Le bombardement, c’est maintenant !

Publié le 3 septembre 2013 - par - 1 164 vues

C’est donc entendu, nous devons « punir » Bachar el-Assad, c’est Sergent Pepère qui l’a déclaré (http://www.lefigaro.fr/international/2013/08/27/01003-20130827ARTFIG00496-hollande-se-dit-pret-a-punir-le-regime-syrien.php). Sergent Pepère et Obama répètent le terme « punir », peu courant en diplomatie, comme un mantra, il doit donc avoir été employé à dessein.

« Punir » signifie que nous n’allons pas attaquer un pays ennemi pour défendre nos intérêts menacés (ce serait de la realpolitik et c’est totalement démodé), mais que nous allons accomplir une mission humanitaire de protection des « civils » syriens contre les exactions de leur tyran de président (comme en Lybie, avec les brillants résultats que l’on sait). Nous allons accomplir un acte à très haute teneur en vertu et en morale qui nous vaudra certainement la grâce divine. Nous allons partir en guerre humanitaire pour imposer le Bien dont nous sommes les champions (In God We Trust) là où actuellement règne le Mal absolu (Gott mit Uns). Dans cette mission sacrée, qu’importe la légalité (juridique) pourvu qu’on ait la légitimité (morale). Seuls de mauvais Français prétendent que nous n’avons rien à faire dans cette galère, et surtout rien à y gagner. Nos armées sont des ONG pleines de médecins-sans-frontières dont les Rafales sont les ambulances. Et ceux qui mourront dans l’aventure seront fiers de tomber pour une si noble cause ; mais on n’en parlera pas trop quand même. Allah akbar !

Dans cette affaire, Sergent Pepère se conduit comme le roquet qui jappe aussi fort qu’il le peut de sa petite voix criarde tout en restant prudemment dans les jambes de son maître Obama, prêt à s’y réfugier dare-dare si les choses tournaient mal pour lui ; rodomontades belliqueuses, certes, mais c’est la voix de son maître qu’on entend. Il faut dire aussi que la France n’a guère les moyens de ses ultimatums (la Syrie risque d’être un morceau autrement plus coriace que le Mali ou la Lybie) et qu’elle est bien obligée de faire appel poliment à un pays dont le budget militaire est 30 fois supérieur au sien (http://fr.wikipedia.org/wiki/Budget_de_la_Défense#D.C3.A9penses_de_d.C3.A9fense_en_2012).

La France a également la triste habitude de trahir ses amis ou alliés : la Tchécoslovaquie, abandonnée à l’ogre Hitler à Munich en 1938 (le déshonneur pour avoir la paix, suivant la formule fameuse de Churchill qui avait tout compris) ; la Serbie, notre alliée des deux guerres mondiales, bombardée par l’OTAN en 1999, dont résulta la création d’un Kosovo indépendant albanais, musulman et plus mafieux encore que la Sicile ; et aujourd’hui la Syrie, sous protectorat français entre les deux guerres mondiales. Si j’étais allié de la France, je me méfierais de ce pays de traîtres (et aussi de racistes islamophobes homophobes). Mais, heureusement, le repris de justice Jean-Philippe « Harlem » Désir soi-même nous informe que refuser de punir Bachar relève d’un « esprit munichois » ; pas de doute, l’Harlem est bien le chef d’escadrille du PS et il franchit le mur du çon les doigts dans le nez.

S’agissant des preuves de l’utilisation d’armes chimiques, rien d’irréfutable n’a été présenté, le rapport des experts de l’ONU n’est même pas encore rédigé, l’autorisation de l’ONU n’est pas acquise (vétos russe et chinois probables) mais il est clair que Bachar el-Assad est depuis longtemps l’homme à abattre (« Bachar el-Assad doit partir », Fabius-le-sanguin-contaminé le 1er juillet 2012, http://videos.tf1.fr/jt-we/2012/fabius-bachar-al-assad-doit-partir-7394703.html). Pourtant, le précédent du grandiose mensonge d’état américain sur l’Irak il y a 10 ans est encore dans toutes les mémoires et incite à prendre avec de très longues pincettes les affirmations péremptoires des uns et des autres. On se souvient aussi que la magistrate suisse Carla del Ponte a affirmé le 5 mai que ce sont les insurgés qui ont utilisé du gaz sarin (http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2013/05/06/les-rebelles-syriens-ont-utilise-du-gaz-sarin-selon-carla-del-ponte_3171289_3218.html), mais ses déclarations n’ont manifestement pas été retenues, on se demande bien pourquoi.

Mais voilà qu’Obama fait soudain volte-face et décide qu’il est urgent d’attendre un vote de son Congrès tandis que son caniche favori britannique a été inopinément renvoyé au fond de sa niche par son Parlement. Et notre Sergent Pepère se retrouve donc tout seul en première ligne comme un couillon, précisément ce qu’il voulait éviter. Mais, pour ne pas perdre la face, il continue à rouler ses petits bras et à enfiler les déclarations martiales. C’est pas chez nous qu’on demanderait son avis au Parlement. Comme Ubu, notre grand chef de guerre seul décide de tout ; comme Ubu, il va nous foutre dans la « merdre », mais on s’occupera de ça plus tard. « Punir », répète-t-il comme un perroquet détraqué.

Chirac va finir par rester dans l’histoire, non pour ses innombrables turpitudes et malversations, ce qui est un véritable exploit, mais pour avoir été le seul président français à s’être opposé en 2003 à une de ces aventures militaires exaltantes et illégales dont les Américains raffolent. À côté de lui, Sarkozy en 2011 et Hollande aujourd’hui apparaissent comme des va-t-en-guerre irréfléchis.

Naturellement, en cas d’intervention française en Syrie, on peut s’attendre à des représailles chez nous des copains de Bachar ; c’est que c’est loin l’Amérique, tandis que la France est à portée de mains et de bombes, alors les pieux barbus ne vont pas s’en priver, d’autant moins qu’ils sont déjà largement implantés dans nos banlieues.

Mais il pourrait y avoir plus grave encore et Sergent Pepère et sa bande de nazes ne semblent pas s’en être avisés : si, comme il est de plus en plus probable, la France sombre à son tour dans la guerre civile avec les patriotes dans un camp et les islamo-collabos dans l’autre, qui empêchera les islamistes de tous les genres (ceux que nous aurons aidés en Syrie comme ceux que nous aurons « punis ») de venir nous « punir » à leur tour ? Certes, ils ne le feront pas avec des missiles de croisière, des drones et des satellites, ces joujoux merveilleusement sophistiqués et coûteux de nos panoplies militaires à nous, mais ils possèdent bien d’autres moyens, du cutter à la cocotte-minute pleine de clous, pour nous exprimer leur courroux et ils le démontrent chaque jour qu’Allah fait (21 519 morts depuis le 11 septembre 2001, http://www.thereligionofpeace.com/Pages/TheList.htm).

Et ils auront, de leur point de vue, au moins deux bonnes raisons de le faire :

La première sera de venir au secours de leurs « frères » en religion, comme ils le font toujours en pareil cas : au nom de l’une ou l’autre secte islamique, les mercenaires étrangers rappliquent du monde entier comme des mouches pour alimenter en haine, en violence et en sauvagerie des guerres qui n’en demandaient pas tant et transformer des conflits locaux en problèmes planétaires insolubles. On sait à quel point la oumma est importante pour eux, supérieure même aux nations. Ce n’est pas nous, qui laissons sans réagir les chrétiens se faire massacrer dans tous les pays musulmans, qui allons critiquer cette fidélité à la communauté.

La seconde sera l’excellent exemple que nous leur aurons donné en Syrie. Puisque nous nous autorisons à les « punir » démocratiquement quand ça nous arrange, pourquoi ne nous « puniraient-ils » pas chariatesquement quand ça les arrange, eux ? S’ils n’ont ni légalité ni légitimité pour le faire, nous n’en avons pas plus et ça ne nous empêche pas de le faire quand même.

La France n’est plus une grande puissance qui impose le respect, chez elle et sur la scène internationale. Elle n’est plus qu’un pays en cours d’islamisation et de clochardisation avancées et ses dirigeants sont d’une telle nullité qu’ils font rigoler le monde entier. Les charognards qui paradent déjà chez nous en toute impunité (et les duettistes fous Taubira-Valls vont sous peu nous faire atteindre des records mondiaux en la matière), ont montré la voie à tous ceux qui, à l’extérieur de nos frontières, nous reluquent en salivant à l’avance. Bientôt la France ne sera plus qu’une proie, un butin à saisir, et ce sera la curée.

Sergent Pepère et sa bande de nazes ont-ils pensé à ce retour de bâton probable et ont-ils songé à protéger les Français contre cette barbarie annoncée ? Mais peut-être s’en foutent-ils comme de leur premier mensonge ?

Michel Tonarelli

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