Le 11 septembre, autour de moi, c’était la joie et on accusait les sionistes

Publié le 9 septembre 2011 - par - 1 283 vues
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Où étais-je ce jour là ? Sûrement chez moi, dans mon pays, où j’étais confronté à la barbarie islamique depuis une décennie. L’information m’a été rapportée par mes enfants qui ont vu à la télévision les deux avions frappant de plein fouet les tours jumelles, à New York, au cœur de l’Amérique. A vrai dire sur le moment, j’avais crû à une plaisanterie… Car dans mon pays, on n’aime pas l’Amérique, le Grand Satan et pourtant on rêve de s’y installer. C’est le paradoxe qui irrigue les neurones des arabo-musulmans. Une fois que j’ai vu de visu l’effondrement des tours jumelles, je fus abasourdi, me disant intérieurement, mais qui a osé faire cette terrible attaque contre l’Amérique ? Ce fut la stupeur qui m’envahit. Autour de moi, c’était l’effervescence. Chacun commentait la nouvelle en fonction de son penchant idéologique mais d’une manière générale, on s’accordait à dire que les États-Unis ont eu ce qu’ils méritaient, à cause de leur soutien à Israël. Certains disaient que c’était l’œuvre du Mossad, des Juifs. Et peu à peu les nouvelles tombaient et les incertitudes s’effritaient. Mais qui a défié l’Amérique et frappé Ground Zéro ? Il fallait être déterminé pour attaquer les États-Unis sur son sol et être animé d’une haine inébranlable. Vraiment… L’oncle Sam a beaucoup d’ennemis à travers le monde mais les plus déterminés sont et demeurent les radicaux musulmans à leur tête Oussama Bin Laden, le fondateur de la Quaïda. Et évidemment les théologiens islamiques avec leurs pétrodollars. Dans un premier temps, mon entourage rejeta l’idée que les musulmans puissent faire une telle attaque, car pour eux l’Islam est une religion de paix et de tolérance. C’est l’œuvre des sionistes, me dit un ami, qui avait du discernement… Pourtant !!

Quant à moi, je n’étais pas de cet avis, j’avais une autre explication mais elle ne passait pas dans mon environnement. J’ai préféré alors me taire, de ne pas dire ouvertement le fond de ma pensée par peur des représailles. Bref, je n’étais pas courageux, je n’étais pas prêt à affronter les discours moralisateurs, guerriers des uns et des autres qui glorifient la religion que j’ai héritée de mes ancêtres…

Dans mon tréfonds, j’avais le pressentiment que c’était le début des chocs des civilisations et des cultures prédits par Samuel Huntington. On était en plein dedans, il n’y avait plus aucun doute. Deux mondes qui se regardent en chiens de faïence, venaient de se déclarer la guerre.

En direct, la pensée magique tordait le coup à ceux qui doutaient encore…
Quant à l’avenir, il devenait incertain. Je ne rêvais plus. Depuis un certain temps, j’étais persuadé que cette pensée magique qui bouillait dans l’esprit des miens, allait provoquer un grand cataclysme à l’échelle planétaire, surtout depuis que j’ai lu attentivement les chroniques de Tabari mais surtout Abu L-Ala Al Ma’arri ( 937-1057) philosophe arabe qui fut énormément influencé par Socrate et Platon . Il écrivit ces magnifiques vers :
Mohammed ou le Messie ! Écoute-moi,
La vérité ne peut pas être ici et là ;
Je ne vois pas comment notre Dieu, qui fit le Soleil et la Lune,
Pourrait donner à un seul toute sa Lumière ?

Hamdane Ammar

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