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Le chant du loup : un film haletant, exceptionnel et français !

Je fais partie de ceux qui ont osé applaudir à la fin de ce film qui m’a laissé littéralement sur le flanc tellement le scénario m’a paru crédible dans cette histoire de marins un peu à part que sont les sous-mariniers naviguant sur les SNA ou SNLE.

Les films sur les sous-marins se comptent sur les doigts des deux mains et sont plutôt américains : je crois les avoir à peu près tous vus et dans l’ensemble ils sont plutôt bons.

Celui-là est exceptionnel et il est français ! Mais ce n’est pas là sa seule gloire.

Il est servi par une distribution d’acteurs assez improbables dans ce genre cinématographique (un film américain aurait sélectionné des « valeurs sûres ») mais qui s’en tirent plutôt bien dans des rôles où on ne les attendait pas : Reda Kateb, excellent acteur au jeu toujours sobre et même le surprenant Omar Sy habitué à des rôles infiniment plus légers. Dans la vraie vie ces acteurs « communautaires » n’auraient eu aucune chance de se retrouver commandants de sous-marins nucléaires mais, dans ce rôle, j’ai trouvé qu’ils « assuraient ».

Le jeune François Civil est pour moi le personnage central du film et paraît parfaitement crédible dans le rôle de « l’oreille d’or » chargée d’identifier les bruits de l’océan.

Les cinéphiles les moins militaristes d’entre nous devraient trouver leur compte au visionnage et surtout à l’écoute de ce film (la bande-son est extraordinaire) qui est tout sauf un film de propagande, même s’il est émaillé (surtout au début) de quelques scènes d’action destinées à introduire le propos.

Ce propos, c’est celui de la servitude et de la grandeur militaire qui mettent des soldats de France face à des responsabilités qui les dépassent et dont peuvent dépendre l’avenir du pays ainsi que la vie ou la mort de millions de leurs compatriotes.

On comprend mieux, dès lors, l’importance que peut avoir la dissuasion nucléaire face à toute menace dont le degré et l’origine peuvent être difficiles à évaluer et qui nécessite cependant une réaction immédiate lourde de conséquences, ce que démontre parfaitement cette œuvre qu’après coup je juge absolument nécessaire pour l’édification de nos concitoyens.

Voilà un film qui devrait faire l’objet d’une diffusion massive auprès des élèves des lycées et collèges de France et qui en ferait certainement plus pour leur éducation civique et morale que le ridicule « mini-service » du même métal envisagé par la Macronie !

Bien sûr, je ne vois pas les antinucléaires et les pacifistes « plutôt rouges (ou verts) que morts », qui sont nombreux dans l’enseignement public, applaudir des deux mains à ce genre d’initiative mais, après tout, on n’est pas obligé de leur demander leur avis…

Bernard Campan