L'apport de Saint Augustin à l'Occident

SaintAugustinLongtemps, j’ai refusé de regarder la vérité en face. Pour moi, Saint Augustin, c’était du passé, un passé enterré à jamais, car avec la colonisation mentale des miens par l’islam, évoquer notre passé chrétien, c’est devenir un renégat, comme on dit, un m’tourné, un m’tourez, un roumi. Et ça, l’islam ne le pardonne pas parce qu’on y rentre chez lui, on n’en sort jamais, jusqu’à la mort.
Mais Saint Augustin a fini par s’inviter chez moi. Depuis lors, j’ai remonté le temps, j’ai fouiné dans mes mémoires et j’ai fini par retrouver ses traces.
D’ailleurs,ne nous avait-il pas prévenus que : « Se tromper est humain, persister dans son erreur est diabolique » ?
Mais au fait qui était saint Augustin ?
Pour moi, il fut l’évêque d’Annaba (Hippone). Sans plus ! Je ne savais absolument rien de lui, à part quelques vagues notions, il m’était à vrai dire un inconnu, venu d’ailleurs. Mais quand j’ai lu son ouvrage intitulé :’Les Confessions’, mon esprit fut ébranlé par sa sagesse et sa clairvoyance.
Saint Augustin ou Augustin d’Hippone ( en latin Aurelius Augustinus) est né en Numidie(Province romaine d’Afrique) à Thagaste ( actuelle Souk Ahras Algérie) le 13 novembre 354 et mort le 28 août 430 à Hippone, Numidie(actuelle Annaba Algérie).
C’était un berbère de la classe aisée romanisée.
C’était un philosophe et théologien chrétien qui avait marqué son époque. Avec Ambroise de Milan, Jérôme de Stridon et Grégoire le Grand, il fut un des quatre pères de l’Eglise occidentale mais aussi l’un des trente-six docteurs de l’Eglise.
Il fut influencé par Platon, Aristote, Cicéron, Plotin, la Bible et Saint d’Ambroise.
Il reçut sa formation à Carthage qui était à l’époque la deuxième ville de l’empire romain, après Rome. D’abord, il entreprit de faire des études de philosophie avant d’adhérer au manichéisme. D’ailleurs, dans ses écrits, on y perçoit une sensibilité et des traits liés à la doctrine de Mani, le prophète perse.
Il fut un véritable maître de la langue et des cultures latines. Par contre, on décèle chez lui, une non-maîtrise du grec et c’est ce qui expliquerait peut-être les divergences qui existent entre les christianismes occidental et oriental.
Né d’un père païen berbère romanisé( Patricius) qui s’était converti juste avant sa mort au christianisme et d’une mère berbère profondément pieuse ( Sainte Monique).
A Carthage, Augustin se livra au plaisir de la vie durant une année où il connut une femme dont il eut un fils appelé Adéodat. Cette période fut angoissante pour Sainte Monique qui persuada son fils de renvoyer la mère de son petit-fils Adéodat car selon elle, elle était de rang inférieur ( mais en réalité, elle jugeait qu’elle était païenne et donc pas digne pour son fils).
Et son adhésion à la doctrine manichéenne provoqua de terribles dissensions avec elle. Pendant un certain temps, elle le considéra comme un apostat et refusa de le recevoir à Thagaste.
De 369 à 385 Après J.C, les relations furent tendues entre la mère et le fils.
A compter de 385, quand Sainte Monique apprit qu’Augustin avait renoncé au manichéisme, elle rencontra Saint Ambroise et lui parla de son fils. Elle était persuadé déjà que son fils allait se faire baptiser.
Au cours d’un long parcours de réflexion Augustin va charger son ami Alypuis de porter la bonne nouvelle à sa mère parce qu’il rencontrait Jésus Christ. Probablement, il était devenu chrétien en 386 mais ce fut en 387 à Milan, qu’Augustin reçut le baptême des mains de Saint Ambroise.
La cause principale de cette conversion est Sainte Monique et c’est ce qui apparait dans les pages de l’ouvrage des Dialogues de Saint Augustin. Le mérite de Saint Augustin revient sans aucun à sa mère Monique l’Amazighte, la Berbère. Par sa lucidité, son engagement, son amour sans faille, elle a su lui donner les instruments de la réflexion, de la sensibilité et du travail sur soi qui lui ont permis d’apporter à l’humanité une œuvre grandiose.
On peut dire sans se tromper que sans Monique, il n’y aurait jamais eu Saint Augustin.
En devenant évêque d’Hippone ( Annaba actuelle), Saint Augustin commença sa carrière par une série de controverses orales puis écrites d’abord contre les manichéens, puis contre les donatistes et enfin contre le pélagianisme.
Il est l’auteur de trois ouvrages majeurs qui ont bouleversé la pensée occidentale jusqu’au VIII siècles : les Confessions, La cité de Dieu et de la Trinité. Sur le plan théologique et philosophique, il suit les traces de Saint d’Ambroise de Milan qui est le penseur et peut-être le premier, à avoir commencé à intégrer au christianisme l’héritage gréco-romain.
C’est grâce à son génie, que Saint Augustin fut le penseur le plus influent du monde occidental jusqu’à Saint Thomas d’Aquin.
Sans Saint Augustin, la tradition de la république romaine et son droit n’aurait pas connue son apogée dans l’Occident chrétien.
Son influence est évidente sur des penseurs comme Boèce, Bonaventure, Thomas d’Auquin, Dante, Machiavel, Luther, Calvin, Jansénius, Pascal, Malebranche, Leibniz, Rousseau, Gilson, Heidegger et beaucoup d’autres philosophes et écrivains jusqu’au XIXe siècle.
On peut avancer sans se tromper qu’il fut le précurseur des siècles des Lumières et de la rationalité.
Saint Augustin fut un penseur exigeant. Ce fut lui, et lui-seul qui introduit l’émergence du moi en Occident qui révolutionna la pensée humaine et mais aussi permit l’éclosion des arts et des lettres au début de la Renaissance. Il joua un rôle considérable dans l’évolution de la notion de justice.
Pour lui, Dieu est à la fois au-dessus des êtres humains mais profondément ancré en eux-mêmes.
La mémoire, l’intelligence et la volonté sont pour lui la Trinité intérieure, car sans ces trois dimensions et la grâce, les chrétiens ne peuvent pas aller à la recherche du Bien. En un mot, Dieu !
La raison, comme instrument de réflexion, permet selon Saint Augustin de s’approcher de la vérité des choses et qui invite au doute qui est à l’opposé de l’islam.
En islam, douter, c’est haram, c’est une hérésie.
Dans ce bas monde, la vérité n’est pas absolue, et pour l’atteindre, selon Saint Augustin, il faut l’intégrer dans la perspective spirituelle, c’est-à-dire Dieu.
Selon Saint Augustin, la liberté de l’homme se trouve en lui, il n’a qu’à la chercher dans son tréfonds. Et pour atteindre cette liberté, il faut avoir une perceptive en donnant un sens à sa vie.
En règle générale, la pensée de Saint Augustin se définit par un double mouvement : de l’extérieur (le monde) vers l’intérieur, territoire d’un Dieu lumière intérieure, et de l’intérieur (les plaisirs faciles) au supérieur (la vraie réalisation de soi, la liberté).
Sa pensée est synthétisée par une de ses célèbres formules dans les Confessions : « Mais Toi, tu étais plus profond que le tréfonds de moi-même et plus haut que le très-haut de moi-même) ».
La pensée de Saint Augustin, n’a-t-elle pas influencé Ibn Al-Arabi ( 1165-1240), un des fondateurs du soufisme ( doctrine musulmane de l’ésotérisme ou taçawwaf qui signifie initiation ou vérité intérieure qui conduit vers le sentier de la vérité suprême) ?
Le soufisme, n’a-t-il pas puisé à fond la caisse dans la doctrine augustinienne ?
Beaucoup de choses ont été dites sur Saint Augustin mais tant que sa place ne sera pas reconnue par les siens (les Berbères), il reste du chemin pour que sa pensée puisse éclairer le monde qui est livré au chaos et au désordre. Et seule sa pensée universaliste pourra mettre fin à l’islamisme guerrier. Car sans cette pensée structurée, il est impensable d’atteindre cet objectif pour le moment.
Ai-je le droit de rêver qu’un jour Tamazgha retrouvera l’authenticité et la sagesse de Saint Augustin ?
Et un jour, peut-on alors se rappeler de ces milliers sinon des millions de Berbères chrétiens qui ont fui l’invasion barbare islamique, au VII siècle, pour se réfugier en Sicile, en Sardaigne, en Corse, aux Iles Baléares, aux Iles Canaries, à Malte, à Rome, à Gênes et sur les côtes de Provence ? Doit-on encore cacher la culture berbéro-romaine et berbéro-chrétienne, au commun des mortels ?
Un droit d’inventaire historique sur l’influence des Berbères en Méditerranée Occidentale est vivement recommandé.
Hamdane Ammar
Le manichéisme est la doctrine d’un sage iranien Mani ( 216-276 après J.C). Le manichéisme est un condensé du bouddhisme, du zoroastrisme et du christianisme. Mani se présente comme l’unificateur de l’Occident et de l’Orient ( Comme Alexandre le Grand). Il est appelé le ‘ Paraclet de la Vérité’ ou ‘ Sceau des prophètes’.
Mahomet qui se dit Sceau des prophètes ‘ khatim Al Annbiya’, n’a-t-il pas plagié Mani, le perse ?
Le donatisme est né avec Saint Donat le berbère ( Donat le Grand –Donatus Magnus, évêque d’Afrique du Nord. On ignore sa date de naissance mais il est mort vers l’an 355 Après J.C. Il provoqua un schisme dans l’église latine en 305, en refusant d’admettre la communion des renégats. Il fut lui-même excommunié par Miltiade ( pape de 311 à 314) en 313 et les conciles de Rome en 313 et celui d’Arles en 314. Il se révolta contre l’ordre établi. Ses partisans, les donatistes commirent des atrocités contre les chrétiens d’Afrique du Nord restés fidèle à l’église officielle.
Les donatistes s’allièrent aux Circoncellions ( des insurgés berbères qui écumaient les campagnes, et qui veut dire : aller de grange en grange et d’entrepôt en entrepôt pour les brûler).
Les Circoncellions sont apparus vers 340. Ils s’étaient révoltés contre l’état romain qui les écrasaient par des impôts insupportables.
Pour la première fois dans l’histoire qu’un soulèvement populaire se produisit alliant des persécutés pour leur foi ( les donatistes) et des révoltés de la faim ( les Circoncellions) contre la puissance dominante.
Cette guerre civile à Tamazgha ( Afrique du Nord) dura sous le règne de l’Empereur Constantin et ses successeurs jusqu’à l’arrivée des Vandales( à peut être plus de deux siècles).
Le pélagianisme est une doctrine développé au milieu du IV siècle par l’ascète breton Pelage. Il était caractérisé par le libre arbitre de l’homme mais fut combattu par l’épiscopat africain et notamment Saint Augustin qui obtint sa condamnation par l’empereur Honrius et le concile de Carthage en 418 avec l’approbation du pape Zosime.

image_pdfimage_print

39 Commentaires

  1. Votre article passionnant me donne envie de decouvrir les ouvrages de St Augustin et la curiosité de m’intéresser en premier Aux Confessions.Est ce le plus emblématique.

  2. Bonjour Dominique,
    En fait, toute l’oeuvre de Saint Augustin est intéressante à lire mais lisez aussi la Cité de Dieu.
    Un homme qui passe de la philosophie grecque , au manichéisme avant de devenir un docteur de l’église, c’est vraiment passionnant à le découvrir.
    Saint Augustin est unique!
    Merci

  3. Merci pour votre billet. Hélas, St Augustin est quelque peu délaissé. Vous le rappelez à notre bon souvenir…

  4. Bravo, en ces temps de ténèbres spirituelles de rappeler à notre bon souvenir, St Augustin et Ste Monique, ainsi que les berbères chrétiens de leur époque mais dont j’étais, encore, entouré lors de mes études secondaires il y a 60 ans en Algérie.

  5. NON , notre civilisation est héritière de l’esprit de la Renaissance
    Quant aux Berbères,il ont résisté au christianisme,puis à l’Islam en se réfugiant dans les montagnes

    • Dudule
      Quand l’islam a déferlé, le christianisme, héritier de la pensée grecque,
      s’était fortement implanté ,sans coup férir,dans l’actuel Maghreb.
      Quant à l’esprit de la Renaissance, il n’est pas né dans un chou, et ce
      n’est pas non plus une cigogne qui l’a apporté tout fait, tout prêt.

  6. augustin dit le saint et ses semblables arnaqueurs pour vieilles filles frustrées c’est de l’enfumage pour tripatouilleurs de benitiers !

    • Alors du coup, c’est n’importe quoi!!! Au moins ayez le respect de ce que nous apprend Hamdane Ammar sur la biographie de ce grand philosophe berbère reconnu par tous les intellectuels, quelles que soient les orientations de chacun, qui s’intéressent à la Philosophie. Encore un « A bas la calotte » qui sévit dans ces pages. S’il y a une critique largement nécessaire du Christianisme, ce n’est pas dans ce ton qu’elle devrait se faire. Votre commentaire est indigne d’un vrai esprit critique laïque. Retournez à la niche, Monsieur l’inculte.

      • merci DARRAS de remettre les pendules de cet ignare, à l’heure, au lieu de remercier M.AMMAR de nous apprendre quelque chose de nos racines Chrétiennes, intellectuelles, littéraires, artistiques ce récelcitrant persiste et signe dans sa nullité infatué qu’il est de ses « connaissances »???????

        • le christianisme je me le colle quelque part !
          continuez a baver devant un marchant de tapis !

    • Quelle réflexion ridicule!…elle en dit long sur votre semblant d’intelligence…

    • @ Hervé de Bougelles,
      Un peu de respect svp !
      Saint-Augustin est aussi notablement le père de la laïcité à la française dont vous héritez et de la Révolution de 89 via le Jansénisme …

      • jesus n’a pas plus d’existence que le prophete Mohamed !
        et je compisse et conchiotte la revolution !

        • Encore une pensée neuve et d’une richesse exceptionnelle! .N’en jetez plus ! Nos faibles entendements n’arrivent pas à
          suivre ce feu d’artifice de l’intelligence !

        • Vous pouvez tout autant décider que la gravité n’existe pas et vous jeter du 15ème étage. Vous verrez bien à l’impact. ?

    • hervé de bougelles
      Quelle culture ! que de pensées neuves et originales en deux lignes ! Pour l’édification des foules émerveillées, vous devriez écrire !

  7. Merci pour ce rappel historique. RL est une source inépuisable de connaissances.

  8. Merci pour votre long article.
    En avril 2001, à Alger fut organisé un colloque international sur le thème :  » Augustin, Africanité et Universalité  » réunissant beaucoup de spécialistes internationaux de celui qui a marqué la chrétienté.
    En 1963 ,Henri-Irenée Marrou était venu à Alger faire une conférence sur le même thème qui ne fut pas un franc succès, saint Augustin appartenant au passé colonial.
    Que faut-il en penser?
    Certes, à son époque, il était Romain de Numidie (berbère) et chrétien, rien à voir avec un Algérien actuel de Bône (Annaba)…et cela fait partie de l’Histoire de l’Afrique du Nord tout de même!…

    • oui, ce ne sont pas moins que les vraies racines de cette région d’Afrique mais comme on dit maintenant, place à la modernité et à la diversité.
      Circulez, il n’y a plus rien à gratter.
      Triste époque, ou l’homme renie son propre et riche patrimoine culturel, au profit d’une mondialisation sans âme, sans talents et sans étincelle de génie

  9. Merci pour ce rappel !
    Mais vos vœux de voir les Berbères reconnaitre St Augustin ne sont malheureusement pas au programme actuel … peu s’en faut !
    S’ils refusent toujours leur arabité, ils ont épousé l’Islam sans beaucoup de difficulté !
    Seuls les Kabyles y reviennent … semble t-il !

    • c’est vous qui le dites : ils ont épousé l’islam sans beaucoup de difficulté » vous y étiez vous ? quand on vous dit : « c’est le coran ou le sabre » ils ont choi -pour certain – le coran, d’autres ont fui sous des cieux plus cléments, ce qui peut-être va nous arriver : le coran ou le sabre c’est à nos portes qu’allez-vous choisir ?, bien des berbères islamisés m’ont dit que leurs ayeux se sont battus contre les arabos musulmans, ….il faut creuser l’HISTOIRE avant d’affirmer SANS DIFFICULTE….

      • Pauledesbaux
        Vous croyez sans doute que je parle sans savoir ?
        Mais je suis trempé dans cette histoire certainement plus que vous chère Madame !
        Je suis Pied Noir depuis 1830 par mes ancêtres, je réside au Maroc, je suis marié avec une Berbère et je vis dans la montage au milieu d’une « tribu » berbère depuis plus de dix ans !
        Non seulement je connais bien l’histoire pour l’avoir lue en long et en large de la part d’auteurs connus pour leurs compétences en la matière, mais de plus … je la vis chaque jour !
        Bien sûr, la conquête arabe ne s’est pas faite facilement face aux berbères … mais fallait-il que j’écrive des pages pour justifier mes propos afin que les ignares comprennent mieux ?
        Quand je dis que les berbères ne sont pas encore arabisés …. cela devrait vous suffire !
        Ou bien … avez vous besoin de précisions ???
        Quant à  » ce qui va m’arriver  » … sachez que je suis et que je reste français et patriote. Et, comme tous les Pieds Noirs déjà en 44/45 :  » Je serai là pour sauver ma Patrie … pour porter haut et fier le drapeau de notre France entière  » …comme le disait notre hymne de l’époque !

  10. L’islam de mes ancêtres berbères était juste pour la forme pour contourner le fanatisme menaçant des conquérants arabo-musulmans.La ré islamisation actuelle est d’un genre nouveau et intégriste furieux.Les berbères ont tout fait pour humaniser l’islam et le pacifier.Il n’y a jamais eu de charia au maghreb en tout cas depuis des siècles. Pas de lapidation,pas de châtiments corporels,pas d’amputation, bien heureusement,très peu de polygamie jusqu’à ce que les crapules wahabites profitent de l’or noir pour découvrir qu’ils pouvaient tenter une ré islamisation camisole du monde maghrébin.
    Les « musulmans » ne sont pas tous intégriste et certains peuvent facilement se convertir au christianisme mais les pouvoirs en place exercent une pression telle qu’on a l’impression que ces sociétés sont toutes aliénées gravement.Sans ces dictatures et le Saoudie crapuleuse l’islamisme disparaîtrait!

    • @ Hocinov
      C’est important ce que vous dites car ça prouve que la naissance d’un islam dit modéré, plus doux donc, proviendrait sans doute en fait de la volonté de « contourner » le joug des conquérants en leur faisant croire qu’on est soumis alors qu’en fait on opère seulement une contre-takkyia. C’est très intéressant ce que vous nous suggérez là. Sans doute à creuser.

  11. Magistral cours d’histoire qui a attisé ma curiosité sur la contradiction portée par St Augustin au manichéisme ; mais je suppose, Monsieur Hammar, que vous n’aurez pas le temps de jouer les prolongations pour ce détail particulier, et je ne vous en voudrai pas du tout pas, je peux m’informer tout seul et vous êtes sûrement très occupé et de façon utile.
    J’ai appris beaucoup de choses ( tout de votre discours m’était inconnu ) et je vous en remercie mais mon avis diffère du vôtre ici :
     » tant que sa place ne sera pas reconnue par les siens (les Berbères), il reste du chemin pour que sa pensée puisse éclairer le monde qui est livré au chaos et au désordre. Et seule sa pensée universaliste pourra mettre fin à l’islamisme guerrier. »
    1°)Seule la guerre mettant fin à l’islam pourra mettre fin à l’islamisme guerrier.
    2°)La philosophie de demain sera écrite par des mathématiciens. Ils sont les seuls à maîtriser les outils du raisonnement qui permettent d’écrire des vérités universelles que personne ne peut remettre en question. Il n’y a pas de débat derrière une démonstration de mathématiques ; c’est acté pour toujours et utilisable par tous les mathématiciens qui suivent chronologiquement. Il reste seulement à inventer la branche des mathématiques qui traitera des concepts propres à la philosophie, mais le jour où ça sera enclenché, ça pourra aller très vite. Inutile de préciser que pour moi, cela revient à dire que pour le moment, la philosophie n’a pas encore commencé à être écrit d’un iota ( chouya pour faire plus dans le contexte ). Je rappelle aux récalcitrants à cette idée que les vérités des mathématiques ne résident pas dans les conclusions qu’elles proposent en tant que telles mais dans l’implication qui lie tel ensemble d’axiomes aux théorèmes qui en dépendent.

    • Il est vrai que les grands et talentueux mathématiciens et ou physisiens pouvaient être aussi de grands philosophes, Pascal par exemple, l’infiniment grand et petit…est une merveilleux texte découvert en 4 ème.

      • @ bataille de Tourtour et Max Henri
        La difficulté pour vous répondre c’est que vous n’avez pas une conscience très pointue de ce que sont vraiment les mathématiques. Les chiffres et les nombres, ça n’est qu’une infime portion des mathématiques et dans cette portion ( l’arithmétique ) les questions qu’on y résout n’ont pratiquement rien à voir avec les notions de calcul. Les ordinateurs également n’ont rien à voir avec l’objet d’études des mathématiques. Les mathématiques peuvent traiter n’importe quel concept pourvu qu’elles soient dotées des définitions adéquates. Je n’en veux pas aux gens qui m’ont mis des notes négatives car je heurte leurs convictions les plus profondes mais le seul fait de relever les contradictions entre les différentes philosophies ou auteurs suffit à mettre en évidence la non pertinence de l’absence d’une table de règles fondatrices ( qui la mathématiserait donc ) de la pensée philosophique et l’égarement que cette absence procure. La philosophie ne peut être qu’univoque et prétend se vouloir comme telle mais l’expérience montre un échec patent de ce point de vue.
        En science, tout est descriptible, tout peut se mettre en équation et l’humain est un objet d’études comme un autre, même en incluant ses aléas. En réalité, les philosophes eux-mêmes appliquent des raisonnements déductifs et de ce fait prétendent utiliser les règles de la logique ; implicitement, ce faisant, ils font déjà des mathématiques, mais sans la maîtrise approfondie des outils qu’elles requièrent et sont le lot quotidien des professionnels de la matière. Et eux sont défectifs, eux sont coupables de ne pas se lancer dans la tâche immense, car ils savent qu’ils sont armés pour cette mission mais n’ont pas le courage de l’aborder, pour des raisons d’image, même si d’illustres prédécesseurs, comme l’a rappelé Dominique ont fait des tentatives ( mais bien trop tôt, car les maths elles-mêmes balbutiaient à ces époques là par rapport à la maturité qu’elles ont acquise aujourd’hui ).
        Je n’espère pas convaincre, mais un petit déclic dans les esprit, c’est déjà pas mal. Une chose est sûre, il n’y a aucun espoir de production de vraie philosophie de la part d’un littéraire strict ( au sens le plus réducteur du mot ) , pour qui le seul bagage d’un renom précédent constitue un raisonnement à lui tout seul, c’est-à-dire un gage de probité ( au sens de la preuve ) , ce qui est en soi une imposture grotesque.

    • Et pourquoi ne pas soumettre les grandes questions soulevées par l’humanité à des ordinateurs, qui sont des outils de nature mathématique? Vous oubliez tout simplement que la réalité humaine n’est pas réductible à des axiomes mathématiques, ou sinon vous nous promettez le pire des cauchemars décrits par Huxley dans le « Meilleur des Mondes » dans lequel nous ne serions que des robots rationnellement conditionnés. Dans l’histoire de la philosophie c’était le projet de Leibnitz dans sa monadologie. Super, nous ne serions plus que des monades, plus besoin de penser puisque les matheux ou une intelligence artificielle le feraient à notre place. Je ne sais pas ce qu’aurait pu en penser St Augustin, qui dans ses « Confessions » faisait appel à Dieu pour l’éclairer sur sa véritable nature. Effectivement c’est un des premiers philosophes à s’être interroger sur la subjectivité et le « Qu’est ce le Moi ». Encore un grand merci à Hamdane Ammar pour son article d’histoire de la philosophie.

    • Mais la mathématique, et les sciences dites « exactes » mettent de côté la boutique humaine. ( » Ah! Ne jamais sortir des chiffres ni des nombres! »)

    • Qu’est ce que vous en savez? Car d’abord quel Dieu est mort? Que savez vous de l’essence divine ? Le Dieu des Chrétiens? le Allah des Musulmans? Peut être que ces derniers sont bien morts. Mais l’intelligence qui anime dans leur complexité toutes les créatures vivantes qui peuplent l’univers, et qui les créent en permanence, sans elle vous n’existeriez pas? car l’univers ne se réduit pas à la simple matérialité. Mais du fait que nous nous prenons pour le nombril du monde, nous sommes incapables de reconnaitre une autre intelligence que la nôtre,dont nous ne sommes qu’une parcelle éphémère. Dieu est un concept par lequel l’humanité plus modeste que nous autres modernes soit disant émancipés, a voulu exprimer l’incommensurable, l’indicible, limité à chaque culture dans ses particularités, sous forme de religions instituées pour en faire une force dans l’intérêt des pouvoirs politiques. En conclusion la religiosité ou la spiritualité en elles mêmes sont des sacrées intuitions humaines de l’universel en tout et partout, et elles peuvent se passer des religions. C’est le Dieu de ces religions qui est mort., mais pas le Dieu des panthéistes.

  12. Assez de ces cours de théologie mystique!
    Il faudrait arrêter de nous bassiner avec les textes sacrés et ces laudations de chefs d’églises et de mosquées. Tous ont contribué et contribuent encore à maintenir leurs adeptes dans une ignorance crasse. Augustin a inventé les limbes pour les « âmes » innocentes afin d’entrainer les parents éplorés à continuer de croire à ces foutaises. Une absurdité de plus avec le purgatoire, l’enfer et le paradis. D’ailleurs, l’âme n’a aucune réalité physique. C’est une invention de poète ou de curé pour désigner la pensée consciente.
    Augustin, c’est aussi celui qui a inventé le « péché originel », c’est à dire le refus pour les femmes de chercher à comprendre et à exercer la Curiosité, cette qualité majeure de l’espèce humaine. Les femmes doivent à Augustin – et à la hiérarchie cléricale depuis- d’être restées des parias dans cette institution qui vit pourtant essentiellement de la bigoterie féminine.
    N’aggravez-pas la situation en ajoutant des « précisons » aussi vaines qu’imaginaires à ces obscurantismes criminels.
    Merci pour le citoyen Laïc et Républicain.

Les commentaires sont fermés.