Le 21 mai 2013, Dominique Venner mettait fin à ses jours

Publié le 21 mai 2021 - par - 23 commentaires - 1 439 vues
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« Nous devons être intellectuels et violents » (Charles Maurras)

Il n’était pas de mes amis. Nous ne nous sommes vus qu’une fois, à Paris, à l’occasion d’une dédicace d’un de ses livres. Nous n’avons eu que deux ou trois échanges épistolaires, pas plus.
Il s’appelait Dominique Venner. Il s’est tiré une balle dans la tête, le 21 mai 2013, en la cathédrale Notre- Dame de Paris. Qui était Venner, peu connu du grand public jusqu’à son suicide ?

Essayiste, Venner était l’auteur de plusieurs livres d’histoire sur la période allant de 1914 à 1945, notamment sur la révolution russe, les corps-francs de la Baltique, la collaboration et la Résistance en France pendant la Seconde Guerre mondiale. Mais il était également un spécialiste, mondialement reconnu, des armes à feu sur lesquelles il a écrit des ouvrages qui font référence.

Chez Dominique Venner, j’ai d’abord découvert l’expert en armement avant de m’intéresser à son parcours politique. Pourtant « quel roman que (sa) vie ! » comme aurait dit Napoléon.
Il est le fils de Charles Venner, architecte, membre du Parti populaire français de Jacques Doriot. Dominique Venner étudie au collège Bossuet à Paris, à l’Oakland’s College, puis à l’École supérieure des arts modernes. C’est durant cette scolarité pseudo-« artistique » qu’il abandonne la foi chrétienne et rejette définitivement le catholicisme.

À 17 ans, épris d’aventure, « pour fuir l’ennui de la famille et du lycée », il s’engage à l’école militaire de Rouffach. Une école créée par « le roi Jean » de Lattre de Tassigny, à la Libération.
Volontaire pour aller se battre en Algérie, il est sous-officier dans un bataillon de chasseurs et combat le FLN dans les montagnes proches de la frontière tunisienne jusqu’en octobre 1956. Cette guerre, qui lui vaudra la croix du combattant, a énormément compté dans ses engagements futurs.
À son retour en Métropole, pour lutter contre le soutien du Parti communiste au FLN, il s’engage en politique. Il entre au mouvement de droite « Jeune Nation », et prend part, à la suite de l’insurrection de Budapest, à la mise à sac du siège du PCF, le 7 novembre 1956.

En 1958, il participe avec Pierre Sidos à la fondation de l’éphémère « Parti Nationaliste », et adhère également au « Mouvement populaire du 13 mai » du général Chassin.
Après le putsch des généraux d’avril 1961, il bascule dans l’OAS-Métro ce qui lui vaudra 18 mois d’isolement à la prison de la Santé. Libéré à l’automne 1962, il écrit un manifeste intitulé « Pour une critique positive » — souvent comparé au « Que faire ? » de Lénine et longtemps considéré comme un texte fondateur par toute une fraction de la droite nationaliste —, dans lequel, prenant acte de l’échec du putsch d’avril 1961 et du fossé existant entre « nationaux » et « nationalistes », il préconise la création d’une Organisation nationaliste révolutionnaire, « destinée au combat… une, monolithique et hiérarchisée, formée par le groupement de tous les militants acquis au nationalisme, dévoués et disciplinés ». Ayant étudié Marx et Lénine, il analyse le communisme, qu’il combat depuis toujours, non seulement comme un programme politique, mais aussi comme une organisation que les militants nationalistes doivent imiter en se structurant intellectuellement.

Il s’inspire également des luttes anticolonialistes et développe l’idée que les mouvements nationalistes européens doivent adopter la rhétorique des mouvements d’indépendance nationale.
Très critique envers le christianisme – c’est là, et uniquement là, que nos vues divergent – Venner prône une réhabilitation des traditions païennes et des identités, une défense des cultures face au melting-pot, et une valorisation élitiste de la force et de l’héroïsme.
En janvier 1963, ce leader naturel, fonde, puis dirige, le journal et le mouvement « Europe-Action » — ainsi que les Éditions Saint-Just, au service du mouvement — qui rassemble, autour de convictions nationalistes, des membres de la « Fédération des étudiants nationalistes », des rescapés de l’OAS-Métro, et d’anciens intellectuels collaborationnistes.

En 1968, il contribue — sous le pseudonyme de Julien Lebel — à la fondation du Groupement de recherche et d’études pour la civilisation européenne (GRECE), avant de créer avec Thierry Maulnier, la même année, l’Institut d’études occidentales.
Il lui adjoint, en 1970, la revue « Cité-Liberté » : « entreprise à la fois parallèle, concurrente et ouverte vis-à-vis du GRECE », rassemblant de nombreux intellectuels (Robert Aron, Pierre Debray-Ritzen, Thomas Molnar, Jules Monnerot, Louis Rougier, Raymond Ruyer, Paul Sérant, etc.) autour de l’anticommunisme, la lutte contre « la subversion mentale » et pour « les valeurs occidentales ».
Après plusieurs colloques et sept numéros de « Cité-Liberté », l’institut se saborde en 1971.
La période de militantisme politique de Dominique Venner prend fin à cette époque, et c’est bien dommage car il incarnait un nationalisme fort, moralement et intellectuellement.
Personnellement, j’ai découvert le militant en 1971, quand… il avait cessé de militer.

En 1971, il embrasse alors une carrière d’écrivain et d’historien. Son travail sur la Résistance et la Collaboration est remarquable car il a le mérite de remettre les pendules à l’heure.
Son « Histoire de l’Armée rouge » a obtenu un prix de l’Académie française en 1981. En 1995, c’est son ami François de Grossouvre (ancien résistant, spécialiste des services secrets, ami et conseiller de François Mitterrand), qui lui suggère d’écrire ce qui sera, à mon humble avis, son meilleur livre : « Histoire critique de la Résistance ». Ce livre insiste sur la forte présence d’éléments issus de la droite nationaliste au sein de la Résistance et dévoile l’importance du rôle de la « Résistance maréchaliste ». Après avoir fondé la revue « Enquête sur l’histoire », il crée en 2002, le bimestriel « La Nouvelle Revue d’Histoire » dans lequel écrivent des plumes remarquables comme Bernard Lugan, Jean Tulard, Aymeric Chauprade, Alain Decaux, ou Jacqueline de Romilly. Il anime également le « Libre journal des historiens » sur « Radio Courtoisie ».

Dominique Venner a voulu théâtraliser sa fin de vie. Son ouvrage testamentaire s’intitule « Un samouraï d’Occident ». La couverture est illustrée par une estampe de Dürer : « Le Chevalier, la Mort et le Diable ».
Le 21 mai 2013, vers 16 heures, Venner se donne la mort par arme à feu — il a choisi un vieux pistolet belge à un coup — devant l’autel de la cathédrale Notre-Dame de Paris, qui devra être évacuée. Il aurait laissé une lettre à destination des enquêteurs.
Certains ont aussitôt parlé du « geste d’un déséquilibré ». Il n’en est rien : dans une lettre envoyée à ses amis de « Radio Courtoisie » et à Robert Ménard, qui la publiera dans « Boulevard Voltaire », il explique « croire nécessaire… devant des périls immenses pour sa patrie française et européenne… de se sacrifier pour rompre la léthargie qui nous accable ». Il déclare « offrir ce qui lui reste de vie dans une intention de protestation et de fondation ».

Concernant le lieu – bien mal choisi – de son suicide, il indique « choisir un lieu hautement symbolique, la cathédrale Notre-Dame de Paris qu’il respecte et admire, elle qui fut édifiée par le génie de ses aïeux… » Dans un texte publié quelques heures auparavant sur son blog, il avait appelé à des actions « spectaculaires et symboliques pour ébranler les somnolences », expliquant que « nous entrons dans un temps où les paroles doivent être authentifiées par des actes ». Il y écrit que les manifestants contre le mariage homosexuel ne peuvent ignorer « la réalité de l’immigration afro-maghrébine… » Le péril  étant selon lui « le  grand remplacement de la population de la France et de l’Europe ». Dès l’annonce de son suicide, plusieurs personnalités lui ont rendu hommage.

Marine Le Pen écrit sur Twitter : « Tout notre respect à Dominique Venner dont le dernier geste, éminemment politique, aura été de tenter de réveiller le peuple de France ». Bruno Gollnisch parle d’un « intellectuel extrêmement brillant » qui s’est donné la mort pour exprimer « une protestation contre la décadence de notre société ». En dehors de sa famille politique, quelques personnalités saluent son caractère. Benoît Rayski écrit : « Aucune des idées de Dominique Venner n’était mienne. Mais l’homme peut parfois échapper par son courage et sa noblesse à la gangue idéologique qui lui tient lieu d’armure ». Un hommage public lui est rendu le 31 mai 2013 à Paris.

Je n’y étais pas car je partais pour un long voyage. Je me suis contenté d’envoyer sa dernière lettre, par mail, à mes amis. Dans ma mouvance idéologique – la droite catholique traditionaliste – on a fortement critiqué son geste. L’Église condamne le suicide, et puis, un sacrilège à Notre-Dame de Paris, c’était assurément impardonnable. Personnellement, sans doute parce que j’ai admiré l’homme, je ne condamne pas cette mort de samouraï : Dominique Venner a choisi le jour de sa sortie après une vie de rectitude morale et de combat.

Alors, dispensons-nous de commentaires contre quelqu’un qui a si bien défendu, par les armes puis par les écrits, la France éternelle !
Monsieur Venner, j’espère que, malgré votre geste, le Seigneur vous recevra au paradis des justes. Vous étiez athée (ou agnostique ?). Tant pis, depuis ce jour de mai 2013, il m’arrive souvent de penser à vous et même, parfois, de prier pour vous.
Vous avez rejoint le Panthéon des gens qui me sont chers. Je vous dois bien ça !

Eric de Verdelhan

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Notifiez de
Corinne Lemuel

En 2013, il n’y avait pas que le mur des cons, à propos duquel l’autre attardé de Michaud-Neyrard bredouille et bavasse dans un article circumvoisin. Il y avait aussi les déchets de l’humanité qui venaient se suicider durant une messe à Notre-Dame.

Ces vieux pédophiles nazis souillent bien davantage la religion que mille athées qui, comme moi, s’en foutent éperdument.

bégué jean

il a écrit aussi un livre sur les armes , bien documenté , je l’ai !

MORET

Dominique Venner était un homme de talent qui mérite un profond respect !

Carrasco

Venner, Coston, Ratier, une belle brochette de fachos et d’ antisémites notoires. Et après, vous osez dire que vous n’êtes pas d’ extrême droite? Vous n’ assumez même pas le dégueulis immonde qui vous sert d’ idées.

MORET

Les fachos se sont les pourritures françaises de votre espèce qui préfèrent brandir le drapeau algérien comme le maire de Saint-Denis et ses collabos communistes !

dissident

vieux bolcho, vous commencez a nous gonfler!

Carrasco

Un exemple que vous devriez suivre, non?😂

Simon

Assurément, j’invite tous ses admirateurs à suivre cet acte héroïque et illustrer leurs indignations d’avoir eu à croiser un homme noir dans le métro.

Du courage que diable !

POLYEUCTE

En Hommage à Lui, Merci !
Il reste gravé dans ma mémoire.

Bp50

Je possède tous ses livres sur les armes a feu mais aussi dagues et épées du IIIème Reich qui sont des références incontournables. Dominique Venner incarnait une France qui s’imposait par ses valeurs justes et bien qu’athée , ces valeurs chrétiennes l’imprégnaient. Il était de la trempe de tous ces grands militaires qui avaient redonné à la France sa fierté après la déculottée de 1940, déculottée due à la veulerie des politiques et la morgue idiote d’un Gamelin et de ses nombreux pairs. Tout cela a été balayé. Il faudrait peut-être se rappeler les paroles de Philippe Pétain ( chrétien) qui fustigeait l’esprit de jouissance qui nous a abattu….et qui plus que jamais nous tue. Merci Dominique Venner pour ce que vous fûtes pour l’Amour de la France..

Mörback

“tous les maitres de Lucidité ,”….sans oublier le prophétique Pierre de Ronsard, en particulier pour “Discours, élégie à Guillaume des Autels”, le fameux “”France, de ton malheur tu es cause en partie :
Je t’en ay par mes vers mille fois advertie ;
Tu es marastre aux tiens et mere aux estrangers””….

Jacques Barrio

Merci de rappeler cet anniversaire. Pour moi Dominique Venner était et sera toujours un grabd héros.

Emmanuel Albach

Dominique Venner était un très brillant intellectuel nationaliste et non moins grand militant. Mais puisqu’il faut bien mourir un jour, mourrons plutôt en combattant. Cela fera moins plaisir à nos ennemis.

a.hourquette d'arre

Merci de ce rappel, oremus.

Anton

Henri Coston, Dominique Venner, Emmanuel Ratier, ce trio nous manque tant aujourd’hui.

joseph d arimathie

je crois que nous devons avoir de l admiration pour cet homme qui a vecu pleinement ses convictions par l esprit et par les armes .il a peut etre voulu affirmer que c est l esprit qui est la vraie mesure de l homme . quand a sa mort , c est effectivement UNE MORT EN SAMOURAI en un endroit qu il venerait le plus au monde . drole d homme pour notre FRANCE deliquescente qui renonce a LA CIVILISATION pour s enfoncer dans la barbarie , l abime et le neant !

limone

Je me rappelle très très bien de ce fait, de ce suicide qui m’avait choquée ; un homme se tue pour ses idées, je ne connaissais rien de lui , sinon brièvement ses idées politiques , et c’était triste, terriblement triste car cela ne sert à rien …sa vie était plus importante que les citoyens qui sont lâches , mais ce fut son choix et non choix .

ramatuel

Les corps francs de la baltique a été le premier livre acheté dans une librairie de Paris 7ème arrdt. Depuis, je m’en suis procuré d’autres ainsi que sa revue. Je prenais un immense plaisir à lire ses écrits. Aujourd’hui, Dominique Venner n’est plus là et manque terriblement.

Patrick Verro

En 1993, Dominique Venner reçut au Musée de la Chasse de l’hôtel Guénégaud le prix François-Sommer, du nom du bienfaiteur du lieu, pour son album Les Beaux-Arts de la chasse (Grancher).
Sous-officier au 4e bataillon de chasseurs à pied pendant la guerre d’Algérie, membre de l’Organisation armée secrète (OAS), c’était un « Samouraï d’Orient », féru de mythologie grecque, admirateur des héros de la Rome antique, grand connaisseur de la littérature japonaise qui vivait à la lisière des bois, dans une propriété normande, où l’on ne pouvait accéder qu’après avoir traversé la Seine sur un bac, puis percé la forêt de Roumare…
(Hommage du veneur-chasseur que je suis)

Hector Poupon

Merci de nous remémorer la biographie de ce grand homme. J’appréciais particulièrement ses éditos dans la Nouvelle Revue d’Histoire.

Vauban

Vous êtes représentatifs des authentiques valeurs françaises, et ce que la France a de meilleur!

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