1

L’après 11 septembre ne fut qu’une suite d’erreurs tragiques américaines

11septembreLe 11 septembre 2001, la toute puissante Amérique qui venait de gagner la guerre froide sans tirer un coup de fusil, découvrait avec effroi qu’elle pouvait être frappée en plein cœur par le terrorisme. L’attentat sophistiqué du World Trade Center, que tous les experts auraient jugé impensable avant qu’il ait lieu, fit des milliers de victimes à New-York et rappela aux doux rêveurs occidentaux que la paix durable n’existe pas.

Après la chute du mur de Berlin en 1989, l’Amérique et ses alliés ont cru pouvoir “retirer les dividendes de la paix” et baisser massivement les dépenses d’armements. Mais 27 ans plus tard, l’Occident continue de payer le prix de sa naïveté. Car l’après 11 septembre ne fut qu’une suite d’erreurs stratégiques majeures, commises par le bouillonnant George W. Bush et les faucons du Pentagone.

Si les bombardements sur l’Afghanistan furent un succès, permettant de chasser les talibans vers les zones tribales du Pakistan, l’engagement terrestre contre al-Qaïda fut une erreur fatale pour la coalition occidentale. Aucune guerre contre-insurrectionnelle ne peut être gagnée, sauf à conquérir l’ensemble du pays pour l’administrer durablement, comme le fit la France avec Lyautey, après la difficile pacification du Maroc. Les talibans sont des Pachtounes et combattent chez eux.

Ne connaissant rien aux mentalités et à l’histoire de l’Afghanistan, et n’ayant retiré aucune leçon du désastre vietnamien et de la débâcle soviétique 10 ans plus tôt, les Américains ne pouvaient que perdre cette guerre ingagnable.

D’autant plus que le Pakistan allié des Occidentaux, a toujours pratiqué un double jeu, en protégeant les talibans réfugiés dans les zones tribales et en interdisant aux Américains d’y intervenir avec leur aviation. 140000 hommes suréquipés, avec une supériorité technologique écrasante, n’auront finalement pas fait mieux que les Soviétiques, qui ont laissé 15.000 morts sur le terrain et des centaines d’hélicoptères et de chars détruits en 10 ans de guerre.

En Irak, ce fut pire. N’ayant pas la sagesse de son père qui, après avoir libéré le Koweït des griffes de Saddam Hussein, avait laissé le dictateur en place pour faire contrepoids à l’Iran chiite, Georges W. Bush n’a rien trouvé de mieux que de lancer une autre expédition militaire sur Bagdad, comme au bon vieux temps de la politique de la canonnière du 19ème siècle.

Engagée sur un odieux mensonge d’Etat fomenté par la CIA, affirmant que Saddam Hussein possédait des armes de destruction massive, cette guerre fut une débâcle sans précédent qui fit des dizaines de milliers de morts, dont  4800 soldats alliés et 3400 contractors (sous-traitants militaires). Coût du désastre : 1700 milliards de  dollars.

Le résultat fut à la hauteur de la folie de Bush. Non seulement aucune arme de destruction massive ne fut trouvée, mais al-Qaïda, qui n’existait pas en Irak, pour la simple raison que Saddam Hussein, était un impitoyable adversaire des islamistes, réussit à s’implanter en attirant les jihadistes du monde entier.

Avec le parti Baas, parti musulman laïc, les 20% de sunnites tenaient le pouvoir depuis 80 ans, face aux 60% de chiites et aux 20% de kurdes irakiens.

Mais Bagdad à peine conquise, les Américains ont liquidé le parti Baas et l’armée, qui constituaient toute l’ossature du pays. On a vu le résultat…

Les urnes donnèrent le pouvoir aux chiites majoritaires, qui aussitôt prirent leur revanche sur les sunnites, qui furent écartés du pouvoir brutalement.

Dans la longue guerre civile chiites-sunnites qui s’ensuivit, généraux et officiers de Saddam Hussein rejoignirent les rangs de la rébellion sunnite. Ce sont les mêmes qui encadrent l’armée de l’Etat Islamique aujourd’hui. La guerre, ils connaissent !

Daech est donc le démon enfanté par la folie des va-t-en-guerre du Pentagone et des lobbies de l’armement et du pétrole, toujours avides de juteux contrats.

En liquidant Saddam Hussein, nous avons déclenché les printemps arabes en série.

Tunisie, Libye, Egypte et Syrie ont tous connu leur révolution visant à destituer des despotes, certes, mais qui étaient les seuls remparts contre les islamistes. Et si le maréchal al-Sissi n’avait pas fait un coup d’Etat pour reprendre le pouvoir aux Frères Musulmans, l’Egypte serait dans le même état que la Libye ou la Syrie.

En Libye, si le renversement de Kadhafi était un objectif louable, puisqu’il était le responsable des attentats de Lockerbie et du désert du Ténéré, qui ont détruit en vol un B. 747 de la Pan Am et un DC 10 d’UTA, la gestion du dossier libyen après la mort de Kadhafi fut un désastre. Sarkozy en porte la lourde responsabilité.

Nous payons donc au prix fort une politique irresponsable  qui a détruit tout le Moyen-Orient et fait le lit de l’islamisme et du terrorisme partout dans le monde.

Selon le rapport Global Terrorism Index publié en 2015, on dénombrait en 2014 près de 45000 victimes du terrorisme depuis 2001. Mais l’année 2015 étant la plus sanglante, ce chiffre doit être revu à la hausse. Selon ce même rapport le nombre de victimes d’attentats a été multiplié par 20 en 15 ans.

De Bamako à Djakarta et de Bagdad à Kaboul en passant par les capitales européennes, le terrorisme islamique frappe chaque jour.

En France, l’islamisme se nourrit de nos faiblesses et de nos divisions.

Si on ne ferme pas les frontières, si on ne met pas un terme au droit du sol, au regroupement familial et à la bi-nationalité, si on continue de dérouler le tapis vert aux monarchies du Golfe qui financent les mosquées et répandent le salafisme, alors la guerre contre le terrorisme est perdue d’avance. Le chaos du Moyen-Orient gagnera toute l’Europe.

Une guerre civile contre les islamistes n’est pas une utopie. De 1991 à 2002, l’Algérie connut une décennie sanglante avec 150000 morts. Et même après leur défaite face à l’armée algérienne, les fanatiques se sentent pousser des ailes depuis les attentats en France et entendent bien faire de l’Algérie une république islamique. Tôt ou tard…

Nul doute qu’en cas de conflit ouvert contre les islamistes de nos banlieues, ce sont des milliers de jihadistes algériens qui viendront leur prêter main forte.

Il serait temps de se réveiller si on ne veut pas connaître un jour la même tragédie que l’Algérie a connue pendant plus de dix années de tueries et de massacres.

La lutte contre l’islamisme commence dès l’école. Quant un gamin refuse de chanter parce que ses parents fanatisés le lui interdisent, il faut frapper fort au portefeuille en supprimant aussitôt les allocations familiales. C’est le seul langage qui vaille. Idem pour lutter contre la délinquance.

Islamisme et terrorisme se nourrissent de notre tolérance et de nos principes humanistes. Mais les barbus n’ont pas ce genre d’états d’âme et c’est ce qui fait leur force.

Jacques Guillemain