Le capital, seul espoir de Cuba

Publié le 22 juin 2017 - par - 7 commentaires - 360 vues
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En 1959, à Cuba, lorsque Fidel Castro renverse le gouvernement mafieux de Fulgencio Batista, il est nationaliste, anticommuniste même (parti « orthodoxe »). Sa première épouse est la propre sœur du ministre de l’Intérieur de Batista. Mais la CIA et la pègre de Miami, qui soutenaient la dictature Batista, cherchant à tout prix à le perdre, il doit demander l’appui des Soviétiques pour ne pas être renversé et finir pendu. Castro construit alors le mythe du gauchiste révolutionnaire, il nationalise les sociétés américaines, taxe les importations. Washington impose, sous la présidence de John F. Kennedy, un embargo économique complet à La Havane. En 1961, la CIA monte une opération armée pour chasser Castro du pouvoir. Le masque tombe, la démocratie ne veut rien dire à quelques miles des côtes de Floride…
L’échec (voulu?) de cette opération de la Baie des Cochons pousse définitivement les Cubains dans les bras de Moscou, cristallise la guerre froide. L’Union soviétique installe, en secret, des rampes de lancement de missiles nucléaires sur l’île. Quand, en octobre 1962, les Américains s’en rendent compte, le monde frôle une guerre nucléaire.
Finalement, Nikita Khrouchtchev accepte de retirer les missiles soviétiques de Cuba en échange du retrait des missiles nucléaires américains en Turquie. Tout cela se passe bien au-dessus des intérêts des Cubains.

Pendant cinquante ans, les gouvernants américains vont punir les Cubains, plus longtemps que n’importe quel autre pays. Ronald Reagan qualifie Cuba « d’État parrain du terrorisme », George H.W. Bush et Bill Clinton renforcent les sanctions américaines. L’embargo américain à coûté à la population cubaine 126 milliards de dollars. Les dirigeants castristes trouvent toujours les moyens de s’approvisionner. Les Cubains souffrent, mais serrent les dents, résistant aux « gringos » plus qu’à la dictature castriste. Washington veut éliminer les Castro pour lever l’embargo. La population acclame Fidel.

Barack Obama a enfin permis aux Cubano-américains d’envoyer de l’argent à Cuba et aux citoyens américains de se rendre sur l’île. À La Havane, face à une population vieillissante, une dette extérieure et des difficultés économiques colossales, le gouvernement, en 2009, a été obligé d’entamer des réformes, libéralisant timidement le secteur agricole, les petites entreprises et le marché immobilier. Le nombre de travailleurs indépendants a presque triplé entre 2009 et 2013.

En 2014, après 18 mois de tractations secrètes sous l’égide du pape François, Washington et La Havane rouvrent des ambassades, échangent des prisonniers. L’administration Obama assouplit les restrictions de voyage et de commerce, retire Cuba de la liste des sponsors du terrorisme. Au début de 2016, le président Obama visite La Havane. C’est le premier voyage d’un président américain depuis Calvin Coolidge, en 1928. Les compagnies aériennes américaines ont rouvert des lignes entre les deux pays, pour la première fois depuis plus de cinquante ans.

 

En janvier 2017, pour plaire au gouvernement de La Havane, le président Obama a abrogé la politique dite «Wet foot, dry foot » qui, depuis 1995, accueillait automatiquement les réfugiés cubains qui parvenaient à atteindre les États-Unis, même illégalement. Dorénavant, ils sont reconduits auprès des autorités cubaines. Le président Obama a semblé oublier que, la même année, le régime cubain procédait à 9 940 détentions arbitraires. Les Cubains ne semblent, décidément, jamais au centre des préoccupations des occupants de la Maison-Blanche…
La fin de l’embargo favoriserait, probablement, la libéralisation du régime, ne serait-ce qu’en court-circuitant les mafias actuelles, liées aux dirigeants. L’opinion publique américaine même veut que les relations entre les États-Unis et Cuba soient normalisées, ne serait-ce que pour reprendre le chemin des plages cubaines ou fumer de vrais cigares. Mais les législateurs républicains assènent que le régime castriste doit être abattu avant que Washington ne lève les sanctions. C’est pourquoi le président Trump a annoncé, lors d’une visite à Miami, fief du lobby anti-castriste, en juin 2017, qu’il rétablirait les restrictions sur les voyages et le commerce. Le président a, notamment, déclaré que les sanctions américaines ne seraient levées que quand Cuba aura libéré tous ses prisonniers politiques. Les prisonniers de la base militaire américaine de Guantanamo, dans le sud-est de Cuba, justement, apprécieront l’humour de Washington…

Le dernier espoir pour le peuple cubain vient, paradoxalement, du capital : de nombreuses entreprises américaines, dont Google, Airbnb et Starwood Hotels & Resorts, ont investi massivement à Cuba après le réchauffement des relations diplomatiques, sous l’ère Obama. Cuba peut compter sur ces puissants lobbies pour peser de tout leur poids sur les politiciens américains et garantir que leurs investissements seront bien protégés à Cuba.

William Kergroach

http://williamkergroach.blogspot.fr/

 

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Notifiez de
Mémé 68

Je suis allé à Cuba 2 fois (en 1998 et en 2010). A Cuba, il n’y a que deux sortes de cubains : les convaincus et les résignés et ça n’est pas une question d’âge mais de survie !
Les autres ont fichu le camp depuis longtemps ou rêvent de le faire…

Yves ESSYLU

Encore une belle réussite du marxisme, il faut vraiment être un débile profond pour promouvoir cette idéologie de traitres

Patrice de Marseille

Pour William (Patrice de Marseille)

Le point central du Marxisme est constitué par la “grande loi de l’histoire” ou “la prophétie de Marx qui n’est qu’en définitive le “passage dialectique” du capitalisme au communisme. Cette loi comporte 3 temps culminants.
1) l’humanité du communisme primitif (caractère rudimentaire de la technique et inexistence de la “division du travail” ce qui donne un communisme “négatif”, “pauvre”, “vide”, un peu comme “l’idée” de la logique de Hegel. Pour s’enrichir, pour passer du vide au plein, cette humanité doit s’aliéner, se perdre, de même que l’idée de la logique (qui est la servante de la philosophie) avant de parvenir à la richesse de l’Esprit Absolu, doit passer par toutes les phases de la nature et l’histoire.

Patrice de Marseille

3) Le 3ème temps de la dialectique communiste est celui de la négation de la négation, lorsque le prolétariat armé de la théorie révolutionnaire et du socialisme scientifique entreprend sa “libération” face aux “bourgeois”, élites ramollies à cause des effets de la révolution antichrétienne (Renaissance, Réforme, Révolution). Marx dans son célèbre Manifeste de 1844 écrira:” Le communisme est à la fois la solution de l’énigme de l’histoire et la conscience d’être cette solution”… Bilan 150 millions de victimes….

Yves ESSYLU

Bref une idéologie contre nature qui cumule les morts

Patrice de Marseille

2) l’humanité dont l’essence est constituée par le travail social , s’aliène ou se perd par la propriété privée des moyens de production (sa fameuse inversion de “l’idée”- chez Hegel l’Esprit à la primauté- dans l’économico-social) , c’est une gnose perverse et révolutionnaire, christianisme gnostique, facteur de dissolution sociale qui lui servira de support pour établir son communisme athée et celui de la toxine rouge Oulianov. Processus de 3 grands moments d’affirmation (ici, c’est le 2ème) de négation et de négation de la négation. C’est le 3ème archétype de l’Art Royal que décrit V.Volkoff dans “Le Montage” : “Le fil de fer tordu” en créant 2 camps irréconciliables (Bourgeois/prolétaires):

Gyl

Bon article réaliste.

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