Le bon et le mauvais libéralisme, comme le bon et le mauvais cholestérol ?

Publié le 9 novembre 2018 - par - 15 commentaires - 417 vues
Share

Pendant 70 ans et depuis la chute du mur de Berlin, des milliers de politologues de par le monde ont planché sur le pourquoi et le comment du communisme. Certains d’entre eux, comme Soljenitsyne, ont pu démontrer les causes de cette idéologie (à l’origine de plus de 100 millions de morts au XXe siècle) qui ne garde des adeptes que dans quelques pays comme la France et la Corée du Nord…

Depuis 1990, nous assistons donc au règne sans partage du libéralisme et de son corollaire, la mondialisation (notons au passage que le mot capitaliste a disparu des écrans radars, car sans doute trop connoté politiquement…).

Mais, en fin de compte, prenons un peu de recul ; pour vivre avec lui d’une manière permanente et incessante, comment décrire l’essence du libéralisme et quels sont ses éléments constitutifs ?

Le libéralisme est avant tout une conception de l’Homme, une anthropologie, selon laquelle rien n’existe au-dessus de l’être réel, si ce n’est l’être singulier qui n’a pour objectif unique que la satisfaction de son intérêt économique, personnel et individuel.
Dans ce système, l’individu précède la société et ce, en contradiction directe avec la formule d’Aristote qui constate la sociabilité naturelle de l’Homme.

Foin, donc, des structures sociales intermédiaires, telles que la famille, la lignée, l’État, la Nation, la religion, la communauté villageoise, l’Histoire, qui ont façonné notre univers depuis la nuit des temps. L’individu règne seul en maître sans aucunes attaches extérieures à sa personne.

Comment s’étonner, dès lors, que nos sociétés modernes, qui se vantent d’être libérales, subissent chaque jour des dommages psychologiques immenses au sein de leurs populations qui voient le suicide comme la première cause de mortalité dans la classe d’âge 18-25 ans en France ?

L’individualisme, voilà le mal absolu à l’origine de tous nos maux. Il ronge nos sociétés, délite le lien social, abrutit les masses et perd les esprits qui se raccrochent à de nouvelles religiosités malfaisantes et aliénantes.
Le libéralisme, c’est aussi et surtout un recul incessant des limites, des frontières, qu’elles soient physiques, matérielles, morales, religieuses, biologiques ou philosophiques, qu’il veut repousser toujours plus loin pour les besoins du marché, mais sans le dire, en utilisant comme paravent les droits de l’homme et l’idéologie du progrès, sans lesquels rien n ‘est possible.

Le libéralisme est gourmand, il est même glouton. Il agit comme un ogre qui mange, digère et transforme tout en marchandise, y compris la charité qui n’a pas lieu d’être dans un système marchand ! (cf. Les Restos du cœur)
En fin de compte, le libéralisme est un système globalisant qui, tout comme le communisme à son époque, recouvre l’intégralité de la vie de nos concitoyens, de leur naissance à leur mort, avec les goulags en moins, ce qui peut s’apprécier comme un « progrès »ou non, car il opère en toute discrétion et n’éveille pas la réaction des masses.

La PMA, la GPA, le transhumanisme, l’immigrationnisme, le lobby LGBT, l’euthanasie et, en fin de compte, toutes les questions sociétales mises au jour en ce moment par nos gouvernements ne sont que l’autre face du libéralisme économique, comme le souligne le grand spécialiste du sujet, Jean-Claude Michéa, en parlant de libéralisme « libertaire » ou sociétal.
Oui, Mesdames et Messieurs, le libéralisme, tout comme le communisme, veut changer l’Homme, tout comme Google aujourd’hui qui veut créer un homme nouveau, « augmenté » pour les riches, sans nous dire ce que l’on fera des autres individus…

En fin de compte, le libéralisme est un tout indissociable. Il n’y a pas le bon libéralisme d’un côté et le mauvais de l’autre, « l’ultra-libéralisme » invoqué de bonne foi pour fustiger les excès de cette doctrine. Il est notre nouvel ennemi aujourd’hui, car il veut transformer l’Homme en marchandise, le « réifier », pour reprendre l’expression que Karl Marx utilisait il y a plus d »un siècle.
Cet opposant avance masqué, sans bruit, en travaillant sur notre inconscient et sur notre pulsion de plaisir liée à la consommation. Le marketing et le système médiatico-politico-financier sont ses plus vaillants alliés.

S’affirmer libéral aujourd’hui et se prétendre attaché à la liberté est un oxymore. C’est, sans le savoir, identique au fait d’être stalinien dans les années 80 à Saint-Germain : une folie et surtout une arme de destruction massive contre notre civilisation.
Si nous ne voulons pas connaître un nouveau totalitarisme, « libéral » cette fois-ci, alors défendons-nous et battons-nous de toutes nos forces pour continuer à exister dans la dignité et la liberté que le libéralisme nous refuse chaque jour un peu plus.

Nicolas Faure

Print Friendly, PDF & Email
Share

15 réponses à “Le bon et le mauvais libéralisme, comme le bon et le mauvais cholestérol ?”

  1. Spipou dit :

    Il paraît que le mauvais cholestérol serait une erreur scientifique…

  2. Nicolasbruno dit :

    Encore une analyse procédant d une méconnaissance totale de ce qu est le libéralisme. Le libéralisme s appuie au contraire sur les solidarités naturelles pour commercer et vivre libre en opposition avec le socialisme qui ne voit qu en l Etat l organe permettant le vivre ensemble. L Union européenne et à plus petite échelle la France ont choisi le socialisme en réduisant les libertés des peuples au profit d organes de pouvoirs technocratiques. C est la gauche qui évoque le libéralisme pour cacher leurs échecs. Enfin, la liberté des échanges n a pas comme corollaire l ouverture des frontières aux hommes. En l occurrence on voit que celle-ci réduit les solidarités naturelles et induit à l intensification des solutions socialistes. C est en cela que l Islam est un allié objectif de la gauche

    • Nicolas dit :

      Le libéralisme se base sur l’individualisme qui ne reconnaît rien de supérieur à l’être singulier et nie même le caractère social de l’homme en opposition à la théorie Aristotelicienne.

      • Gally dit :

        https://www.wikiberal.org/wiki/Libéralisme
        Bien loin de ce que vous croyez savoir…

      • Gally dit :

        En cherchant un peu par vous même, au lieu de réciter les poncifs que des socialos ont écrit pour vous, vous auriez facilement trouvé cela :

        Erreurs courantes
        L’individualisme libéral ne nie pas la nature sociale de l’homme, comme le prétend parfois le collectivisme. […] Le libéralisme ne fait pas primer l’individu sur la « société », puisque cette société est précisément constituée d’individus ; il s’oppose simplement à une forme d’organisation coercitive de cet<te société, qui ne respecte pas les droits individuels."

        Mais bon, c’est sur que c’est un peu plus complexe à appréhender que la caricature binaire qu’en fait votre classe politique pour vous faire prendre vos chaines pour une liberté (et a visiblement réussi, tant vous vous évertuez à défendre lesdites chaines)

    • Gally dit :

      Le hasard fait que je reçois pour quelques jours, depuis les USA, un ami qui est un authentique libéral, pur sucre (libéral conservateur, grand supporter de Trump et considérant sa « guerre commerciale » [dixit les crétins à 2 neurones qui pontifient dans la presse française] comme une simple évidence)

      Je lui ai parlé de cet article et de ses poncifs : sa réponse spontanée a été « c’est n’importe quoi, les sociétés avancées et leurs cultures forment les bases du capital humain, capital sans lequel la liberté ne peut pas exister »

      Par contre, le portrait que l’auteur fait du libéralisme colle parfaitement à une toute autre école de pensée : le gramscisme. (Gramsci, fondateur du PC italien en 1922, qui a théorisé comment détruire une société en l’atomisant en demandes individuelles type LGBT)

      • Lorong dit :

        Un libéral conservateur n’est pas un authentique libéral.

        • Gally dit :

          Attention, le maitre en libéralisme a parlé, écoutez le pauvres imbéciles incultes ! Lui, le maitre à penser du libéralisme, sait mieux que quiconque qui est libéral et qui ne l’est pas !

          Imbécile…

  3. jobig dit :

    Merci pour cette excellente synthèse. Hlas, tout est dit !

  4. DUFAITREZ dit :

    Sujet de thèse…
    Attention ! Ne pas confondre Libéralisme et Libertarisme…
    « L’Illibéralisme » Orbanien tente de remettre les choses en place.

  5. Lorong dit :

    L’auteur n’a rien compris au libéralisme, doctrine juridique et non économique comme peut l’être le capitalisme. Le libéralisme est donc une doctrine des relations autorité politique-individu, qui posite que l’Etat ne peut agir que pour protéger les droits individuels. Il n’est pas marchand: il ne fait aucune distinction entre ce qui est pour le profit (entreprise) ou non (association). Le libéralisme ne rejette pas les structures sociales, il est neutre. Le libéral préfère les Restos du Coeur aux impôts.
    Le libéralisme est la philosophie qui a fait du peuple français catholique pro-esclavage, pro-censure, anti liberté religieuse au XVIIIème siècle un peuple anti-esclavage, pro-liberté d’expression et pro-liberté religieuse au XIXème.

    Pire que votre ignorance crass, votre pédanterie;

  6. lafronde dit :

    Un jour, je devrais écrire un « éloge du Libéralisme » et le proposer à RL ! Le Libéralisme ne « veut » rien. Il n’est pas un régime ou un camp politique. Il est l’ensemble des solutions les moins conflictuelles trouvées par l’expérience des hommes. Le commerce : échange volontaire. La propriété privée : protection des fruits de son travail. La Liberté : pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui. L’Egalité en droits : pas d’ordre social fondée sur des privilèges. Sûreté : droit de former milice pour se défendre. Le régime actuel ne garantit AUCUNS de ces droits fondamentaux ! C’est un régime de politiciens clientélistes, menteurs, pilleurs et traîtres. Il est tout sauf libéral ! Les droits-créances qu’il distribue aux étrangers en font même un Communisme colonial !

    • Gally dit :

      Ca nous changera des auteurs qui n’ont visiblement lu aucuns des grands auteurs du libéralisme et nous cite un socialiste libertaire (libertaire et libéral n’ont rien à voir ensemble) comme étant un « grand spécialiste du sujet » : cela revient à demander à Macron et Mélenchon de vous expliquer le patriotisme… La perle de l’article est probablement cela « le libéralisme est un tout indissociable » : hilarant de bêtise et d’ignorance (il existe au bas mot une vingtaine de courants dans le libéralisme, férocement opposées sur de nombreux points)

      Quand on pense que les premiers (si pas les plus grands) penseurs du libéralisme étaient français, on est confondu de lire de telles âneries sur un média défendant (entre autre) la culture française : Montesquieu doit se retourner dans sa tombe…

  7. Pascal Olivier dit :

    La comparaison avec les totalitarismes d’antan est limitée voire assez peu pertinente. Pasolini dans « Écrits corsaires » montrait comment le totalitarisme fasciste par exemple n’avait pas changé l’âme des Italiens, Italiens qui malgré tout demeuraient semblables à leurs aïeux. Par la suite, en revanche, la « société de consommation » avait profondément modifié leur âme.

    Il en va de même pour le totalitarisme prétendument communiste. Les peuples qui ont subi son joug ne sont pas aussi aliénés que ceux qui ont subi le « soft power » de l’hégémon de la mondialisation libérale. Il suffit de voir ce qu’est devenu le magnifique peuple de résistants que sont les Grecs après 70 ans de ce traitement…

  8. Pascal Olivier dit :

    La comparaison avec les totalitarismes d’antan est limité voire assez peu pertinente. Pasolini dans « Écrits corsaires » montrait comment le totalitarisme fasciste par exemple n’avait pas changé l’âme des Italiens, Italiens qui malgré tout demeuraient semblables à leurs ailleux. En revanche ce qu’on appelait à l’époque (décennie 70) « société de consommation » avait profondément modifié l’âme des Italiens.

    Il en va de même pour le totalitarisme prétendument communiste. Les peuples qui ont subi son joug ne sont pas aussi alliénés que ceux qui ont subi le « soft power » de l’hégémon de la mondialisation libérale. Il suffit de voir ce qu’est devenu le magnifique peuple de résistants que sont les Grecs après 70 ans de ce traitement.