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Le Covid a accru l’égoïsme des Français

De tous les problèmes générés par l’épisode du Covid (que l’on ne semble pas vouloir arrêter), c’est qu’il n’a pas généré de sentiments positifs, à quelques exceptions près. Les deux jeunes filles qui jouaient au tennis via balcons interposés, les quizz du soir, les applaudissements au personnel médical, ces actions n’ont pas perduré. Avec le recul, le premier confinement a été accepté et bien géré par le peuple français toujours courageux. Ce qui a suivi ne l’a pas été (d’où l’absence pour l’instant d’un 3ème confinement global car jugé a priori insupportable).

Aujourd’hui, nous sommes nombreux à vivre avec de mauvaises pensées, souvent égoïstes. Et je ne m’exclus pas du champ de réflexion : ainsi quand est apparue la carte des départements confinés, mon premier réflexe a été de vérifier si le mien était concerné. Le soulagement ressenti quand j’ai vu que ce n’était pas le cas, n’était pas noble, et j’en étais certes désolé, mais cela ne m’avait pas empêché la genèse de cet état d’esprit. Bien entendu, j’ai eu une pensée pour nos compatriotes niçois ou de Moselle, mais c’était seulement après ce soulagement.

J’avais eu à l’époque un regard sévère pour les citadins qui avaient quitté en mars leur résidence principale pour se rendre à la campagne. Avec le recul, je ne me permettrai plus cette posture morale (qui suis-je pour juger ?). Surtout quand on voit que cela n’a absolument pas déclenché de rebond d’épidémie, au contraire (mieux vaut être dehors qu’enfermé). Ils avaient su alors opter pour le peu de liberté qu’on leur avait laissée.

Le mode survie nous amène à faire des choix pas forcément évidents, à jalouser ceux qui ont su choisir mieux que nous. Au lieu d’en faire le reproche à notre gouvernement, nous en voulons à nos voisins. Le covid a divisé les français, et c’est bien dommage. Etait-ce volontaire ? Je n’en suis même pas sûr, mais je remarque que les gestes de solidarité n’ont pas pu se développer autant que nécessaire. Les manifestations anti-confinement organisés par les Patriotes, ne rassemblent pas assez de monde, hélas. Chacun continue à mener sa petite (sur)vie, mais cela ne mène pas bien loin.

Que faire pour sortir de cette situation collectivement et non chacun dans son coin ? J’avoue ne pas avoir la solution. Si l’un de nos lecteurs a une idée géniale, qu’il nous en fasse part, cela pourrait être utile.

A bientôt, je l’espère, dans un espace et une époque moins égoïstes.

Platon du Vercors