Le commissaire Joffrin veut-il une police politique pour sanctionner les internautes?

Publié le 28 août 2012 - par

Curieuse rentrée du commissaire politique Joffrin, propagandiste en chef du Nouvel Observateur. Dans un éditorial en forme de réquisitoire, comme il les aime, le patron du Nouvel Obs réclame un contrôle accru du pouvoir, par rapport à toutes les informations qui circulent sur internet. Le déclencheur de ce noble courroux ? Des fausses rumeurs qui circulent, quant à la commission de rénovation et de déontologie, présidée par l’éternel retraité de la politique : Lionel Jospin. Selon des bruits, ce comité Théodule coûterait 2,2 millions d’euros à la République, ce qui serait faux. Il paraît que cela ne coûtera rien, et que tous les acteurs seront bénévoles. Qu’une telle désinformation puisse circuler impunément sur le net scandalise le vertueux Joffrin, qui demande, ni plus ni moins, au gouvernement de réguler les courriels, au nom du respect de la démocratie. Venant de Joffrin, il fallait oser !

Nous ne pousserons pas la mesquinerie jusqu’à demander si les notes de frais seront remboursées, Jospin habitant l’Ile de Ré, et si les acteurs de cette commission paieront leurs repas, et leur hôtel…

On pourrait, d’autre part, faire remarquer à Joffrin, si nous voulions être mesquins, que, durant cinq années, les fausses rumeurs qui ont circulé, sur la toile, quant à Nicolas Sarkozy, Marine Le Pen ou Mélenchon n’ont pas fait réagir alors notre indigné sélectif.

Il n’est, par ailleurs, pas le premier à protester contre l’insupportable liberté de parole qui circule sur internet, permettant ainsi aux Français d’obtenir des informations qu’oublient régulièrement de donner les « professionnels » du journalisme.

On se rappelle qu’Alain Finkielkraut, qu’on a connu plus inspiré, Philippe Val, Caroline Fourest, Daniel Cohn Bendit, Michel Onfray, Jacques Séguéla, entre autres, avaient, chacun dans leur style, gémi contre cette trop grande liberté ; de manière plus discrète, nombre de « journaleux », se drapant dans leur carte de presse et leurs nombreuses années d’études, estiment que la vraie démocratie, c’est laisser à des journalistes diplômés le soin d’expliquer aux lecteurs ce qu’ils doivent savoir… et de censurer ce qu’ils doivent ignorer.

Mais ce que cachent les protestations de Joffrin est fort simple : l’Internet ment, parce que ce ne sont pas de vrais journalistes qui écrivent, alors que la vraie presse, comme le Nouvel Observateur, constituée de spécialistes, dit la vérité. Internautes amateurs, arrêtez de faire de la concurrence “libre et non faussée” aux professionnels de l’information!

Pourtant, nous n’avons pas oublié l’énorme bourde commise par le rédacteur en chef du Nouvel Observateur, lors de l’affaire Breivik, où, se basant sur de pures inventions, il avait cherché à salir la presse internet, dite “réacosphère”, et accusé notre journal, ainsi que Fdesouche et les Identitaires, d’avoir armé, ni plus ni moins, le bras de l’assassin ! Il avait osé déclarer que ces sites, dont RL, se permettaient d’écrire, quant aux musulmans : « On les appelle “les muzz”, mais aussi “les rats” ou “les blattes” ».

http://tempsreel.nouvelobs.com/laurent-joffrin/20110725.OBS7611/qui-a-inspire-le-tueur-de-norvege-par-laurent-joffrin.html

Accusation grave et crapuleuse, qui avait nécessité, sous peine de dépôt de plainte, un droit de réponse de RL dans le journal dirigé par Joffrin.

https://ripostelaique.com/riposte-laique-deposera-plainte-contre-le-nouvel-observateur-suite-a-leditorial-diffamatoire-de-laurent-joffrin.html

Nous ne sommes pas certains que, sans la presse internet, les Français auraient su que le grand démocrate « anti-fasciste » Joffrin (Laurent Mouchard de son vrai nom) était le fils d’un des meilleurs amis de Le Pen : Jean-Pierrre Mouchard (ce qui n’est pas un délit) et que, jeune journaliste, il passait ses vacances avec la famille de la jeune Marine… Est-ce pour se faire pardonner cette erreur de jeunesse qu’il se sent obligé, au mépris de toute déontologie professionnelle, de jouer les roquets de service, dès qu’il est face à la présidente du FN ?

N’oublions pas qu’en 2005, Joffrin et toute la clique des chiens de garde de la presse écrite et audiovisuelle expliquaient, comme toutes les grandes familles politiques françaises, pourquoi il fallait absolument voter « oui », et que ceux qui feraient le contraire étaient d’affreux nationalistes, ou des nostalgiques de l’Union soviétique. Grâce à une contre-campagne internet très efficace, menée notammnet par Attac, nos compatriotes ont ouvert les yeux, et voté « non » à 55 %. Cela n’a pas empêché Sarkozy, aidé par Hollande-Aubry, de violer le vote des Français, et de faire adopter le traité de Lisbonne par les Parlements… sans que cela n’émeuve ce grand démocrate de Joffrin.

Le même Joffrin, crachant de la même manière sur le vote des Suisses contre les minarets, avait osé faire titrer Libération, où il sévissait à l’époque : « Le vote de la honte ».

Depuis des années, les plumitifs qui veulent faire l’opinion du pays racontent aux Français que l’insécurité est un sentiment, qu’il n’y a pas davantage d’immigration qu’avant, que celle-ci est une chance pour la France, que l’euro nous a évité la faillite et que l’Union européenne est notre seule chance, sans oublier l’islam, son ramadan, ses voiles, son halal et ses mosquées ; un islam qui, bien évidemment, est une religion de paix et d’amour.

Ne devant leur subsistance qu’aux aides colossales accordées par l’Etat (2 milliards), discrédités dans l’opinion pour leurs mensonges à répétition, Joffrin et les siens supplient Hollande de leur retirer la concurrence internet, malgré les procès à répétition que ses amis de gôche, membres d’associations dites anti-racistes, multiplient contre nombre de sites mal-pensants.

Mais cela ne suffit pas, il faut donc, si on écoute Joffrin, que pour mieux moraliser la vie politique, le gouvernement flique les courriels. On imagine quel type de société cette demande pourrait engendrer. Le Nouvel Obs, qui crie à la dictature fasciste et policière dès qu’on parle d’empreinte génétique ou de reconduction à la frontière d’un clandestin, souhaite-t-il que l’Etat socialiste embauche des policiers du net, en nombre, pour surveiller les 40 millions d’internautes dont quelques rares spécimens risqueraient de gravement désinformer nos concitoyens ?

Faut-il rappeler à Joffrin cet extrait de l’air de la calomnie, de Beaumarchais, qui montre certes que l’Internet n’a rien inventé.

“La calomnie, Monsieur ? Vous ne savez guère ce que vous dédaignez ; j’ai vu les plus honnêtes gens près d’en être accablés ; croyez qu’il n’y a pas de plate méchanceté, pas d’horreurs, pas de conte absurde, qu’on ne fasse adopter aux oisifs d’une grande ville, en s’y prenant bien : et nous avons ici des gens d’une adresse ! … D’abord un bruit léger, rasant le sol comme hirondelle avant l’orage, pianissimo murmure et file, et sème en courant le trait empoisonné. Telle bouche le recueille, et piano, piano vous le glisse en l’oreille adroitement. Le mal est fait, il germe, il rampe, il chemine, et rinforzando de bouche en bouche il va le diable ; puis tout à coup, on ne sais comment, vous voyez calomnie se dresser, siffler, s’enfler, grandir à vue d’œil ; elle s’élance, étend son vol, tourbillonne, enveloppe, arrache, entraîne, éclate et tonne, et devient, grâce au Ciel, un cri général, un crescendo public, un chorus universel de haine et de proscription. Qui diable y résisterait ? »

Ne faudrait-il pas, en outre, pour répondre aux souhaits du commissaire politique Joffrin, en sus d’une surveillance accrue d’internet par l’Etat, encourager nos compatriotes, comme dans « les heures les plus sombres de notre Histoire », formule chère au Nouvel Obs, à écrire anonymement au ministère de la Police de la pensée (on verrait bien BHL à ce poste), pour dénoncer les voisins qui pourraient mal parler des dirigeants, voire véhiculer des informations fausses, comme celles qui ont circulé sur la non-imposition de Nicolas Sarkozy, ou le salaire de Jean-Luc Mélenchon, estimé à 40.000 euros par mois par quelques désinformateurs de la toile ?

Finalement, Joffrin aurait fait merveille dans les républiques socialistes, comme porte-parole officiel du parti unique, dans des journaux d’Etat unique, et une télévision unique…

C’est tellement plus tranquille comme cela !

Lucette Jeanpierre

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