Le Covid-19 nous contraint à un nouveau système économique !

Publié le 17 août 2020 - par - 10 commentaires - 1 060 vues
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Oui parfaitement, rien de moins ! On nous annonce en effet pour la rentrée des faillites en chaîne et bien sûr, comme conséquence logique, des milliers et des milliers de nouveaux chômeurs et notamment, plus particulièrement, des jeunes. Alors les cliques au pouvoir qui tiennent au capitalisme comme à la prunelle de leurs yeux s’empressent de jouer les infirmiers des urgences. Le chef de clinique Bruno Lemaire prévoit d’injecter 134 milliards d’euros aux entreprises fragilisées et précise que les entreprises boîteuses ne seront pas concernées. Seront bénéficiaires notamment Airbus, Renault (c’est vrai que Renault est en pleine forme financière !) et bien d’autres secteurs de l’économie. C’est fou avec quelle délectation on découvre que soudain, d’un grand coup de baguette magique, il y avait plein de pognon qui dormait dans une sorte de caisse d’épargne secrète, c’est-à-dire ignorée de tous, alors que quelques mois auparavant, la clique au pouvoir pleurnichait, la main sur le coeur qu’il n’y avait pas un  “putain” d’euro pour aider les Gilets jaunes et qu’au contraire, il allait falloir se serrer la ceinture avec la nouvelle loi salvatrice sur les retraites. Mais quels salauds hypocrites, tous les copains/coquins de Macron, pire que Hollande et Sarkozy syndiqués !

Mais en quoi finalement le (ou la, je m’en fous !) Covid-19 a-t-il conduit à cette crise économique d’un nouveau genre, non seulement en France mais partout ailleurs dans le monde ? Tout simplement à cause du confinement !!! Il a duré chez nous du 17 mars au 11 mai ce qui signifie que pendant environ 7 semaines, il n’y a pas eu d’activité économique. C’est l’horreur des horreurs pour le capitalisme. Je m’explique. Voilà ce qu’écrit le sociologue et économiste allemand Max Weber dans son essai “L’Ethique protestante et l’esprit du capitalisme” : “Le capitalisme est identique à la recherche du profit, d’un profit toujours renouvelé, dans une entreprise continue (c’est moi qui souligne)… Il y est obligé… une entreprise capitaliste individuelle qui ne serait pas animée par la recherche de la rentabilité serait condamnée à disparaître”. En fait, le capitaliste est un individu qui, pris de la danse de Saint-Guy, doit courir constamment et qui, s’il s’arrête de lui-même ou si un événement le contraint à s’arrêter, finit par mourir. Le Covid-19 – et l’obligation de confinement qui en résulte – est donc l’assassin de l’entreprise et … à la longue, du capitalisme lui-même.

Or, on évoque de plus en plus l’arrivée d’une deuxième vague. Si celle-ci se produit effectivement, on entrera alors dans une période catastrophique. Ce sera pire que la crise de 1929 et celle de 2008 qui ne sera plus dans les mémoires qu’un épiphénomène ridicule. Et puis, la largesse des gouvernements finira par vite se tarir : ouvrir le porte-monnaie une fois va, mais pas 36 fois ! Il y a pourtant une solution, et une solution d’une simplicité phénoménale pour encaisser sans trop de douleurs les conséquences désastreuses de cette saloperie de maladie. Ne voulant cependant pas créer d’espoir, je m’empresse de dire qu’elle est impossible à réaliser, tout simplement parce qu’elle va se heurter au front qui va immédiatement se constituer pour la détruire, non seulement celui des capitaines du capitaliste, du plus petit au plus gros, enivrés qu’ils sont par cette pathologie que Virgile appelait “l’auri sacra fames”, dit en bon français la maladie de la soif du pognon, bref, le profit ; mais elle va également se heurter à ces millions et millions de nigauds (qui vont être les premiers à plonger tête baissée dans la pauvreté) emberlificotés depuis des décennies par les mêmes capitaines qui leur ont foutu dans la tête qu’il n’y avait qu’un seul système qui vaille, ce merveilleux capitalisme.

Alors, c’est quoi cette solution ? Elle n’est pas miraculeuse, quoique elle ne soit pas loin de l’être ! Elle consisterait à transformer toutes les entreprises en coopératives, je dis bien toutes les entreprises. La recherche du profit tomberait d’elle-même. Aujourd’hui, les coopératives s’inscrivent dans le capitalisme en suivant ses règles et donc, en se conformant à la recherche du profit. Il n’y a que le gouvernement interne qui y est démocratique. Mais si, du jour au lendemain, un gouvernement décrète que toutes les entreprises, sans aucune exception, sont désormais des coopératives, cette folie à toujours vouloir faire du pognon disparaîtra en bonne logique, et la concurrence également. Les entreprises alors et d’instinct dans une recherche de rationalité ensemble, ne feront que répondre aux besoins des gens. Et le Covid-19 lui dans tout cela ? Comme les entreprises ne seront plus emprisonnées dans la recherche unique du profit, elles ne mourront pas bref, ne feront pas faillite mais se retrouveront dans une sorte d’état d’hibernation comme ces animaux qui se réveillent aux premières chaleurs du printemps… et se remettront en marche presque comme si rien de négatif de s’était finalement produit. Naturellement et j’en conviens, il ne faudrait pas que le Covid-19 dure une éternité. À cela, je répondrais qu’il sera plus aisé à une entreprise coopérativée de faire de gros stocks puisqu’il n’y aura plus la recherche de ce foutu profit … qu’à une entreprise capitaliste dont l’obsession est de vendre à tout prix.

En conclusion, je dirai qu’il est des rêves, des utopies qui sont devenus des réalités mais ils ont toujours été le résultat d’une ouverture d’esprit. Or, l’ouverture d’esprit aujourd’hui, c’est plutôt l’engluement. Enfin… comme dit, c’est comme ça, mais, n’ayant rien tenté, il ne faudra pas venir pleurer après…

Philippe Arnon

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Notifiez de
Hellène

Cette 2e vague est annoncée pour produire un effet de terreur chez la population et son obéissance aveugle aux décisions liberticides vues comme indispensables et salvatrices. Elle n’aura pas lieu. Quand une épidémie est finie, elle ne revient pas en arrière. Écoutez les vrais médecins, pas les diafoirus des plateaux télé appointés par big pharma.
Et ce n’est pas une “saleté de maladie “. C’est un nettoyage du corps qui a lieu si l’organisme en a besoin.
Pas de déchets : pas de mouches !

Stratediplo, auteur du Quatrième Cavalier

En effet les sociétés de capitaux à actionnariat anonyme et irresponsable, et la bourse qui permet de spéculer et vendre des parts d’entreprise comme de vulgaires chargements de céréales à peine achetés (voire pas encore), ont entraîné à la fois le gigantisme institutionnel, l’irresponsabilité, la dépersonnalisation et la focalisation sur la plus-value boursière immédiate (au détriment même de la rentabilité durable). La coopérative est une bonne solution pour la pérennité d’une structure, mais d’autres statuts (commandite…) sont plus adaptés à l’initiative individuelle et à la création d’entreprise, au sens propre. Ce sont toutes les sociétés de personnes qu’il faut restaurer pour redynamiser et humaniser le tissu économique corrompu par la révolution matérialiste dite française.

ADLER

Du fric tout frais, à moindre frais : stop aux largesses pour l’immigration massive, les banlieues remplies de racailles, pour les pays africo-maghreb, pour le gaspillage que fait le couple Macron, pour les rémunérations, privilèges avantages retraites dorées de tous nos salopards de politicards, pour la politique de la ville qui est un gouffre sans fond, etc….Voila du fric qui pourrait nous être restitué. A méditer !!!

Pivoine

En somme, revenir à une économie d’avant l’ère industrielle, quand les artisans produisaient à la demande, et n’avaient pas de stock à écouler…

Philippe Arnon

Bonjour Pivoine. Il ne s’agit pas d’un retour en arriere !!! Il s”sgit par une transformation des entreprises en cooperatives d’enlever ce qui constitue la fragilite et donc l’instabilite de l’economie capitaliste : le profit !!! Me comprenez-vous ? Amicaleme t

Stratediplo, auteur du Quatrième Cavalier

Un tissu économique et social basé sur des sociétés de personnes plutôt que des sociétés de capitaux (ce que les philosophes appellent la “doctrine sociale de l’Eglise”, aujourd’hui plutôt portée par le syndicat FO que par la CFTC) n’est pas un nouveau système économique, c’était celui en vigueur en France avant la révolution bleue dite française. Et cela ne signifie pas non plus revenir sur le plan économique à l’ère pré-industrielle mais seulement, sur le plan institutionnel, à l’ère pré-révolutionnaire. Pour mémoire l’absence de sociétés de capitaux dans la Yougoslavie des coopératives dites autogérées n’a pas empêché ce pays de développer une économie performante, y compris sur le plan industriel et scientifique.

Paskal

“Or, on évoque de plus en plus l’arrivée d’une deuxième vague. Si celle-ci se produit effectivement, on entrera alors dans une période catastrophique.”
Est-ce possible ? Y a-t-il eu des deuxièmes vagues pour les grippes de Hong Kong, asiatique, espagnole ? Ont-elles duré des années ?
Dans des coopératives, on ne rechercherait pas le profit ? Il y aurait quand même des cadres comme dans les pays anciennement “socialistes”.

Stratediplo, auteur du Quatrième Cavalier

Un cadre n’est pas un capitaliste recherchant le profit, c’est un employé vivant d’un salaire, par conséquent il est plus motivé par la viabilité de l’entreprise à long terme (ce qui nécessite au moins l’équilibre “à but non lucratif” voire des bénéfices pour provisionnement) que par la plus-value immédiate des actions en bourse… du moins en faisant l’abstraction du système gaulliste du salariat actionnaire ou “participation”. Accessoirement, la grippe étatsunienne dite espagnole a duré, sauf erreur, trois ans en trois vagues.

Paskal

Il y a eu trois vagues mais elle n’a duré que de mars 1918 à mars 1919.

Stratediplo

Merci pour la correction.

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