Le chien de garde Askolovitch ramène la brebis égarée Badinter dans le troupeau

Publié le 5 octobre 2011 - par - 2 993 vues
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Élisabeth Badinter dit que seule Marine Le Pen défend la laïcité, et que la gauche appelle raciste quiconque ose aborder ce sujet ? C’en est trop ! La bien-pensance est en ébullition, on est au bord de l’implosion ! Si même des valeurs sûres disent du bien de la nouvelle présidente du Front national, où allons-nous ?

Le premier, le Grand Orient de France, présidé par le bien terne Guy Arcizet, est sorti de sa léthargie, et a commencé à tirer les oreilles de la philosophe, lui rappelant que le GODF faisait une conférence de temps en temps, et que des laïques plantaient  un arbre de la laïcité tous les 9 décembre !

http://www.godf.org/index.php/actualite/details/liens/position/nom/Prises-de-position/slug/reponse-a-elisabeth-badinter

Il fallait donc ramener au plus vite la brebis égarée Badinter dans le troupeau bêlant « Méchante Marine, Méchante Marine ! ». Ce fut le chien de garde, Askolovitch, aux états de service confirmés dans la bien-pensance médiatique, qui s’en chargea. Cela donna ce texte mémorable paru dans « Le Point » qui donnait à la philosophe la possibilité de faire repentance, et de promettre qu’elle ne redirait plus de pareilles bêtises.

http://www.lepoint.fr/chroniqueurs-du-point/claude-askolovitch/elisabeth-badinter-laique-mais-pas-mariniste-03-10-2011-1380318_417.php

Bien évidemment, nous avons eu beau rechercher des traces des propos de la philosophe,  nous n’en avons trouvé aucune. On peut donc penser, sans grand risque d’erreur, que l’échange fut verbal, en face-à-face ou au téléphone. On se représente bien Askolovitch, l’air grave et sévère, lui parler de l’émoi suscité par ses propos, et de la nécessité de corriger le tir. Comme on n’a aucune peine à imaginer par ailleurs les pressions qu’a dû subir Élisabeth Badinter, depuis sa courageuse interview au Monde des religions, il est facile de comprendre que la malheureuse s’est sans doute crue obligée d’opiner à tout ce que doit lui dire le commissaire politique Askolovitch. Il n’est pas difficile d’imaginer le dialogue.

Askolovitch : Ma chèèère Élisabeth, vous n’allez tout de même pas me dire qu’elle est laïque, Marine Le Pen, tout de même… 

Élisabeth Badinter : Non, elle n’est pas laïque, bien sûr que non, mon cheeer Claude…

Ce qui donne dans le texte du Point : « Je ne cautionne pas Marine Le Pen, je ne valide pas Marine Le Pen, je ne suis ni séduite ni attirée par Marine Le Pen, et je ne donne aucun brevet de laïcité à Marine Le Pen ».

Askolovitch : Parce que quand même, derrière sa soi-disant défense de la laïcité, vous savez bien qu’elle ne cible que les musulmans, hein, ma chèèèère Élisabeth…

Élisabeth Badinter : Je sais bien, mon cheeer Claude…

Ce qui donne dans le texte du Point : « Marine Le Pen n’est pas laïque. Elle a mis la main sur un mot, laïcité, mais elle reste étrangère au combat laïque. Sa laïcité à deux vitesses ne s’appliquerait qu’aux seuls musulmans. Elle veut supprimer totalement l’islam et les musulmans de l’espace public. En réalité, elle habille et maquille les obsessions et les ostracismes traditionnels du FN avec un mot républicain.

Askolovitch : Mais tout de même, vous allez devoir vous dissocier des fâââchos de Riposte Laïque, n’est-ce pas, ma chèèèère Élisabeth ?

Élisabeth Badinter : Bien sûr, mon cheeer Claude, bien sûr…

Ce qui donne dans le texte du Point : Je ne suis pas dupe, et je n’ai rien à voir avec ça, ni avec les fachos de Riposte laïque ! »

Là, on a quand même envie de dire à Claude Askolovitch qu’il en a trop fait, que cela se voit, et que cela sonne faux ! Élisabeth Badinter n’emploie pas des mots pareils, voyons ! Elle ne dirait pas « facho » comme une vulgaire gauchiste, elle dirait plutôt « fââââsciste »… si elle avait vraiment prononcé ces mots-là à notre encontre…

Étonné par de telles expressions, qui ne lui ressemblent pas, Pierre Cassen, notre rédacteur en chef, s’est permis, dès publication de l’article, d’envoyer un message à la philosophe, pour lui demander si elle avait vraiment tenu les propos prêtés par Claude Askolovitch, dans « Le Point ». A l’heure où nous écrivons, il n’a pas encore reçu de réponse. Mais quel choix a-t-elle ? Confirmer le propos,et elle devrait alors assumer sans ambiguïté un terme injurieux voire diffamatoire. Nier, et ce serait mettre la nouvelle éminence grise du « Point » dans une situation délicate. Entre amis communs de Dominique Strauss-Kahn, cela ne se fait pas !

En tout cas, les messages des lecteurs de l’hebdomadaire sont particulièrement sévères avec la philosophe, dont la volte-face passe très mal, tout autant que sa prétention à donner des brevets de laïcité. En commençant son texte, Anne Zelensky ne résume-t-elle pas tout : « J’ai cru un moment que le souci de la vérité serait plus fort pour vous que l’allégeance à un quelconque camp ».

Cela n’a duré qu’un moment, en effet, Anne. Le commissaire Askolovitch a sifflé, au bout de 48 heures, la fin de la récréation… et Élisabeth Badinter est rentrée dans le rang, la tête basse, je n’ose dire la queue entre les jambes.

Paul Le Poulpe

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