Le bordel grec et le mega-bordel européen

Publié le 3 novembre 2011 - par - 930 vues
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Le film qui se déroule en ce moment sur la scène mondialo-cannoise vaut bien d’être appelé un méga bordel européen. Je connais bien la Grèce et donc les grecs pour y avoir vécu de nombreuses années. Si bien à Hydra, ou mes parents avaient une maison lorsque j’étais enfant, que sur l’Ile d’Ithaque ou j’étais missionnée pour y monter un événement culturel, qu’à Kalamata, ou je fus pour la seconde fois missionnée, cette fois pour un projet de développement économique. J’y compte des amis chers et connais parfaitement le fonctionnement de la classe politique, économique et religieuse. J’ai connu personnellement le prédécesseur du Président de la République actuel, Costis Stephanopoulos.

Tout cela rassemblé, forme un bordel incompréhensible au commun des mortels, dans lequel il faut s’y retrouver. En clair, la Grèce est un pays incontrôlable, en laquelle se trouve toujours une violence politique latente prête à exploser. Sans parler de la corruption qui est érigée au niveau d’un sport national. Loin sont les temps de ceux qui fondèrent notre civilisation. L’occupation turque est passée par là. Il me semble que la Grèce fut pervertie par cette funeste occupation. Sauf la Magne, qui ne s’en ai jamais laissé compter. Les Turcs n’ont jamais réussis à l’envahir. La Magne, ou Mani pour les Grecs, c’est une région montagneuse du sud Péloponnèse, dont la capitale est Kalamata. Une des plus belle du pays pour moi. Les hommes y sont rudes et fiers, souvent le regard bleu turquoise…. Cependant que ce soit à Mani ou sur tout le territoire grec, les Grecs ont su préserver leur langue, malgré l’interdiction turque. Toujours au péril de leurs vies. Ce sont les popes qui réussirent cet exploit. Comme quoi, les représentants religieux sont parfois de farouches résistants. En tout cas, ceux là. Depuis le retrait des Turcs, suite à une guerre d’indépendance en 1830, la vie politique a toujours été instable jusqu’à aujourd’hui. Georges Papadreou père était déjà dans le gouvernement de Elefterios Venizelos début des années 60. Mais, je ne veux pas refaire l’histoire, ce n’est ni ma mission, ni ma profession. C’est simplement pour dire que ces Grecs contemporains avec leur bordel et leur fierté blessée par les partenaires de l’eurozone, pourraient bien avoir enfin mis en lumière les dysfonctionnements criants de l’UE et sa technocratie funeste. Oui, Georges Papandréou fils, appelant à un référendum nous rappelle que la construction européenne s’est édifié par des technocrates et majoritairement sans le consentement des citoyens. Même si son initiative fut celle de la panique, elle prouve que finalement, la voix du peuple sera la bonne en dernier ressort. C’est agaçant que jamais un de ces leaders ne dise avec courage: « Je ne sais pas, je ne sais plus. Venez à mon aide.! Au lieu de cela, jamais dans le doute, sûr d’eux mêmes, arrogants, ils persistent à nous mener en enfer. Il est temps que cela change et vite, c’est le message que cette navrante histoire nous laisse. Un mal pour un bien dit-on plein d’espoir. Il est urgent que les euroleaders changent l’UE en une confédération de pays, comme en Suisse, tout en gardant l’euro. C’est le fonctionnement de la confédération Suisse qui devrait désormais inspirer nos chefs d’états. Ainsi, la participation des citoyens sera requise. Nous n’avons pas besoin d’être protégés, comme nous le susurre Sarkozy de manière onctueuse, nous voulons participer en acteurs éclairés.

Sylvia Bourdon

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