L’Amérique en guerre contre la misogynie… sur les billets de banque

billetamericainNos amis états-uniens vont célébrer en 2020 le centenaire du XIXème Amendement constitutionnel qui accorda au niveau fédéral le droit de vote aux femmes.

Dans le cadre de cette commémoration, le Département du Trésor a estimé qu’il était urgent de féminiser les billets de banque pour plus de parité. Il va sans dire que le Trésor a été largement influencé par de nombreux rapports d’associations féministes, qui constituent de véritables lobbys dans ce pays.

On avait d’abord songé à Eleanor Roosevelt, puis à Mae Nolan (la première femme élue au Congrès), mais les associations afro-américaines arguèrent que si la représentation féminine était absente sur les billets de banque, l’absence de Noirs était encore plus flagrante. Pour contenter à la fois les féministes et les antiracistes, il fut décidé de représenter une femme de couleur. C’est donc Harriet Tubman (1822-1913) qui fut choisie.

Il s’agit d’une esclave évadée en 1849 qui aida de nombreux autres esclaves à rejoindre les Etats abolitionnistes, ce jusqu’à l’abolition totale de l’esclavage en 1865. Après cette date, elle se consacra à la lutte pour l’émancipation des Noirs, restant active jusqu’à son décès à un âge canonique, un demi-siècle après l’acte d’abolition.

Mais pour qu’une femme fût représentée sur un billet de banque, l’un de ces messieurs devait courtoisement céder sa place. C’est Andrew Jackson qui fut désigné pour passer à la trappe.

Pourtant, le septième président des États-Unis est connu pour avoir sensiblement agrandi le territoire de la jeune république américaine lors de sa présidence, et pour l’avoir défendue héroïquement face aux Anglais en 1812, quand il n’était que général. Il était de plus aimé par le peuple pour sa simplicité et son aversion de la corruption. Malgré cela, il passera aux oubliettes: les associations amérindiennes militent depuis longtemps pour que son effigie soit retirée des billets de 20 dollars.

Ce changement si symbolique a le don de contenter à la fois les associations féministes, afro-américaines et amérindiennes. Le monde de la finance doit également se réjouir, si l’on examine le fait que le président Jackson était opposé à la mainmise de la finance, comme en témoigne son véto sur la création d’une banque centrale américaine. Quoi qu’il en soit, le Parti Démocrate approuve largement ce choix. « Une femme, une leader, une combattante de la liberté! Je ne peux imaginer un meilleur choix pour le billet de 20 dollars », s’extasiait Hillary Clinton.

Nicolas Kirkitadze

image_pdf
0
0

3 Commentaires

  1. Certains combats paritaristes des féministes, en particulier dans leurs pires excès, fonctionnent exactement avec les mêmes ressorts et ficelles que ceux de l’anti-racisme. Les réputés plus faibles sont délestés d’une partie de la longueur de course.

    Même dans les concours de recrutement physiques, elles n’ont pas les mêmes épreuves, ce qui est un non-sens, puisque le concours sert de jauge aux aptitudes physiques à exercer la professions à laquelle il ouvre droit.

    Même si ce sont des hommes qui ont fait la quasi-totalité des pages de l’Histoire, pas seulement aux USA mais partout dans le monde, hormis quelques reines despotiques et impératrices, ce n’est pas grave, on peut falsifier l’Histoire, du moment que c’est paritaire.

    Même s’il y a beaucoup moins de femmes se lançant dans les carrières politiques au départ, à l’arrivée, il faut qu’il y en ait autant que d’hommes au gouvernement. Et bientôt, il y faudra aussi un tiers d’arabes et un tiers de noirs ; on n’en est pas très loin.

  2. « Malgré cela, il passera aux oubliettes: les associations amérindiennes militent depuis longtemps pour que son effigie soit retirée des billets de 20 dollars. »
    Comme on les comprend !

  3. « Une femme, une leader, une combattante de la liberté » : a quand Marine Le Pen sur les billets de 500€?

Les commentaires sont fermés.