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Le confusionnisme de Renaud Camus et Christine Tasin   

Quelle totale ineptie que d’oser comparer (en lui donnant une prééminence) «  le grand remplacement  » et l’extermination systématique et de façon industrielle de 6 000 000 de Juifs (dont 1 million d’enfants)  sur une période d’à peine 6 ans !

Mme Tasin fait montre de sophisme quand elle écrit  que 60 000 000 de Français « appelés à disparaître» à cause du «  grand remplacement », c’est mathématiquement plus important que 6 millions de Juifs massacrés par les nazis et leurs collaborateurs.

Mais enfin de quoi parle-t-on au juste ? L’idée, ou plutôt le « phénomène » (pour reprendre le mot de Renaud Camus), du grand remplacement est un processus de substitution par lequel les Européens d’origine sont remplacés par des populations venues d’Afrique et du Moyen-Orient. Il est clair pour moi que le diagnostic de Renaud Camus (sans pour autant adhérer à toutes ses thèses) est une réalité visible à l’œil nu. Il suffit de voir la couverture du magazine National Geographic d’octobre 2016, montrant une famille de cinq Arabes avec pour titre (je traduis) :  »Les Nouveaux Européens » , pour comprendre que Renaud Camus ne dit pas de sottises sur ce point.

Le fait que que l’un des chapitres du magazine bobo s’intitule : « Comment l’Europe se transforme avec l’arrivée de nouveaux immigrés », corrobore bien l’ idée qu’un grand remplacement se met malheureusement en place. Mais, il faut le dire !, Ce n’est pas à une disparition meurtrière  (comme l’admet d’ ailleurs Camus lui-même) de la population occidentale à laquelle nous assisterons mais à une triste dilution des Européens d’origine et à la disparition de la culture occidentale issue des «sources judéo-grecques » (George Steiner). Ce sera une catastrophe historique mais pas une extermination physique planifiée de millions de personnes ciblées pour le simple fait d’être nées, comme ce fut le cas pendant la Shoah.

Quand Renaud Camus parle – trivialement d’ ailleurs – de l’extermination des Juifs comme paraissant «tout de même un peu petit bras»  à  côté du « remplacisme global » (sic), il commet en fait une grave erreur tant sur le plan factuel que sur le plan ontologique !

Pour terminer, je citerai l’immense philosophe et résistant français Vladimir Jankélévitch, qui écrivait dans L’imprescriptible que le «confusionnisme atteste de la difficulté que l’on éprouve à faire comprendre aux ergoteurs de mauvaise foi la spécificité de chaque problème, à fixer l’attention des brouillons sur un événement déterminé ».

À bon entendeur…!

Frédéric Sroussi