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L’AstraZeneca bashing ne peut que freiner le retour aux libertés

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Chacun reste libre de se faire vacciner ou pas. Mais j’ai du mal à comprendre la campagne de dénigrement systématique contre les vaccins.

J’ai eu moi aussi des doutes quant à la fiabilité et l’efficacité de ces vaccins mis sur le marché dans l’urgence. Un scepticisme largement alimenté par les discours contradictoires des médecins, d’accord sur rien, affirmant tout et son contraire sur les plateaux TV.

Mais aujourd’hui, les chiffres parlent d’eux-mêmes.

Je ne suis pas médecin, mais après quelques mois de recul sur la campagne de vaccination menée dans le monde, je constate que les pays qui sont en passe de vaincre le Covid-19 et de recouvrer leur liberté de vivre normalement sont le Royaume-Uni et Israël.

Certes, on a pu constater une envolée des contaminations et des décès au tout début de la campagne vaccinale il y a trois mois, mais au 1er avril le succès est bien là.

J’ai donc bien du mal à croire que cette inflation temporaire des contaminations soit à mettre sur le dos des vaccins. Car c’est à cette époque que le variant anglais a fait son apparition, prenant les autorités au dépourvu et faisant des ravages chez nos voisins britanniques.

Pourquoi un vaccin créerait-il une envolée des contaminations en février, alors qu’aujourd’hui, plus on vaccine et moins on recense de cas ?

Avec cette théorie antivaccins, les populations anglaise et israélienne devraient être massivement contaminées. Or, c’est tout le contraire, ces deux pays sont les moins touchés aujourd’hui.

D’ailleurs l’OMS vient de pousser un coup de gueule pour que l’Europe, éternel cancre de la classe, accélère le rythme des vaccinations.

https://www.liberation.fr/societe/sante/covid-19-loms-denonce-la-lenteur-inacceptable-de-la-vaccination-en-europe-20210401_IXIW22FO4FAEPPZUITVFWPYXXA/

Quand on compare les données officielles de chaque pays sur l’évolution quotidienne de la maladie, le NHS pour le Royaume-Uni (National Health Service), Santé Publique France chez nous et le gouvernement israélien, voici ce que cela donne au 2 avril :

GB : 52 décès supplémentaires pour un total de 127 058 morts.

Israël : 0 décès pour un total de 6 220 morts.

France : 332 décès pour un total de 96 280 morts.

Coronavirus statistiques | Cas, décès et guérisons pour la France et plus de 50 pays

Rappelons qu’au plus fort de l’épidémie du variant anglais, le Royaume-Uni enregistrait plus de 1 500 morts par jour ! Ce qui explique l’explosion des chiffres de la mortalité cet hiver.

Grâce à la vaccination massive lancée par Boris Johnson, la mortalité quotidienne a chuté à 407 au 1er février, puis à 104 au 1er mars et à 52 au 2 avril.

Une chute spectaculaire que nul ne peut nier. Plus on vaccine, moins on dénombre de contaminations. Ce qui laisse supposer que l’envolée des contaminations au début de la campagne de vaccination de cet hiver n’était pas liée au vaccin. Il y a deux mois, on assistait à l’explosion du variant anglais.

On peut évidemment invoquer le recul mondial du Covid-19, mais dans ce cas il faut expliquer pourquoi ce sont les Britanniques et les Israéliens qui profitent le plus de ce recul, tandis que d’autres pays, notamment la France, en sont réduits à un troisième confinement !

Il est clair que c’est la vaccination massive qui a sauvé les Anglais et les Israéliens du désastre, leur évitant d’aggraver l’hécatombe.

On ne peut à la fois être contre les masques, les vaccins, les gestes barrière et le confinement, tout en voulant vivre comme avant.

La Suède n’a pas confiné, n’a pas vacciné. Elle n’a pas détruit son économie et c’est très bien. Mais avec ses 13 500 morts pour 10 millions d’habitants, elle aligne proportionnellement autant de victimes que la France. Et si elle ne vaccine pas, la mortalité ne diminuera pas.

Mais revenons sur la campagne de dénigrement du vaccin anglo-suédois AstraZeneca, rebaptisé Vaxzevra depuis peu.

Là, c’est la cacophonie la plus totale, chacun y allant de son petit couplet rassurant ou apocalyptique. Là aussi, on entend tout et son contraire, ce qui fait que plus personne ne veut se faire vacciner avec l’AstraZeneca, qui a pourtant fait les preuves de son efficacité en Grande-Bretagne, comme le montrent les chiffres du NHS.

Je ne crois pas que le NHS diffuse de fausses nouvelles. Et pourquoi les chiffres du NHS qui publie chaque jour ses données seraient-ils moins fiables que ceux de l’OMS ?

Une poignée de morts de thromboses insolites après vaccination, que nul ne saurait attribuer au vaccin avec certitude, et c’est aussitôt le tollé chez les antivaccins ou les opposants à la vaccination contre le Covid-19.

Il me semble qu’un minimum de recul et d’objectivité ne serait pas de trop.

Vendu à prix coûtant, 2 euros, facile à stocker et de conception plus classique que les vaccins à ARN messager, le vaccin AstraZeneca subit une campagne de diabolisation injustifiée, comme le prouvent les chiffres.

Tout d’abord, si son efficacité a été revue à la baisse, à 76 % de protection contre les formes symptomatiques du Covid, elle est en revanche de 100 % contre les formes graves qui conduisent à l’hôpital ou en réanimation, avec les conséquences que l’on connaît.

Le plus important n’est-il pas d’éviter les formes sévères de la maladie ? Le plus important n’est-il pas d’éviter l’implosion de notre système de santé déjà saturé ?

Franchement je ne comprends pas le discours antivaccin de certains. Sauf disparition du virus par lui-même, ce qu’on a déjà vu par le passé, on ne s’en sortira pas sans vaccins.

Selon Odile Launay, infectiologue et membre du Conseil scientifique sur les vaccins, « toutes thromboses confondues, le risque n’augmente pas ». ( JDD )

Mais même si la vaccination a pu causer de rarissimes thromboses, ce qui reste à démontrer, le rapport bénéfice/risque demeure excellent.

Le Royaume-Uni, qui a injecté 18,1 millions de doses, a déclaré 7 morts sur 30 cas suspects. 1 mort pour 2,5 millions de vaccinés ! Stop à la psychose !

Pour l’Agence européenne du médicament, le risque de faire une thrombose après injection serait de 1/100 000 pour une personne de moins de 60 ans.

À titre de comparaison, 1 jeune femme sur 10 000 fait une thrombose chaque année en France ! Et si elle prend la pilule contraceptive, le risque passe à 2 sur 10 000.

Et si cette pilule est de troisième ou quatrième génération, le risque de faire une thrombose grimpe à  4 sur 10 000 !

Par conséquent, le risque de faire une thrombose après vaccination avec l’AstraZeneca  est  bien 40 fois moindre que le risque habituel encouru par une jeune femme prenant la pilule. (Source Figaro)

Ces thromboses insolites, bien que dramatiques, sont plus que rarissimes et ne doivent pas faire oublier que le retour à la vie normale, sans aucun mort, ne sera possible qu’en ayant recours à la vaccination de masse.

Le discours hostile à la campagne de vaccination ne peut que retarder ce retour à la liberté que nous attendons tous. C’est la vaccination de masse qui nous évitera un effondrement économique définitif, aux conséquences sociales et humaines incalculables.

Le gouvernement ayant renoncé depuis le début de l’épidémie aux soins précoces qui limitent les dégâts, je ne vois que le vaccin pour en finir avec ce fléau qui détruit le pays.

Cela dit, la vaccination doit rester un choix personnel. Personnellement, après trois mois d’hésitation, je fais confiance aux Anglais et aux Israéliens, que je ne vois pas sacrifier sciemment leur population…

Jacques Guillemain