L’ancien lambertiste Mélenchon ne peut ignorer certains crimes du PCF… contre des trotskistes

Publié le 12 mars 2012 - par - 1 698 vues
Traduire la page en :

Certains diront que Jean-Luc Mélenchon a parlé les seuls communistes français, quand il a dit que jamais ils n’avaient attenté aux libertés, au contraire, et que, contrairement à Jean-Marie Le Pen, ils n’avaient pas de sang sur les mains jusqu’au coude… Eh bien, au-delà du fait que, historiquement, ceux-ci ont soutenu sans vergogne les maîtres du Kremlin, parlons d’eux.

En France les “sans-sang sur les mains” assassineront en série : un des fils de Trotsky, Léon Sedov ; ils assassineront l’antifasciste italien Rossi ; dans un maquis de Haute Loire, ils assassineront Pietro Tresso, rallié à Trotsky et exclu en 1930 du bureau polique et du parti communiste italien. Ils tenteront d’assassiner Auguste Lecoeur, l’organisateur de la grande grève du bassin minier du nord en 1941, qui, ancien haut dirigeant du parti, ouvrait les yeux sur la réalité du stalinisme. Après la guerre, ils tenteront d’assassiner Guingoin, l’instituteur communiste qui ne s’était pas soumis aux impératifs du pacte germano soviétique et avait organisé les puissants maquis du Limousin.

Cette liste des crimes « français » de ceux que notre va d’la gueule appelle les « comunistes », n’est pas exhaustive

A cette liste française, très, très fragmentaire, il faut rajouter celle de la tragédie espagnole. C’est le drame terrible et sanglant de la révolution ouvrière et paysanne assiégée de l’extérieur et de l’intérieur ; la révolution tuée de l’intérieur par le Guépéou et ses agents espagnols. Les « communistes », en Espagne, ajouteront une longue liste de crimes, plus crapuleux et cyniques les uns que les autres.

Citons ici : Andreu Nin, ancien dirigeant du Profintern (l’internationale syndicale rouge), militant anarcho-syndicaliste venu au marxisme, fondateur et dirigeant du Parti communiste espagnol, dirigeant du parti ouvrier d’unification marxiste (le POUM), kidnappé, enfermé dans une des prisons privées ouvertes par les hommes de Staline sur le territoire de la république espagnole.

Andreu Nin sera torturé, pour qu’il avoue des crimes imaginaires destinés à le déconsidérer ainsi que son parti. Ses kidnappeurs l’assassineront, sans avoir pu lui faire reconnaître des crimes imaginaires. Nin sera ensuite calomnié dans tous les pays où le stalinisme (les « communistes » selon Mélenchon) seront à l’œuvre. Il sera diffamé par ses assassins et leurs compagnons de route. Ces derniers préfiguraient nos actuels hommes des médias et des « associations » financées par l’État et soumis au dogme de « l’antiracisme réel».

En Espagne toujours, la chasse meurtrière aux militants du POUM, dénoncés comme trotskistes, la traque contre les militants CNT-FAI, en particulier Camillo Berneri, anarcho-communiste italien combattant de la république espagnole, lui aussi assassiné par les hommes de Staline ; la provocation armée de mai 1937, contre le bastion anarcho-syndicaliste de Barcelone ; les assassinats judiciaires de Prague, Budapest, Bucarest, des anciens cadres du Komintern ayant combattu dans les brigades internationales et qui se retrouvaient à la tête des partis communistes de Hongrie, Tchécoslovaquie, Roumanie, coupables d’avoir été témoins des crimes perpétrés contre le mouvement ouvrier espagnol par l’appareil de Moscou. Pour beaucoup d’entre eux, ils seront doublement coupables : coupables d’avoir assisté à la trahison espagnole, coupables aussi parce que Juifs ayant une sympathie réelle ou supposée pour la restauration de l’État national du peuple juif (sur un fragment de son territoire historique).

On le voit brièvement ici : ou Méluche est un triste sire, un ignare pontifiant, ou c’est un bigre de menteur.

Ma génération a subi elle aussi les violences stalinistes, dans les syndicats en particulier. Les menaces de mort étaient fréquentes, les coups plus souvent encore. La précédente génération avait connu une violence plus grande dans le mouvement ouvrier, -dans les syndicats et dans les grèves-, soit parce que l’appareil stalinien était contre les grèves (1945-1947, la « grève était l’arme des trusts »), soit parce qu’il forçait les ouvriers à les faire (grèves de 1948, contre le plan Marshall).

C’est ceux que Méluche appelle « les communistes », que génération après génération on dû affronter, et faire face à leurs violences morales et physiques.

Pour ce qui concerne ma génération, on dut se colleter avec eux, les « communistes », chaque semaine, à la porte des usines, pour avoir le simple droit de distribuer un tract à la classe ouvrière. Distribuer une feuille d’entreprise, un papier recto-verso de « voix ouvrière », « d’informations ou de correspondances ouvrières », c’était un exploit ; c’était une véritable opération militaire. Les « communistes , comme les appelle Méluche, s’estimaient “Le seul parti de la classe ouvrière”. Ils se prétendaient la seule et unique représentation légitime du prolétariat et les seuls à avoir le droit de s’adresser à lui, comme parti.

Les « communistes » de Méluche, s’estimaient collectivement propriétaire de la classe ouvrière…

C’est dans ce cadre que penseront des générations de militants dévoyés, dont le dévouement était souvent réel mais produira le désastre qui laisse le mouvement ouvrier de 2012 sans représentation politique, le mettant partout, sous prétexte « d’antiracisme », à la remorque du fascisme religieux qui, en 1980-81, a écrasé la révolution ouvrière et paysanne en Iran ; faillite politique et morale qui le place à la remorque des Frères musulmans en Égypte, à Gaza et ailleurs, au nom de la détestation d’Israël, au nom d’une « révolution palestinienne » imaginaire, impliquant la destruction totale des droits nationaux et du mouvement national Juif deux fois millénaires.

C’est ainsi que ceux qui « n’ont pas de sang sur les mains » ont pour parti frère palestinien les créations des anciens service spéciaux est-allemands, à savoir les FPLP et FDPL ; partis toujours fiers d’avoir assassiné à plusieurs reprises des écoliers pendant qu’ils allaient ou revenaient de l’école, partis toujours fiers de ces actions de « résistance » par lesquelles des familles juives furent égorgées dans leur sommeil, que des travailleurs Juifs et non-juifs furent mitraillés ou explosés en attendant leur autobus, que des familles entières furent assassinées pendant qu’elles fêtaient un mariage. Tous ces hommes, ces femmes et ces enfants étaient autant d’objectifs militaires légitimes pour les deux partis frères des « communistes » de Méluche..

Pas de sang sur les mains, il a dit, notre bon Mélenchon ???

Alain Rubin

Print Friendly, PDF & Email

Riposte Laïque vous offre la possibilité de réagir à ses articles sur une période de 7 jours. Toutefois, nous vous demandons de respecter certaines règles :

  • Pas de commentaires excessifs, inutiles ou hors-sujet (publicité ou autres).
  • Pas de commentaires injurieux ou diffamants envers les auteurs d'articles ou les autres commentateurs.
  • La critique doit obéir aux règles de la courtoisie.
  • Pas de langage ordurier ou scatologique, y compris dans les pseudos
  • Pas de commentaires en majuscules uniquement.
  • Il est rappelé que le contenu d'un commentaire peut engager la responsabilité civile ou pénale de son auteur

Les commentaires sont fermés.

Lire Aussi