L’Arabie saoudite cherche bourreaux : une sous-traitance pour l’Etat islamique ?

Publié le 23 mai 2015 - par
Share

bourreauarabiesaouditeUne offre d’emploi publiée en Arabie saoudite et consistant à recruter huit bourreaux chargés d’exécuter, par décapitation, les condamnés à mort, a fait le tour du monde.

Il n’est cependant pas précisé de quels condamnés à mort il s’agit. Certaines mauvaises langues laissent alors penser que l’Arabie ferait de la sous-traitance pour l’Etat islamique.

Certes, en Arabie, on explique la nécessité de ce recrutement par le nombre croissant d’exécutions dans le pays. Il y aurait eu 85 depuis le début de l’année, soit 2 exécutions tous les trois jours. C’est harassant pour le bourreau qui n’a pas le temps de respirer. Mais recruter huit d’un seul coup semble exagéré. Les bourreaux pourraient se retrouver au chômage.

Aussi, l’hypothèse d’une sous-traitance de l’Arabie pour l’Etat islamique devient plausible, d’autant que les deux Etats, désormais frontaliers, sont sunnites. Ils combattent et vouent une haine implacable aux chiites. Et d’autant plus que l’Etat dirigé par le calife Ibrahim a connu ces derniers jours une extension assez remarquable avec la prise de la ville de Ramadi en Irak et de Palmyre en Syrie. Il devrait, par conséquent, y avoir du boulot pour les égorgeurs.

L’Etat islamique a, certes, ses bourreaux parmi les soldats, mais ceux-ci sont occupés au front. Ils n’ont pas le temps de s’occuper des tâches domestiques comme les égorgements… Et quand ils auront fini avec le front, ils seront occupés à violer et à vendre leurs captives.

Dans l’offre saoudienne, il est précisé qu’aucune qualification n’est requise, les candidats devant cependant être d’une bonne constitution physique. Ils subiront un stage à la fin duquel ils disposeront d’une Maîtrise (…du sabre).

Outre les décapitations, les bourreaux seront aussi amenés à pratiquer des amputations, les plus courantes étant celles de la main droite (pour délit de vol).

L’offre mise en ligne mardi dernier sur le site du ministère saoudien du Service public, a été reprise pratiquement par tous les médias du monde, comme s’il s’agissait d’un appel d’offres international. Même TF1 en a parlé. Et le site de la chaîne l’a placée dans sa rubrique « recherche d’emploi ». Véridique !

L’offre aurait pu aussi paraître sur le site du Mrap où l’on affectionne ce genre de métier.  Ce serait sans doute l’absence de toute indication sur l’échelle de rémunération et le type de contrat proposé qui aurait décidé les responsables du site à retarder la publication de cette offre en attendant d’avoir plus de précisions.

On ne sait pas, en effet, si les bourreaux seront payés à la tête (du client) ou s’ils percevront un forfait. On ne sait pas non plus s’ils disposeront d’un contrat à durée déterminée ou indéterminée. Le Mrap serait certainement pour un paiement à la tête, pour obliger les bourreaux à travailler plus, ainsi que pour un CDI.  D’autant plus que des Français pourront postuler pour ces postes, et il faut veiller à leur garantir un travail stable.

On connaît déjà quelqu’un à l’Elysée qui est très familier avec le sabre saoudien. On se rappelle de lui jouant avec un sabre, comme un gosse avec son cadeau de Noël, lors d’une visite en Arabie saoudite en décembre 2013. Il avait alors lancé ces mots : « J’en aurai besoin ». C’était peut-être une plaisanterie dans le temps, mais aussi une vision. C’est le moment de retourner en Arabie et de reprendre ce sabre. Une occasion à ne pas rater. Le Mrap est là pour veiller sur toi. Faut pas attendre 2017.

C’est bientôt la période du pèlerinage et avec le million et demi d’individus de toutes « convictions religieuses musulmanes » (pour reprendre une expression du Mrap publiée dans un récent contexte) qui vont affluer en Arabie saoudite, tous les postes pourraient être rapidement pris.

Messin’Issa

Print Friendly, PDF & Email
Share

Les commentaires sont fermés.