Le choix de construire une mosquée à Poitiers n’est pas anodin

Publié le 22 octobre 2012 - par - 1 324 vues
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Ayant souvent consulté leur site d’informations Novopress et pris connaissance de leur vision de la France et du monde, je n’ai pas de grandes sympathies pour le Bloc Identitaire et les groupes qui lui sont affiliés. Je ne partage ni leur mythification des racines pagano-chrétiennes de l’Europe, ni leur apologie de personnalités aussi peu recommandables que Léon Degrelle ou Benito Mussolini, ni leur désir d’une Europe blanche sans musulmans. Mais je n’ai aucun complexe à affirmer que je partage un certain nombre de leurs inquiétudes concernant l’islamisation de l’Europe, et je défends leur liberté d’exprimer ces inquiétudes, que cela plaise au système politico-médiatique ou non. Il est désolant de voir que l’on est aussi prompt et unanime à défendre justement l’occupation d’une église par Pussy Riot en Russie qu’à condamner celle d’une mosquée encore inachevée par Génération Identitaires. Hormis les revendications, pays et causes, où exactement est la différence ? Et quelle est cette « violence » que Jean-Luc Mélenchon déplore ? À ma connaissance, aucun des manifestants n’a agressé ou menacé qui que ce soit. À moins que la demande d’un référendum sur l’immigration et la construction de mosquées soit une nouvelle forme de violence jusqu’alors inconnue de ma part.

Si le fait d’exprimer sa désapprobation de cette manifestation n’est pas en soi condamnable, il y a un élément récurrent dans ces condamnations habituelles qui m’exaspère : la déploration qu’en France, on puisse s’en prendre à une religion. Ne vous en déplaise, messieurs Zekri, Copé, Mélenchon et Ayrault, haïr l’Islam, critiquer l’Islam, ce n’est pas haïr ou critiquer les musulmans. Certes, je me doute bien que Génération Identitaires, dont l’une des vidéos affirmait que « Kader ne sera jamais mon frère », ne porte pas les musulmans dans leur coeur. Mais pendant cette manifestation, ils n’ont pas explicitement appelé à la haine des musulmans, et n’en sont donc pas coupables en cette instance.

La construction d’une mosquée à Poitiers suscite légitimement des inquiétudes. Le choix de cette ville, symbole de l’arrêt de l’expansion islamique par Charles Martel en 732, n’est pas anodin et Boubaker El Hadj Amor, l’imam responsable du projet, le sait très bien. Il est membre l’UOIF, organisation dont les liens avec les Frères Musulmans sont connus et qui,  plus que Génération Identitaires, mérite la dissolution car, en tant que satellite des Frères Musulmans, il a pour objectif final d’imposer la charia en France, en attendant qu’il y ait suffisamment de musulmans en France pour que ce soit possible. Je n’aime pas la récupération qu’en font le Bloc Identitaire ainsi que de nombreux groupes d’extrême-droite ou de droite populiste, mais Charles Martel est une figure importante dans l’histoire de France, et son combat mérite d’être honoré. Non pas pour dire, comme le font les Identitaires, que les musulmans présents en France ont tous le même but de conquête que les envahisseurs du Califat Omeyyade (bien qu’ils servent souvent de pions inconscients par les groupes commes les Frères Musulmans) mais pour affirmer que la civilisation française, sa culture et ses valeurs judéo-chrétiennes sont bel et bien supérieures aux autres et valent la peine d’être défendues, et pour faire comprendre aux musulmans de France qu’ils en sont les héritiers par leur appartenance à cette nation, et que ceux qui rejettent ces valeurs et cette histoire ne sont pas dignes de l’honneur d’être Français.

J’espère que la justice française tranchera en faveur de la liberté d’expression.

Thomas Ricard

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