

L’attitude de cet ecclésiastique est d’autant plus décevante que la grande majorité des catholiques français a intériorisé le droit de moquer les religions et leurs pratiques.  Ces catholiques savent bien que leur adhésion au message du Christ est suffisamment forte pour être à l’abri de ces expressions irrévérencieuses. Le dieu d’amour du christianisme, s’il existe, est bien au-dessus de ces expressions humaines.

Par contre, l’attitude de l’évêque Podvin les dessert, car rallumant la suspicion toujours rampante que la hiérarchie catholique n’ait pas renoncé à ses anciennes prérogatives sur l’espace public. De plus elle apporte un appui aux revendications musulmanes leur permettant une extension de leur influence dans la société.

Conscients que le plus grand danger pour la société républicaine reste les ambitions islamiques, il n’en demeure pas moins que nous devons rester attentifs à ce que le germe anti-laïque ne touche pas l’ensemble de la hiérarchie catholique de France.

Jean Pavée


(1)    http://www.lejdd.fr/Chroniques/Invite-du-JDD/Non-a-la-morale-laiciste-par-Mgr-Bernard-Podvin-553314

(2)  https://ripostelaique.com/les-integristes-chretiens-font-le-jeu-des-islamistes-et-du-cfcm.html

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