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L’Arabie Saoudite avoue sa culpabilité… et balance !

Quand l’aveu sort directement de la bouche du coupable, que peut-on réclamer de plus ?

Dans un entretien accordé, le 22 mars dernier au quotidien US « Washington Post », le prince héritier saoudien, Mohammed Ben Salmane (MBS pour faire moderne) a reconnu que son pays, l’Arabie Saoudite, était responsable de la « propagation de l’intégrisme dans le monde musulman » et, ce qui est bien plus grave, il a affirmé que « C’est à la demande de ses alliés occidentaux que son pays a entrepris de répandre le wahhabisme. »

C’était à l’époque de la guerre froide et le but stratégique de cette opération, dont on mesure les conséquences désastreuses, les destructions et les centaines de milliers de morts qu’il a entraînés, était d’empêcher l’URSS d’asseoir son influence dans le monde musulman.

« A l’origine, c’est à la demande de nos alliés que nous nous sommes investis dans la création d’écoles coraniques, de mosquées et de propager le wahhabisme dans le monde musulman » a-t-il avoué !

« Il fallait absolument faire barrage à l’avance du communisme et nous avons été obligés d’utiliser toutes nos ressources pour accomplir cette tâche, qui nous était imposée. » précise-t-il !

Ce qu’il faut retenir et comprendre de cet aveu, c’est que l’Arabie Saoudite a instrumentalisé l’Islam pour renverser les régimes pro soviétiques et encourager la création de partis fondamentalistes.

L’Arabie Saoudite reconnaît ainsi son entière responsabilité dans l’émergence de l’intégrisme dans le monde musulman.

Ces aveux du prince BMS confirment donc que l’islamisme et l’intégrisme, sous leur forme actuelle, ont été totalement « fabriqués » et que le « Monstre » ainsi créé a échappé à tout contrôle, même à celui de ses créateurs.

Au cours de la visite officielle, qu’il vient d’effectuer aux Etats-Unis, BMS, avec une sincérité surprenante et inhabituelle, en ce qui concerne le monde musulman, admet l’égarement de son pays et affirme qu’il est urgent, aujourd’hui, de revenir à « un retour vers la normalité. »

Regrets certes, mais bien tardifs, surtout en ce qui concerne l’Algérie qui a subi, durant les années 1990, une période sanglante de grands massacres, œuvre des islamistes algériens totalement soutenus par l’Arabie saoudite, et tous les « Printemps arabes » avortés par l’influence des « Frères musulmans », de la Tunisie à l’Egypte ainsi que le terrorisme qui ensanglante l’Afrique sub-saharienne.

MBS s’est engagé à « tarir » toutes les sources de financement dont bénéficient le terrorisme et l’intégrisme (cela prouve qu’elles existent toujours actuellement !)

Il a donc décidé une rupture nette avec les dernières trente années d’idéologie extrémiste.

(Un peu tard en ce qui concerne tous ces pays dévastés : Irak, Syrie, Libye, Yémen, etc.)

« En Arabie Saoudite, et dans toute la région, un projet de réislamisation s’était répandu depuis 1979, car nous n’étions pas « comme ça » avant. Nous allons simplement revenir à ce que nous étions, c’est-à-dire à un islam de juste milieu, modéré, ouvert sur le monde, l’ensemble des religions et l’ensemble des traditions et des peuples. » a-t-il déclaré, devant les caméras de la chaîne américaine « Sky News Arabic ».

Qu’Allah l’entende, ce ne sera pas le cas des centaines de milliers de morts, victimes de cette « stratégie », ordonnée par ses alliés mais, surtout, par les USA !

Le prince héritier se propose de tourner la page de ce sombre épisode de l’histoire de son pays.

Encore faut-il que les « lobbies » religieux de toute la région incriminée l’autorisent à poursuivre sa rédemption !

MBS exige cependant que les Etats-Unis, son partenaire privilégié depuis 75 ans, ainsi que la communauté internationale (cela concerne la France) exercent une pression accrue contre l’Iran et réclame de nouvelles sanctions car, déclare-t-il, « Si nous ne réussissons pas à imposer notre volonté aux Iraniens, nous aurons très probablement une guerre d’ici 10 ou 15 ans. »

Nous sommes heureux de l’apprendre, mais il est vrai que la tension actuelle est très sensible entre l’Iran chiite et l’Arabie sunnite. La question syrienne étant au centre du conflit, notamment l’avenir de Bachar el-Hassad, soutenu par Téhéran et rejeté par Riyad.

Le prince héritier Mohammed Ben Salmane se garde bien d’en faire l’aveu ouvertement mais toutes ses déclarations récentes impliquent la responsabilité totale des Américains dans tout l’embrasement de la région depuis une dizaine d’années… et même au-delà !

MBS menace même de doter son pays de l’arme nucléaire, « si l’Iran obtient sa propre bombe atomique », allant même jusqu’à comparer Hassan Rohani à Hitler et l’accusant d’héberger actuellement les dirigeants d’Al Qaïda !

Qui n’aura pas sa « bombe atomique » d’ici peu de temps ?

Israël a bien des raisons de s’inquiéter !

Je me demande pourquoi les « écolos » du monde entier se préoccupe tant de l’avenir de notre planète, donc du nôtre, dans les prochaines décennies, alors que le nucléaire se chargera probablement d’effacer notre « Terre » de l’univers, le jour où, un plus fou que l’autre fou, appuiera sur le bouton !

Manuel Gomez