Le 18 juin d’une Sans Culotte

Publié le 23 juin 2011 - par - 638 vues
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Il y avait sur Paris comme une incertitude, le ciel en ce samedi oscillait entre clarté printanière et ténèbres orageuses, un peu à l’image de la France d’aujourd’hui qui louvoie entre les lourds nuages noirs de l’obscurantisme et les espoirs solaires de la Liberté.

Les Champs-Elysées avaient le visage tristement habituel des samedis de cohue entre les jeunes en mal de shopping et les touristes posant devant la vitrine de Vuitton.

Nous étions en 2011 après JC. Toute l’avenue des Champs-Elysées était occupée par les banlieusards et les touristes… Toute l’avenue ? Non ! Un camp peuplé d’irréductibles Gaulois résistait encore et toujours à l’envahisseur…

Aux pieds de l’ambassade du Qatar était dressé un petit chapiteau devant lequel conversaient joyeusement les Gaulois au beau milieu des drapeaux et des cocardes. Nous étions dans la phase beau temps. Fébrile je cherchais où étaient les costumes : on m’avait promis une remontée des Champs en Sans Culotte… mais pas sans culotte tout de même, je suis peut-être Gauloise mais je sais me tenir !

Après avoir salué quelques têtes connues, Marie Neige, Monica, Gérard, Pascal… on m’a avertie qu’il fallait redescendre l’avenue avec les costumes et les drapeaux. Quelques ampoules plus tard nous voilà en train de nous déshabiller sur un banc public, cuissots à l’air devant les passants hilares. A quelques mètres un flic était en train de nous observer, sceptique, tétanisé, se demandant sans doute s’il devait nous embarquer pour outrage aux bonnes mœurs. Il fit signe à un collègue de venir voir : à deux on a moins peur. Dans la précipitation Laure en a mis son pantalon à l’envers.

Les policiers nous ont demandé ce que nous fabriquions et nous ont dit que nous n’avions pas le droit de montrer notre drapeau. Surpris nous avons demandé pourquoi, que c’était le drapeau français, celui de notre pays. Ils nous ont répondu que c’était juste interdit et que si nous le montrions ils pourraient nous embarquer… Ils s’efforçaient de rester sérieux mais devant nos accoutrements ils ont fini par se marrer et nous souhaiter une bonne manif.

Une fois prêts nous avons remonté l’avenue sous les regards des passants surpris par ce drôle d’équipage. Des moines bouddhistes ébahis nous ont pris en photo… rencontre improbable de deux mondes enchantés de se croiser et de se trouver si particuliers au milieu de la foule uniformisée… mondialisée oserais-je dire.

Certaines personnes nous souriaient, ça leur faisait un spectacle, d’autres prenaient des photos, d’autres encore questionnaient horrifiés « vous n’êtes pas du FN au moins ?! ». Non non, juste des Français, excusez-nous m’sieurs-dames… C’est bête mais apparemment ce n’est pas évident. Mais le pire a quand même été ceux qui baissaient les yeux pour ne pas nous voir. Ma parole, le bleu-blanc-rouge est devenu aussi diabolique que le 6-6-6 !

En haut l’ambiance était à son comble, ça chantait à tue-tête, la Madelon est venue nous servir à boire pendant que les Chevaliers de la Table ronde goutaient voir si le vin était bon. Et puis la Marseillaise nous a donné un bon coup de chaud avec la chorale enthousiaste, Vivien donnant fièrement le ton.

Les discours ont commencé avec le bizutage du dernier adhérent en date de Résistance Républicaine qui a dû se jeter dans l’arène. Puis le ciel a commencé à se couvrir de gros nuages menaçants. Pourtant nous avions chanté juste. Tom Trento a entamé son discours au moment où la pluie s’est mise à nous assaillir, une grosse pluie bien glacée, bien venteuse et bruyante. Le pauvre Tom n’a pas eu beaucoup de chance, nous étions plus occupés à nous protéger des assauts des éléments qu’à l’écouter malgré toute notre bonne volonté.

A la fin de son discours la pluie s’est arrêtée. Après une tentative inutile de séchage, j’ai entendu qu’on m’appelait. J’y suis allée de mon petit discours faisant abstraction de mon bonnet phrygien dégoulinant, aidée par Pierre Cassen qui me tenait ma partition. Je dois avouer que moi qui redoutais un peu ce moment, j’ai grave kiffé… les acclamations, tout ça… « ça gère » comme dirait ma fille ! Tenir un micro dans sa main, ça vous transforme une Résistante !!

Après les interventions de Pierre et Christine (je ne sais plus trop qui est passé quand, oups), Oskar égal à lui-même, nous a galvanisés avec son faux rap à la sauce suisse. Evidemment du pur bonheur que je ne saurais retranscrire : rien ne vaut une bonne vidéo pour bien savourer un Freysinger. Comme aux Assises nous y sommes allés de notre « Oskar ! Oskar ! Oskar ! ». Indescriptible…

La manif s’est achevée dans la liesse et sous le soleil. A la sortie du métro où nous nous trouvions nous avons vu passer quelques têtes voilées, là aussi l’uniformisation va bon train.

Avec bonheur nous nous sommes quittés avec la promesse de revenir l’année prochaine. Rendez-vous donc l’an prochain, même endroit même heure et surtout… encore plus nombreux.

Et si tout va bien, nous aurons vaincu les sombres nuages qui nous menacent…

http://vigilanceliberte.canalblog.com/archives/2011/06/19/21439091.html

Caroline Alamachère

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