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Le candidat de la semaine : Alain Verdin (Poitiers)

alainverdinRiposte Laïque : Peux-tu d’abord te présenter à nos lecteurs ? Quel est ton parcours, professionnel et politique ?

Alain Verdin : J’ai 60 ans. Ancien cadre retraité de la Police Nationale, je suis diplômé d’état dans divers domaines de la sécurité publique : Moniteur national de tir, armurier des services, moniteur de sport, formateur du personnel des services actifs de la Police Nationale. J’ai servi dans les Compagnies Républicaines de Sécurité (CRS) et plusieurs Commissariats de Police Urbaine, notamment à Poitiers, pendant une période de 17 ans. C’est au cours de ces années de service à Poitiers que j’ai appris à connaître Poitiers et les Poitevins.

J’ai rejoint le Front National fin 2012 après avoir milité à l’UMP, puis à Debout La République, mouvement pour lequel j’ai été candidat à plusieurs reprises, notamment en 2010 pour les européennes, en 2011 pour les cantonales et en 2012 pour les législatives. J’occupe depuis l’automne 2013 les fonctions de Secrétaire Départemental du Front National dans la Vienne.

Riposte Laïque : Au-delà d’avoir arrêté les arabes, il y a fort longtemps, quelles sont les caractéristiques de Poitiers ?

Alain Verdin : Poitiers fut un temps un sanctuaire en matière de délinquance et de criminalité. Force est de constater que ce n’est plus le cas aujourd’hui. Nous ne sommes encore ni à Marseille, ni à Grenoble, mais l’augmentation des faits de violence est palpable et c’est pourquoi il vaut mieux prévenir que guérir. Mon programme se propose d’oeuvrer en ce sens. Economiquement, la ville est en déclin. Les grosses entreprises sont parties, et les PME souffrent. La ville comptant de nombreux fonctionnaires, c’est vers eux que s’oriente l’intérêt de la municipalité. Une ville ne peut toutefois pas vivre uniquement de l’administration. Sans production et sans commerce, elle se meurt. Enfin, Poitiers fait l’objet d’une recrudescence de l’immigration et du prosélytisme religieux, comme toutes les communes de France. Dans certains quartiers, notamment la ZUP ou les Trois-Cités, on ne parle plus le français.

Riposte Laïque : Quelles sont les listes en présence ?

Alain Verdin : Ca fait 37 ans que le PS règne sans partage de façon hégémonique sur Poitiers. A gauche, le maire sortant socialiste Alain Claeys, dauphin du maire précédent Jacques Santrot, remet son premier mandat en jeu. Son ancienne alliée Christiane Fraysse, jusqu’ici adjointe au maire, mène une liste verte/rouge composée de membres de EELV, du Parti de Gauche et du NPA. Une liste Lutte Ouvrière au discours désuet et fort éloigné des réalités poitevines est également conduite par Ludovic Gaillard. A droite, l’UMP Jacqueline Daigre et l’UDI Eric Duboc devaient former une liste commune. Des luttes d’égo les ont toutefois conduits à présenter deux listes distinctes, Duboc supportant mal son éviction en tête de liste par Jacqueline Daigre. Cette dernière conduit donc la liste officielle UMP/UDI, et Duboc se présente en qualité de « centriste dissident », si tant est qu’on puisse être dissident d’un mouvement qui ne sait pas où il va. Enfin, ma liste Rassemblement Bleu Marine/Front National complète le paysage. C’est la première fois qu’à Poitiers une liste FN se présente aux municipales.

Riposte Laïque : Constituer ta liste a-t-il été difficile ? As-tu été confronté à quelques coups bas de la municipalité, ou d’un journal local comme La Nouvelle République ?

Alain Verdin : Constituer une liste FN est toujours un challenge. Les convaincus ne manquent pas, mais les pressions sont telles que les potentiels candidats craignent souvent de s’engager, eu égard notamment à leur emploi, bien que la loi soit censée garantir la liberté d’opinion contre tout type de discrimination. Mais j’ai mené à bien cette tâche ; c’est déjà une première satisfaction pour moi, et une belle épine dans le pied de mes concurrents qui ne pensaient pas que ma liste verrait le jour.

Mis à part quelques journalistes qui ont fait leur travail honnêtement, la presse locale nous a été particulièrement défavorable tout au long de la campagne. La Nouvelle République comme Centre-Presse. Le militantisme a indéniablement pris le pas sur le journalisme, parfois à la limite de la diffamation. Le dernier article en date de Centre-Presse, publié lundi, est caricatural de parti-pris et est en soi un cas d’école. Nous avons même assisté, lors d’un article concernant la venue de Marine Le Pen à Poitiers, à la conclusion de l’article offerte au candidat sortant, vantant lui-même ses propres mérites au travers des « valeurs de la République » dans un discours abscons et manichéen. La collusion entre la presse locale et les candidats du système a au moins le mérite d’être claire ! Quant à ma liste, les 53 noms ont été livrés sans vergogne en pâture dans la presse le lendemain de leur officialisation à la Préfecture, alors que j’avais promis de la présenter quelques jours plus tard. Chacun jugera des méthodes…

Riposte Laïque : Que reproches-tu principalement à la municipalité socialiste sortante ?

Alain Verdin : L’éventail est large ! Alain Claeys a beau se complaire dans l’autosatisfaction, ses dépenses somptuaires ont vu la dette exploser en 6 ans de 93 à 115 millions d’euros, pour des résultats dont les Poitevins ne cessent de se plaindre. Le centre-ville s’est vu mourir peu à peu. Le plan de circulation a banni l’auto du centre-ville. Même le nouveau viaduc payé par tous les contribuables, dont les automobilistes, est interdit à la circulation alors qu’il débouche sur un parking ! Par conséquent, les commerces ferment les uns après les autres. En matière d’insécurité, les actes de délinquance et de criminalité ont explosé sans que l’équipe au pouvoir, partisane de la culture systématique de l’excuse, ne s’en émeuve. Dans certains quartiers, le deal de stupéfiants s’opère même au grand jour. Claeys, quand il ne dépense pas l’argent des Poitevins à tort et à travers selon son bon vouloir, préfère faire la chasse aux automobilistes qu’aux voyous ! Il est grand temps de mettre de l’ordre dans cette gestion calamiteuse !

Riposte Laïque : Quels sont les grands axes de ta campagne ?

Alain Verdin : Sécurité, dépenses publiques et emploi sont les piliers porteurs de mon projet. En matière de sécurité, je souhaite réhabiliter la police municipale, la dotant de véritables missions d’intervention et d’interpellation tout en encourageant la formation continue. Je veux par ailleurs réduire drastiquement les dépenses publiques, afin de ne pas augmenter les impôts. Trop d’associations qui ne sont pas d’utilité publiques sont engraissées par le contribuable. Et les grands travaux pharaoniques doivent cesser tant que nous ne serons pas parvenus à l’équilibre budgétaire. S’endetter sur le dos des habitants pour continuer à dépenser démesurément a contribué à la ruine de la France. Je me propose de donner l’exemple inverse à Poitiers. En matière d’emploi, enfin, je souhaite limiter la fiscalité aux nouvelles entreprises en créant le CDE, le Contrat de Défiscalisation pour les Entreprises. Moyennant une fiscalité très allégée encouragée par la baisse de la CFE sur des zones franches, je veux inciter les entrepreneurs à revenir à Poitiers, et créer des emplois, donc de la croissance. Ca fait des mois que je communique sur le CDE, mais aucun journaliste n’a eu la curiosité de m’interroger à ce sujet. Les bus gratuits de Mme Daigre, le téléphérique de M. Duboc ou le bus à haut niveau de service de M. Claeys ont sans doute plus intéressé la presse !

Riposte Laïque : Es-tu prêt à des alliances pour le deuxième tour, pour faire tomber la municipalité sortante ?

Alain Verdin : Le RBM a rédigé une charte comportant 10 points non négociables. Si cette charte est admise par telle ou telle liste, nous serons en mesure de demander à Nanterre l’accord d’envisager des discussions. Je ne suis a priori fermé à aucun dialogue. Au contraire, je souhaite rassembler les Poitevins au delà des clivages imposés. C’est cet esprit de rassemblement auquel je crois qui me fait penser que nous serons bien au second tour de l’élection. Ensuite, je n’ai rien contre l’idée de parler avec les candidats, en tenant compte de la charte du RBM. Je doute toutefois que Mme Daigre ou M. Duboc souhaitent en faire de même. Il est très probable que leurs listes finiront par fusionner au 2nd tour. Mais l’état d’esprit latent à l’UMP/UDI étant ce qu’il est, aucun des deux ne m’approchera. Ce qui démontrera qu’en fin de compte, ils ne souhaitent pas gagner, mais juste s’installer à la mairie dans un siège d’opposition bien confortable et laisser la victoire à Claeys. Je préfère m’adresser directement aux électeurs, car ils sont les vrais acteurs de la cité. C’est eux qui sauront comprendre que leur intérêt réside dans le rassemblement au delà du bipartisme, pour contrecarrer l’intérêt personnel des têtes de liste siamoises de l’UMP/UDI et du PS.

Propos recueillis par Pierre Cassen