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Le Corona : une chimère et des moutons

Le roi Nimrod, qui voulait unir l’humanité dans le but de construire une tour assez haute pour partir défier Dieu, est mort à cause d’un moustique entré dans son oreille. L’Occident, qui cherche à détruire les frontières nationales pour envoyer des voitures décapotables dans l’espace, est sur le point de mourir pour une grippe.

Sans faire de spéculations mystiques, qui seraient pourtant de rigueur, il faut savoir reconnaître le caractère tragi-comique d’une histoire qui ne cessera paradoxalement jamais de se répéter et de nous étonner.

Surtout que, comme Nimrod, qui n’a pas succombé directement à la piqûre du moustique, mais au remède qu’il s’était lui-même prescrit – demander à chacun de ses sujets de le gifler dans le but de faire sortir l’insecte – l’Occident se meurt actuellement non pas du signal d’alarme divin (naturel, de destin, ce que vous voudrez), mais de son antidote : le confinement.

À croire que la direction de ce monde nous laisse toujours une chance de nous ressaisir, mais que nous n’apprendrons jamais de nos erreurs. Nous n’aurons, en plus, cette fois même pas l’excuse d’avoir été manipulés par le plus génial et le plus terrible tyran de l’histoire humaine, mais par… Emmanuel Macron et le Conseil scientifique ! C’est la honte !

Et encore, une lecture objective de ces trois derniers mois devrait nous obliger à nous remettre en question.  Comme Senghor le disait, un pays est colonisé quand il est colonisable.  Appliqué au niveau du cerveau humain, on pourrait suggérer qu’un homme est manipulé quand il est manipulable.

Reprenons le fil. Une épidémie de grippe assez violente fait rage en Chine. Le Parti décide de confiner la ville à l’origine de la propagation, Wuhan, une technique aussi liberticide qu’efficace qui n’a rien de surprenant, venant d’un régime totalitaire. Il existe des logiques de régimes. La Chine fonctionne comme une énorme machine qui ne s’embarrasse pas de point mort et préfère immédiatement endiguer un problème avant même de mesurer sa gravité ou son ampleur, au nom du bien commun. Il n’est même pas question ici de critiquer la logique chinoise, au contraire. Juste de reconnaître des spécificités locales culturelles qu’un état libéral ne devrait jamais automatiquement calquer.

C’est à ce moment que nous arrivons en scène.  Oui, nous. Que l’on soit baby-boomer ou jeune bobo fragile n’ayant jamais connu la guerre et hypocondriaque compulsif, écolo illuminé voyant dans chaque mouvement de la nature une vengeance, ou complotiste percevant dans chaque nouveau virus une arme de guerre apocalyptique créée en laboratoire, nous sommes tous, et cela de notre propre fait, ultra réceptifs à tout type d’information relatif à la santé.

Une dérive hygiéniste, en lien avec la vague de puritanisme qui secoue la France et l’Occident de manière générale, dont sont parfaitement au courant nos médias qui obéissent à la loi de l’offre et de la demande.  Les sujets de santé font d’énormes audiences et ce que la ménagère réclame, la ménagère l’obtient, au nom de la réclame.

Alors, nos chers médias qui nous connaissent mieux que nous-mêmes, qui ne nous rendons même plus compte des heures passées sur Doctissimo ou de la quantité de boîtes d’antibiotiques vidées pour tout et surtout n’importe quoi, vont commencer à nous inonder d’informations sur ce mystérieux nouveau virus venu de Chine, lequel, à une époque pas si lointaine, aurait à peine rempli une petite case perdue sur la troisième page de la rubrique internationale d’un journal.

L’opinion publique s’affole. Les réseaux sociaux sont en ébullition. On commence à voir dans la rue des visages masqués non surplombés par des yeux bridés. La pression est venue d’en bas !

Jupiter, ou Choupinet pour les intimes, nous avait pourtant recommandé d’aller au théâtre ! Quels n’ont pas été le tollé médiatique et la réaction de l’opinion ! Michel Cymes et ses collègues journalistes (et médecins ?) annoncent une simple « grippette ». Scandale ! Assassins ! Roselyne Bachelot, qui avait en son temps largement surestimé la situation et dépensé une fortune pour rien, vient fanfaronner sur les plateaux télé. Quelle femme ! Quelle visionnaire !

Allons-nous un jour prendre du recul ?

Les opinions de tous les pays occidentaux ont exigé des mesures drastiques : elles ont été servies.

Un pays, puis deux, puis trois. Par effet domino, l’Occident se confine, puis le monde.

Choupinet, réticent, craque. Boris Johnson aussi. Même Trump.

Il faut bien comprendre que nous ne sommes pas gouvernés par des monarques, mais par des présidents élus qui jouent leur peau, parfois au sens littéral, surtout sur le thème si sensible de la santé. Nos gouvernants passent autant de temps à scruter chaque sondage que Cyril Hanouna devant les audimats, c’est même devenu leur principale activité. Il ne faut pas attendre de leur part des décisions pragmatiques, mais des initiatives résultant d’intérêts parfaitement compréhensibles. Dans ce cas précis, le seul pari gagnant est le principe de précaution.

Il faut partir d’un postulat de départ basique, mais que certains ont tendance à oublier. Macron est évidemment responsable, mais aussi les scientifiques du Conseil, ainsi que chaque médecin qui prend la parole publiquement, met en jeu sa réputation et donc sa profession, voire sa responsabilité pénale.  Il n’existe donc jamais d’objectivité parfaite et chacun doit prendre en compte les risques qui existent.

Afin de rendre le procédé plus intelligible, j’ai essayé de le décliner sous la forme du fameux pari de Pascal.

Il existe deux options (minimiser la gravité du virus, ou la maximiser) qui peuvent chacune découler en deux futurs possibles : le virus se révèle être soit une grippe classique, soit une nouvelle grippe espagnole dramatique.

Si vous pariez sur une grippe classique, et si le virus s’avère en être une, l’opinion oubliera et passera à autre chose.

Si vous pariez sur une grippe classique, et si le virus s’avère être une grippe dévastatrice, vous serez traduit en justice.

Si vous pariez sur une grippe dévastatrice, et si le virus s’avère n’être qu’une grippe classique, vous pourrez vous réfugier derrière un principe de précaution dont l’opinion ne vous tiendra pas trop rigueur.

Si vous pariez sur une grippe dévastatrice, et si le virus s’avère en être une, alors vous êtes légitimement débordé par la crise et vous ne serez que plus ou moins tenu pour responsable des morts par l’opinion.

Il existe donc une logique mathématique, pour la personne responsable, à parier, quoiqu’il arrive, sur un virus dévastateur, et peu importe sa réalité.

Ce pari élémentaire, qu’il soit appliqué consciemment ou non, explique les retournements de veste en série qui se sont opérés en à peine quelques jours, en passant de l’invitation à sortir au théâtre, au confinement total.

Ils protègent leur cul, et c’est normal ! C’est le jeu de la démocratie participative qui, aujourd’hui, nous est néfaste, mais que nous pourrions retourner dans le bon sens si nous savions utiliser l’outil. Participative implique une participation de notre part !

C’est à nous qu’il incombe de faire le tri parmi les informations que l’on reçoit. En plus, il se trouve qu’en ce moment, nous en avons le temps !

Un intérêt évident de grossir les traits du virus, encore augmenté par le besoin de masquer les coupures de budgets des hôpitaux, en asphyxie depuis déjà un bon moment et actuellement réellement débordés par une forte épidémie.

Cette crise sanitaire aura au moins permis de faire prendre conscience de l’état déplorable de notre système de santé, dont le personnel, pas forcément aidé par les hordes gauchistes qui l’entouraient, avait pourtant essayé de nous avertir depuis quelque temps dans des manifestations.

Le résultat : confinement, couvre- feu, files d’attente devant les supermarchés, délation, réquisitions, contrôle de l’information, traçage… Back in the USSR !

Une aubaine pour Emmanuel, qui n’aurait jamais pu rêver mieux.

Ne soyons pas candides, aucun César n’a jamais rendu les clés de la Cité au Sénat après un imperium.

Si, dans l’Histoire, même des hommes de bien n’ont pu résister à la tentation des pleins pouvoirs, alors on peut imaginer ce qu’il risque d’advenir avec le pervers enfariné à la tête de notre pays.

Aucun événement n’est bon ou mauvais par nature. Tout dépend de ce que nous en faisons.

Si l’événement Corona devrait être décrypté comme un signal qu’il convient de lâcher prise dans notre besoin de contrôle et de maîtrise de tout dans notre quotidien au niveau individuel, et comme un frein bénéfique à la globalisation et l’importance des frontières au niveau collectif, ne soyons pas niais, nos dirigeants, qu’il s’agisse de ceux devant ou derrière la scène, réussiront à retourner la situation.

Le virus a été surestimé ?  Il faut organiser un système de gouvernance politique mondial pour éviter cette situation à l’avenir.

Le virus vient d’un laboratoire chinois ? Il faut organiser un système de gouvernance pharmaceutique mondial pour éviter cette situation à l’avenir.

Le virus émane d’un marché chinois ? Il faut organiser un système de gouvernance sanitaire mondial pour éviter cette situation à l’avenir.

C’était juste un Chinois qui a mangé une chauve-souris ? Il faut organiser un système de gouvernance culinaire mondial pour éviter cette situation à l’avenir.

Peu importe de qui, de quoi, d’où vient le virus, ou même sa gravité, tous les délires seront bons pour servir de prétexte à l’abandon des souverainetés nationales et des spécificités culturelles locales.

C’est pour cela que, à mon humble avis, nous devrions arrêter de faire surchauffer nos cerveaux sur la provenance de ce virus et nous recentrer sur une question plus essentielle : le Nouvel Ordre Mondial.

Hollywood, ainsi que notre showbiz national, qui sont les curés de l’Église de la Bien- Pensance, sont déjà en train de préparer le terrain. « Le Corona est un cri d’alerte de la planète ». « Il nous faut absolument changer de mode de vie ». « Plus rien ne sera plus jamais comme avant ».

La dialectique totalitariste mondialiste est déjà enclenchée, or nous en sommes encore à nous bagarrer sur l’origine du virus et la sanction que l’on devra administrer aux Chinois. Trump ne fait que jouer son rôle en protégeant les intérêts nationaux américains, et il le fait formidablement bien, mais nous devons sortir de la logique de guerre de leadership mondial entre les nations, qui est un logiciel de lecture du vingtième siècle déjà dépassé.

Nous devons tourner notre regard vers les institutions supranationales, en particulier l’OMS et son animal totem, le serpent.

Lorsque l’on vous dit « C’est pour votre bien », méfiez-vous. Nous sommes en train de progressivement nous habituer à des régressions continues de nos libertés individuelles et à un climat oppressant de suspicion permanente de l’ami, du voisin, du collègue, ou même du policier qui, fondamentalement, est là pour notre bien, mais obéit à des ordres qui le dépassent.  Même le mari, le père, peut ainsi devenir une menace dans l’inconscient collectif avec la surmédiatisation des violences conjugales et parentales.

Nous sommes en train de faire de l’Autre un virus, un ennemi. Les économies asiatiques se portent bien, mais l’état psychologique de leur population est inquiétant. Ce diagnostic serait encore aggravé si ce système était transposé à nos populations occidentales, car il est culturellement totalement incompatible.

Le détachement émotionnel relationnel de son prochain, au profit d’une virtualisation des échanges avec les quatre coins du monde, le port du masque, la fermeture des restaurants et bars, remplacés par des « visio-apéros » et la convivialité online. Le désintéressement, la haine, jusqu’au dégoût, de l’autre, celui juste en face de nous, au profit du copain australien avec lequel on tchatte.

Si l’on est enfermé, selon beaucoup de gens, c’est de la faute de l’autre, pas du gouvernement, car l’autre ne suit pas les règles et il existe un danger (il existera toujours un danger). Il faut donc le forcer à se plier aux règles, le dénoncer (bientôt l’éradiquer ?) pour le bien de tous.

« Regarde cette vidéo, des Parisiens qui dansent sur du Dalida dans la rue ! C’est honteux ! Irresponsable ! Le confinement, c’est de leur faute ! »

« Regarde cette vidéo, des gens qui se lancent le défi par réseau social, de Finlande au Brésil, de se renverser de l’eau glacée dessus ! C’est génial ! »

Un esprit supérieur organisé profite du grégarisme populaire ambiant pour orchestrer un mouvement parallèle de réduction des distances avec l’étranger et d’augmentation des distances avec son prochain. Cette combinaison aura nécessairement des répercussions psychologiques et politiques.

Libéraliser les populations asiatiques et totalitariser les populations occidentales, le grand mélange mondial est En Marche. Le mixeur va broyer toutes les identités pour en faire un gloubi-boulga moyen, sans saveur, pas bon, pas mauvais, pas libre, pas enfermé, pas blanc, pas noir… La triste synthèse de l’uniformité.

Le confinement répété va zombifier des générations déjà mentalement très fragiles et dociles. Le matraquage de cet événement surdramatisé est en train de créer dans les consciences un traumatisme planétaire susceptible d’être réactivé à tout moment pour tout et n’importe quoi, pour servir de tremplin à toutes les folies globalistes.

La notoriété du Coronavirus vient de dépasser celle de Michael Jackson, d’Adolf Hitler, et bientôt celle de Jésus. Il est connu de chaque individu, de chaque âme autour du globe et pourra être utilisé comme mythologie commune à l’humanité pour justifier la suppression des frontières nationales et l’instauration d’un régime totalitaire par la cicatrice indélébile qu’il aura laissée dans l’Histoire. Soit la création d’un Nouvel Ordre Mondial.

C’est le souvenir traumatique du Déluge qui a servi à Nimrod de prétexte pour faire abandonner à l’humanité ses frontières et ses libertés individuelles, et la liguer contre Dieu.

Bill Harford