Le concours de dhimmitude de nos dirigeants ne peut qu’accentuer l’islamophobie des Français

Publié le 21 août 2012 - par - 3 137 vues
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Je crois que jamais, à l’occasion du ramadan, on a eu droit à un tel matraquage médiatique. Et évidemment, nos hommes politiques de gauche comme de droite ont rivalisé de dhimmitude envers l’islam et ses pratiquants.

A tout seigneur tout honneur : la palme revient au président de la République lui-même, qui ose publier un communiqué officiel qu’on peut trouver sur le site de l’Elysée : « Message du Président de la République à la communauté musulmane à l’occasion de la fête de l’Aïd-el-Fitr ».

Il est amusant de voir ce communiqué conclure par la phrase « La laïcité, qui assure la liberté de conscience comme elle garantit la liberté religieuse, demeurera indéfectiblement la règle de notre République », alors même que ce communiqué en lui-même est une violation de la laïcité républicaine.

Evidemment, le ministre de l’Intérieur va rompre officiellement – là encore en toute laïcité ? – le jeûne à la grande mosquée de Paris. Puis à la mosquée de Montauban parce que deux têtes de porc et du sang de cochon ont été déposés à l’extérieur. Pourtant on n’a jamais entendu Manuels Valls (ni ses prédécesseurs place Beauvau) se manifester quand une chapelle chrétienne est incendiée, une église vandalisée ou des fidèles catholiques lapidés.

La droite n’est pas en reste non plus. Jean-Claude Gaudin, maire UMP de Marseille, y va aussi de son communiqué pour « l’aïd » en terminant par un « AIDKOUM MABROUK » !

Valérie Précesse (UMP) envoie un message par Twitter : « Je souhaite un très bon Aïd à tous les musulmans de France ! ». Plus étonnant, Lionnel Luca, de la Droite populaire, s’y met aussi, toujours sur Twitter : « Bonne fête à nos compatriotes musulmans qui correspond au dimanche des chrétiens. Paix et Fraternité à tous dans leur croyance et incroyance. » Et ce ne sont que quelques exemples…

Il faut signaler aussi tous ces maires qui ont prêté des moyens publics (stades, halls, police municipale, intendance diverse) pour une fête strictement religieuse, et donc là en totale contradiction avec l’esprit de la laïcité. 3000 musulmans et musulmanes en plein air à Amiens (lieu d’événements récents célèbres), 4000 à Tours dans un hall municipal, entre 7000 et 10.000 dans un stade à Roubaix, 15.000 au Parc Chanot à Marseille, etc.

Mais pourquoi donc ce concours de dhimmitude, alors que nos politiques savent aussi bien que nous qu’une majorité relative ou absolue de Français est islamophobe ? J’en veux pour preuve un sondage Ifop sur quatre pays européens, plus récent que celui cité habituellement (qui date de décembre 2010-janvier 2011). L’enquête a eu lieu du 9 au 18 avril 2011, et le document PDF de l’Ifop date de février 2012.

Quatre pays ont été sondés : l’Allemagne, les Pays-Bas, la France et le Royaume-Uni. Pour ne pas alourdir la présentation :
– Je ne parlerai que des résultats français (mais ceux des autres pays montrent la même tendance),
– Je ne citerai pas les pourcentages d’indécis (« ni l’un ni l’autre », « indifférent », « ne sait pas »).

Listons toutes les questions du sondage.

– 42% des sondés français pensent que l’islam est plutôt une menace pour l’identité de notre pays (contre 22% qui pensent que c’est un facteur d’enrichissement).

– 68% pensent que les musulmans ne sont pas bien intégrés en France (contre 32%).

Parmi eux, 61% cite leur refus de s’intégrer à la société française, 40% les trop grandes différences culturelles. (Plusieurs réponses étaient possibles.) Les « droitsdelhommistes » ne trouveront que 20% qui accusent les difficultés économiques et le manque de travail, et 18%  le racisme et le manque d’ouverture des Français. L’excuse sociale et la diabolisation ne font donc plus recette.

– 55% pensent que l’influence et la visibilité de l’islam sont trop importantes (contre 4% qui disent qu’elle n’est pas assez importante).

– 59% des Français sont opposés au port du voile dans la rue (contre 9% qui y sont favorables).

– 90% sont opposés au port du voile dans les classes des école publiques (contre 3% qui y sont favorables).

– 39% sont opposés à l’édification de mosquées en France lors que les croyants le demandent (contre 20% qui y sont favorables).

– 74% (contre 14%) sont hostiles à l’existence de partis politiques ou de syndicats se référant à l’islam.

On voit donc clairement que sur chacune de ces questions, nous avons une majorité soit absolue soit relative de Français « islamophobes ».

Ah j’entends déjà la meute des « antiracistes » crier au « racisme » des Français. Pas du tout, puisque 52% des Français ne sont pas hostiles à l’élection d’un maire d’origine musulmane dans leur commune (contre 33%).

On voit donc que ce ne sont pas les individus qui sont en cause, mais l’islam, la oumma, la communauté, l’islamisation, le repli sur soi, et le désir d’afficher (voire d’imposer) sa croyance dans l’espace public : sur toutes les questions nous avons une majorité soit relative (et au-delà de la masse critique), soit absolue.

Nos élus, en flattant l’islam et les musulmans, nos médias, en voulant nous les imposer à longueur de JT, sont donc à contre-courant total de l’opinion française.

Pourquoi nos dirigeants et nos médias feignent-ils d’ignorer cette fracture entre eux et les Français sur l’islam ? Pourquoi ne constatent-ils pas que plus ils veulent nous en faire « bouffer » et plus nous seront rétifs et révoltés ?

Roger Heurtebise

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