Le CCIF ose se prétendre représentant de la Nation… pour mieux y imposer l’islam

Publié le 2 novembre 2012 - par - 1 965 vues
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« Nous sommes aussi la nation »,  voici le slogan porteur de la récente campagne de communication lancée par le Collectif contre l’Islamophobie en France (C.C.I.F).

http://www.noussommeslanation.fr/

La démarche est surprenante. Comme s’il suffisait d’exiger d’être d’un groupe pour y appartenir. De toute évidence le CCIF fait fausse route. En éclairant  sa demande à l’aide d’un affichage publicitaire il ne fait qu’affirmer l’inverse de ce qu’il demande.

Etre d’une Nation ne résulte pas d’une injonction, d’une imploration ou d’un marchandage. C’est la Nation qui reconnait l’individu comme un de ses membres et non l’inverse. Toute démarche aussi  incisive que celle mise en œuvre par le CCIF prend l’apparence d’une sorte de caprice inconvenant. En somme que fait le CCIF F si ce n’est d’exiger de la Nation une reconnaissance ? Comme s’il était possible à la Nation d’obéir à cette injonction. On ne peut rien exiger de la Nation, car appartenir à une Nation c’est en premier lieu exiger de soi et non du groupe.

Etre d’une nation c’est le résultat d’une démarche personnelle qui, quand elle aboutit, participe à la consolidation de la Nation. Il ne peut pas y avoir de démarche de groupe car la Nation s’exprime par l’individu et pour l’individu. Dans les états totalitaires où la notion de Nation est dévoyée et n’est que le paravent à l’asservissement ce sont les groupes qui sont portés en avant. En France nul  besoin d’être d’une ethnie, d’un groupe politique, culturel ou religieux pour se réclamer de la Nation.

Pour s’en convaincre il suffit de se repencher sur notre Histoire. Alors, à tous ceux qui estiment que d’être d’une Nation c’est un droit, une sorte d’obligation encadrée par une mécanique administrative il est nécessaire de leur dire qu’ils font fausse route. Les échecs des plaidoyers larmoyants plus ou moins bien construits ou orchestrés qui fleurissent de proche en proche ne font que prouver l’inutilité de ces démarches.  Les questions que doivent se poser les membres du CCIF devraient être les suivantes : Qu’est-ce qui fait obstacle à mon appartenance nationale ? Pourquoi n’ai-je pas le sentiment d’être de cette nation ? Est-ce qu’il existe une barrière entre moi et la Nation et, si cette barrière existe qui l’installe ?

C’est une erreur que de réduire la Nation à l’idée d’un bastion muni d’une porte dont l’ouverture serait à ce point sélective que des groupes s’en verraient refuser l’entrée.   Il  faut constater et admettre que nombre de ceux qui pensent rester en marge de la nation n’ont pas fait le moindre effort pour intégrer la Nation. Ils agitent leur passivité comme un sauf-conduit, un certificat de bonne vie et mœurs. Finalement leur volonté n’est pas de se fondre dans la Nation, mais que la Nation les incorpore. Bien entendu l’effort est à la charge de la Nation. Il n’est pas question pour eux d’abandonner les signes et les postures que la Nation refuse car ils sont incompatibles avec la notion même de liberté nationale. Il manque à tous ces faux-déçus de la nationalité une prise de conscience élémentaire mais néanmoins indispensable : Je suis de cette Nation car j’en  reconnais les règles et les méthodes de fonctionnement. Nul ne me force à cette reconnaissance, nul ne m’oblige à me déclarer d’une Nation. C’est un acte d’indépendance totale. Ce n’est en aucune façon une allégeance, mais il ne m’est pas possible de vouloir introduire dans la Nation des actes et des idées qui non seulement sont en opposition avec le concept de Nation, mais le combattent.

On est aussi la Nation quand on combat ceux qui la nient. Mohammed Merah – pour ne parler que de lui – assassin de sept personnes dont trois enfants luttait contre la Nation. L’impact de son geste réduit à néant la démarche du CCIF. Ou peut-on bien le placer dans la reprise du tableau « le serment du jeu de paume » ?  Est-ce lui qui pose sur la photo « une famille française » ? Dans la galerie de portrait qui a oublié d’ajouter photo anthropométrique ?

Le  CCIF en lançant cette communication doit espérer dans une amnésie de la Nation. C’est là un espoir inutile et dérisoire à l’image de la campagne « Nous sommes aussi la Nation ».

Pierre Thyde

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