Le Conseil d’État osera-t-il valider la dissolution de GI ?

Génération Identitaire : entre « le fait du prince » et « la lettre de cachet », L’Etat a tordu l’esprit de la loi pour aboutir à une forfaiture

Lors de son audition, en avril 2019, par la commission d’enquête parlementaire sur les groupuscules d’extrême droite, l’ancien directeur de Tracfin, organisme du ministère de l’économie chargé de la lutte contre (…) le financement du terrorisme, avait affirmé que Brenton Tarrant, l’auteur de la tuerie de ChristChurch était « membre bienfaiteur » de GI, démontrant par cela que Génération Identitaire était dans le viseur de l’Etat.

On rappellera que cette opération de dissolution avait été lancée par la députée Muriel Ressiguier (LFI France Insoumise) qui voulait, à l’époque, se payer la Ligue du Midi. On se souvient de sa déconfiture et de son fiasco, elle qui était poursuivie pour dénonciation calomnieuse à mon égard.  Par la suite, elle se rétracta piteusement, mais continua à donner des gages au pouvoir macroniste en déroulant le tapis pour la loi Avia – bien que ne la votant pas – qui voulait introduire la notion d’incitation à la haine, idéale par son flou, pour museler toute opposition. Mais un train peut en cacher un autre…

La dissolution de Génération Identitaire repose pitoyablement sur deux arguments que le Conseil des ministres a bien du mal à faire cadrer avec la réalité :

-« [G.I] tenant un discours de haine incitant à la discrimination ou à la violence envers des individus en raison de leur origine, de leur race et de leur religion » (en quoi est-ce discriminatoire de dénoncer des illégaux ? Et où est la violence ?)

-et, « par sa forme et son organisation militaires », GI « peut être regardée comme présentant le caractère d’une milice privée » … (Les concepteurs de la loi de 1936 doivent bien rigoler, eux qui s’employaient à dissoudre des mouvements lourdement armés, composés de centaines de milliers de membres).

https://www.youtube.com/watch?v=hD44MntZlyo&ab_channel=CNEWS

Mais, « Qui veut se débarrasser d’un chien l’accuse de la rage »… La dissolution de Génération Identitaire intervient alors que le ministère de l’intérieur, il y a quelques semaines, avait obtenu celle de trois associations proches de la mouvance islamiste (CCIF, Baraka City et le collectif Cheikh Yassine), suite à l’assassinat hideux de Samuel Paty.

La technique est éculée, comme la République qui la pratiquait déjà dans les années 60-80 : un coup à gauche, un coup à droite… un coup contre les islamistes, un coup contre les identitaires…

Dans ces conditions, la dissolution était déjà pliée, puisque cette mesure relève de la justice administrative, non du pénal. Cette dissolution prise en Conseil des Ministres ressortit du « fait du Prince » et l’on aura remarqué l’implication personnelle de Macron qui, dans son habituelle posture du « en même temps », n’a eu pour seul souci que de rétablir l’équilibre avec la mouvance islamiste.

Mais la bataille n’est pas encore perdue et le Conseil d’Etat risque d’hésiter à avaliser cette décision lors de l’examen d’un dossier juridique pratiquement vide dans lequel on a tordu le cou à l’esprit de la loi. Difficile de faire passer des jeunes gens propres sur eux, style boy-scouts, en nostalgiques de la nuit de cristal.  On notera également que les divers groupes Black blocs, antifas, indigénistes, et autres décoloniaux, casseurs organisés devant l’éternel depuis des années ou séparatistes, n’ont jamais eu à subir les mêmes oukases du Conseil des ministres. Pour finir, on observera que les identitaires agissent toujours à visage découvert, contrairement aux gauchistes, ces derniers bénéficiant de traitements de faveur lors des manifestations avec, entre autres, un taux d’interpellation quasi-nul au moment des Gilets jaunes.

Défenseur acharné des libertés publiques et ayant subi les foudres de l’Etat à de nombreuses reprises, je ne puis que m’élever contre la dissolution de Génération Identitaire. Je m’étais déplacé le 20 février à Paris et je le referai s’il le faut.

Remercions au passage Gérald Darmanin pour la formidable publicité qu’il a faite à notre cause : désormais tous les français connaissent les identitaires et savent que nous serons toujours à leur côté pour la défense de l’identité et de nos libertés.

Mais que la caste des « procurateurs » garde bien en tête que l’on ne dissout pas une idée, une nation ou un peuple… encore moins une génération !

Richard Roudier

image_pdfimage_print

13 Commentaires

  1. ben pourquoi se gêneraient ils ?
    je parie à 1 contre 100 qu’ils entérineront la dissolution !

  2. Puisse Génération Identitaire se réinventer avec un autre nom, s’il arrivait par malheur que les ennemis de la France parviennent à dissoudre ce mouvement ! Qu’il fasse toujours plus d’émules dans notre jeunesse, car il est le fer de lance de la résistance !

  3. Bien sûr qu’ils oseront, comme disait Audiard, les cons ça osent tout, c’est comme ça qu’on les reconnaît….

  4. A mon avis le conseil d’Etat entérinera la dissolution. La liberté d’expression n’est possible que si on est de gauche. Si on manifeste des idées conservatrices ou patriotiques, on est forcément dans la « haine ». On ne peut pas être opposant à la tribalisation de notre pays sans être dans la haine. Et la haine des jeunes musulmans envers notre pays et nos valeurs notamment la laicité, cela ne compte pas comme le montre les sondages récents ? Ils choisissent la haine qui les arrange. En fait, il nous faut subir subir et subir. Tant que notre pays ne sera pas au fond du trou totalement colonisé par des ethnies prédatrices, ils continueront. La seule solution est la révolution conservatrice. Il faut tout mettre à plat et épurer l’Etat profond totalement acquis à la cause des mondialistes.

  5. « On reconnaît un imbécile en celui qui dit qu’il a confiance en la justice française »
    On le constate tous les jours, ne fusse que par le nombre d’illégaux jamais poursuivis.

  6. Si l’on veut sauver la France, je crains qu’il ne faille dissoudre la République.

  7. ce serait le meilleur moyen de transformer un groupe pacifique en résistance clandestine armée

  8. Très bonne question de l’auteur de l’article. On va très vite avoir la réponse qui posera de nouveau le problème de savoir à quoi et pour qui sert vraiment ce conseil d’Etat : pour museler encore plus les français et servir les intérêts de l’UE ?

Les commentaires sont fermés.