Le couple Sarkozy-Merkel envisagerait une zone Euro à deux vitesses

La crise des dettes souveraines n’en finit pas de faire parler dans les médias spécialisés. La situation est grave. Moody’s prédit que la note de tous les pays européens pourrait être dégradée.

Selon l’agence de notation l’aggravation rapide de la crise de la dette dans la zone euro menace les notes de solvabilité de tous les pays européens y compris l’Allemagne, les Pays-Bas, la Finlande qui pouvaient se croire à l’abri. « L’aggravation ininterrompue de la crise de la dette publique et des banques de la zone euro menace la qualité de crédit de tous les pays européens » écrit Moody’s dans un « commentaire spécial ».

Selon la presse allemande, l’Allemagne, la France, la Finlande et les Pays-Bas, ainsi que le Luxembourg et l’Autriche pourraient envisager la création d’une « super Europe » avec un super « Pacte de stabilité », sur le modèle de la zone Schengen concernant la suppression des frontières qui concerne dix pays membres de l’Union européenne.
Ainsi il ne serait pas nécessaire d’impliquer l’ensemble des pays de la zone euro à cette évolution et de faire appel à un référendum. Un simple vote des Parlements suffirait. Le texte pourrait être adopté dès janvier ou février 2012.

Une fois de plus les peuples européens n’auraient pas leur mot à dire et nous ne pouvons que constater que ce machin que l’on appelle l’Europe n’est nullement démocratique.

Vous pourrez écouter ci-dessous le commentaire de Nicolas Doze sur BFM business sur ce qui se trame en coulisse dans le dos des citoyens européens.

http://www.youtube.com/watch?v=075g9E3NUX0

Ce qui est prévu sonne plus ou moins la fin de zone euro telle que nous l’avons connue jusqu’à ce jour.

Les dirigeants allemands et français seraient sur le point de proposer purement et simplement la mise en place d’un pacte de stabilité limité aux pays de la zone euro notés triple A. Ces pays «riches» de la zone euro pourraient faire un emprunt commun destiné à refinancer leurs dettes souveraines respectives par l’émission de titres à un taux compris entre 2% et 2,5%.

Ce projet aurait but de laisser les pays du sud de la zone euro à leur triste sort. L’on peut donc considérer qu’il en serait terminé d’une Europe solidaire et plus intégrée.

Cette solution de la dernière chance n’a en réalité aucune chance de sauver l’euro qui devrait  à terme disparaitre ou du moins ne pas continuer sous sa forme actuelle.

Les dernières prévisions de croissance pour l’ensemble des pays de l’OCDE dont font  partie les pays de la zone euro sont revues à la baisse.

L’OCDE a sabré lundi ses prévisions de croissance 2012 pour les États-Unis et la zone euro, exhortant les dirigeants du G20 à agir rapidement pour restaurer la confiance et éviter une sévère contraction des économies développées.

Dans une note publiée en prévision du sommet du G20 les 3 et 4 novembre à Cannes, l’Organisation pour la coopération et le développement économique a réduit ses prévisions de croissance 2012 pour la zone euro à 0,3% contre 2,0% en mai et à 1,8% contre 3,1% pour les États-Unis.

Elle a appelé les dirigeants du G20 à prendre des mesures « audacieuses » pour calmer les turbulences des marchés et montrer qu’ils peuvent mettre en œuvre des réformes structurelles face à la crise de la dette.

L’OCDE estime qu’une détérioration des conditions financières de l’ordre de celle constatée durant la crise de 2007-2009 pourrait entraîner une baisse de jusqu’à 5% du produit intérieur brut (PIB) de certaines économies de l’OCDE d’ici au premier semestre 2013.

L’OCDE ramène la prévision de croissance de l’économie française de 2,1% à 0,3  pour 2012. Elle précise que la France rentrera en quasi récession en 2012 et ne prévoit pas d’amélioration sur le plan la création d’emplois. Le chômage pourrait atteindre 10% à 10,4% en 2012 avant de stabiliser en 2013, mais sans être sûr.

L’OCDE pense que l’activité économique s’est contractée en France au quatrième trimestre 2011 et prévoit une récession légère au creux de l’hiver. Cette récession se produira dans un pays dont le marché du travail porte encore les stigmates de la crise de 2008-2009 avec une forte augmentation du chômage de longue durée et du chômage des seniors. Il y a donc un risque important d’augmentation du chômage structurel, fait observer l’OCDE.

Compte tenu de la faiblesse de la croissance et du renchérissement du fardeau de la dette, ramener comme prévu le déficit public à 4,5% du PIB supposera un nouveau plan de redressement de l’ordre de 0,4% du PIB (8 milliards d’euros). Et, au-delà de 2013, il faudra faire un effort supplémentaire de 0,5 % du PIB (10 milliards) pour ramener le déficit public à des niveaux permettant à la dette (au sens maastrichtien), qui atteindra 91,3% du PIB en 2013, de diminuer.

Ces prévisions très préoccupantes rendent caduques le budget 2012 voté par l’Assemblée Nationale et préfigurent un nouveau plan de rigueur qui pourrait être décidé après l’élection présidentielle prévue les 22 avril et 6 mai prochains, sauf si d’ici-là la zone venait à imploser.

Nos dirigeants ont mis nos États dans une situation intenable et ont laissé leur devenir entre les mains des marchés et des agences de notation. Les politiques ont abdiqué et ont livré les peuples au diktat des oligarchies financières qui gouvernent aujourd’hui le Monde.

Comment pouvons-nous faire confiance à des politiques qui n’ont pas su prendre les mesures nécessaires pour éviter que nous en arrivions à une situation aussi catastrophique que les générations futures devront assumer ?

Il règne une cacophonie parmi les dirigeants européens pour dégager une position commune qui permettrait de nous sortir de la crise actuelle qui n’en finit pas de nous donner chaque jour des informations de plus en plus alarmistes.

L’ Allemagne vient de démentir la création d’obligations communes pour le club des derniers porteurs de triple A en Europe, mais se dit attachée à renégocier les traités.

Merkel voudrait imposer à ses partenaires des règles strictes de déficit des budgets des États. Il faut rappeler que ces critères existaient déjà dans le traité de Maastricht du 7 février 1992. Aucun des pays de l’Union Européenne n’a respecté ses critères, et les déficits publics ont explosé ces dernières années pour atteindre des chiffres abyssaux depuis la crise systémique des institutions financières qui a pris naissance dans le courant de l’année 2007 aux États-Unis, et qui ne cesse de continuer à peser sur les économies des pays occidentaux.

Nos gouvernements refusent d’admettre que nous ne pourrons sortir nos économies de la crise que si nous imposons à nos créanciers (les banques et les fonds d’investissement et autres fonds spéculatifs) qu’il faudra qu’ils acceptent de prendre leurs pertes. Sans un abandon de créances d’une partie de nos dette souveraines  comme nous l’avons fait pour la Grèce, nous ne pourrons pas permettre à nos économies de repartir et de récréer de la croissance donc faire rentrer des recettes fiscales et espérer relancer nos économies qui rentrent inexorablement en récession.

Nos gouvernements refusent toujours de nationaliser l’ensemble des banques des pays occidentaux, seul moyen d’en reprendre le contrôle et de les obliger à revenir à leur mission première financer les projets d’investissement des entreprises et des particuliers.

Sarkozy, le plus mauvais des Présid
ents de la 5éme République, doit nous refaire un remake du discours de Toulon du 25 septembre 2008,  dans cette même ville, jeudi  1er décembre.

Lors de ce discours, il nous avait promis de moraliser le capitalisme financier:

« La crise actuelle doit nous inciter à refonder le capitalisme sur une éthique de l’effort et du travail, à retrouver un équilibre entre la liberté et la règle, entre la responsabilité collective et la responsabilité individuelle. Il faut un nouvel équilibre entre l’ État et le marché, alors que partout dans le monde les pouvoirs publics sont obligés d’intervenir pour sauver le système bancaire de l’effondrement.

Un nouveau rapport doit s’instaurer entre l’économie et la politique à travers la mise en chantier de nouvelles réglementations…….. Il faut tirer les leçons de la crise pour qu’elle ne se reproduise pas. Nous venons de passer à deux doigts de la catastrophe, on ne peut pas prendre le risque de recommencer.

Si l’on veut reconstruire un système financier viable, la moralisation du capitalisme financier demeure la priorité. Je n’hésite pas à dire que les modes de rémunération des dirigeants et des opérateurs doivent être encadrés. Il y a eu trop d’abus, trop de scandales. Alors ou bien les professionnels se mettent d’accord sur des pratiques acceptables, ou bien nous réglerons le problème par la loi avant la fin de l’année.

Il faut ensuite réglementer les banques pour réguler le système. Car les banques sont au cœur du système.
Il faut cesser d’imposer aux banques des règles de prudence qui sont d’abord une incitation à la créativité comptable plutôt qu’à une gestion rigoureuse des risques. Ce qu’il faudra dans l’avenir, c’est contrôler beaucoup mieux la façon dont elles font leur métier, la manière dont elles évaluent et dont elles gèrent leurs risques, l’efficacité de leurs contrôles internes…
Il faudra imposer aux banques de financer le développement économique plutôt que la spéculation. Il faudra bien aussi se poser des questions qui fâchent comme celle des paradis fiscaux, celle des conditions dans lesquelles s’effectuent les ventes à découvert qui permettent de spéculer
en vendant des titres que l’on ne possède pas ou celle de la cotation en continu qui permet d’acheter et de vendre à tout moment des actifs et dont on sait le rôle qu’elle joue dans les emballements du marché et les bulles spéculatives…»

Il m’est apparu nécessaire de faire relire et réécouter aux lecteurs de Riposte Laïque ce discours démagogique pour qu’ils se rendent compte que nous avons été floués et qu’il ne faut rien attendre d’un tel bonimenteur.

http://www.lespacearcenciel.com/nicolas-sarkozy-discours-de-toulon-nous-venons-de-passer-a-2-doigts-de-la-catastrophe-non-sans-dec.html

Trois ans après ce discours, il va nous refaire un discours à peu près identique, alors qu’il nous laisse un bilan catastrophique sur le plan social, économique et financier.Il faut rappeler que sous la présidence de Sarkozy la dette publique de la France est passée de 1200 milliards d’euros à 1700 milliards soit 500 milliards d’euros de plus .Les Français jugeront…

Les banques spéculent maintenant sur la dette souveraine des États. Les banquiers cupides continuent à s’enrichir. Les paradis fiscaux n’ont  toujours pas été interdits.

L’ Euro est au bord de l’implosion, notre pays est en faillite, nos emplois disparaissent du fait de la crise économique et financière et de la délocalisation de nos entreprises dans des pays à la main d’œuvre moins chère.

La mondialisation et la concurrence déloyale sont responsables de la destruction de nos emplois car aucune mesure protectionniste n’est prise pour rééquilibrer des échanges commerciaux équitables qui  nous permettraient de rivaliser avec les pays émergents (Chine, Inde et Brésil etc.)

Il faut redonner aux États-nations de la zone euro leur souveraineté, seul moyen de retrouver leur indépendance et la possibilité de relancer leurs économies pour redonner un espoir à leurs peuples respectifs. Notre avenir ne peut pas se faire dans les conditions actuelles où la BCE nous impose une politique monétaire qui nous enferme dans un dogme qui nous mène à la ruine et à la paupérisation inexorable d’un nombre de plus en plus important des citoyens européens.

L’ Euro est voué à disparaître et la construction d’une Europe fédérale avec une politique commune ne pourra se faire tant les intérêts des pays qui la composent sont divergents.

Déjà, lors de l’émission «Ce soir ou jamais» diffusée courant décembre 2010, Jacques Sapir annonçait les développements de la crise que nous avons ensuite vus se dérouler : contagion à l’Espagne et à l’Italie, besoins de recapitalisations massifs des banques (avec évidemment appel aux États), réticences de l’Allemagne à payer.

Il annonçait la « crise terminale de l’euro » pour l’hiver 2011. On dirait que nous y sommes.

Jacques Sapir est un économiste renommé, spécialiste de la Russie et des économies en transition. Il est souvent cité par Marine Le Pen, dont il ne partage aucunement des opinions politiques. On le situe généralement à la gauche de la gauche.

Jacques Sapir est l’auteur d’un plan précis pour sortir de l’euro « si nécessaire», que j’avais présenté dans un article précédent dans Riposte Laïque et que mon amie Catherine Ségurane a fait également paraître dans AGORAVOX.

http://www.agoravox.tv/actualites/economie/article/jacques-sapir-avait-annonce-pour-l-32603

Nous ne pouvons pas continuer à poursuivre une Europe contre l’avis des peuples.

L’ Europe s’est construite sur un déficit démocratique, et nous en payons aujourd’hui un lourd tribu.

Nos élites bienpensantes ne pourront pas continuer à gouverner contre les aspirations de leurs concitoyens, sinon elles s’exposeront à une réaction violente des masses silencieuses.

Fabrice LETAILLEUR

Voir son blog

http://lebloglaicdechamps.over-blog.com/

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