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Le calvaire de la femme et… le calvaire de l'homme


Harvey Weinstein vient d’être jugé coupable pour deux agressions sexuelles et c’est vraiment très bien. Le ténor espagnol Placido Domingo, accusé de harcèlement sexuel avoue et demande pardon et c’est vraiment très bien. Dans le milieu sportif, les femmes commencent à parler et c’est vraiment très bien. Bon Dieu ! Il en aura fallu des millénaires et des millénaires d’attente pour qu’enfin la justice prenne en compte le calvaire de la femme face à cette brute qu’on appelle l’homme qui est toujours prêt à la sauter oubliant qu’il a éclos du ventre d’une femme !
À propos du bon Dieu justement, voilà ce qu’on peut lire respectivement au chapitre 1, 1-31 et au chapitre 2, 1-4 de la Genèse s’agissant de la création : « Dieu examina tout ce qu’il avait fait :  c’était éminemment bien » et « Dieu bénit le septième jour et le proclama saint, parce qu’en ce jour il se reposa de l’œuvre entière qu’il avait produite et organisée ». Et bien celui-là, on peut dire qu’il n’a pas de complexe. Il bosse pendant 6 jours et il est crevé lui. Et puis, faire le monde en seulement 6 jours, pardon mais cela ne peut être qu’un boulot bâclé. La preuve, c’est que quelque temps plus tard, il extermine les hommes avec le Déluge tout en épargnant Noé. Cela a bien servi à grand chose, tiens, de tous les bousiller ! comme si les hommes avaient changé depuis. C’est bien la preuve, nom d’une pipe ! que sa création a été mal faite. Et cela vaut pour les relations entre femmes et hommes…
La femme pour l’homme, c’est le saisissement bien trop fugace d’un moment de paradis. Ou plutôt, la femme, c’est une illusion de paradis. « Femme, ange mortel, création divine, seul rayon dont la vie un moment s’illumine » comme l’a si bien dit Lamartine. Ce sont les cieux que l’homme veut approcher avec cette fièvre obsessionnelle à vouloir pénétrer la femme quasiment constamment. La femme, c’est sa tour de Babel. Et c’est là justement où Dieu a encore échoué. Posons-nous la question : quand la femme est enfin consentante, combien de fois l’homme auparavant l’a désirée ? 10 fois ? 20 fois ? 100 fois ? Cela dépend bien sûr de la femme. Je sais qu’il existe des nymphomanes. C’est là que demeure la faute impardonnable de Dieu : cette différence phénoménale dans l’intensité du désir entre femmes et hommes. C’est cela qui explique les harcèlements sexuels et les viols, même si évidemment, je sais parfaitement qu’il est des hommes qui sont des obsédés sexuels, des malades.
Pourquoi Dieu alors n’a t-il pas établi pour l’homme et la femme, comme il l’a fait pour les animaux, des périodes propices à l’accouplement ? Des périodes où la femme aurait été en chaleur ? Les couples se seraient accouplés alors avec frénésie, passion et bonheur, chacun des conjoints ayant alors un appétit identique ? Et ainsi, en dehors de ces périodes, aurait régné la tranquillité entre les deux sexes. Adieu, le harcèlement de la femme, adieu les viols. Certains m’objecteront à juste titre que quand la femelle est en chaleur… il y a compétition entre plusieurs mâles. L’institution du mariage aurait pris toute sa valeur car le mariage, c’est l’intimité du couple. Et puis, osons être un tantinet musulman : lorsqu’elle eût été en chaleur, l’homme l’aurait contrainte à ne pas sortir du foyer familial. Pardonnez-moi ce machisme, chères lectrices. C’est pourquoi je m’empresse d’ajouter que, si Dieu avait été perfectionniste, il aurait fait en sorte que la femme, consciente d’être exposée, consciente donc de sa vulnérabilité, d’elle-même, serait restée à la maison.
Quand je pense que c’est moi, petit homme insignifiant, qui a eu l’idée de cette magnifique logique de paix et d’amour universel, c’est à désespérer de l’Éternel.
Philippe Arnon