Le CSA, une coûteuse machine de guerre contre la liberté d’expression des journalistes

Publié le 30 juillet 2012 - par - 1 307 vues
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Le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel vient de se distinguer en adressant une remontrance à France 2, suite à son reportage, le 15 février 2012, dans son émission  « Envoyé spécial » sur les abattoirs de France, et la réalité grandissante du nombre de lieux d’abattage exclusivement halal.

Grâce à cette émission, qui tranchait avec le politiquement correct habituel – une semaine auparavant, nos amies Anne Zelensky et Myriam Picard avaient été présentées comme des paranoiaques obsédées par l’islam – nos compatriotes avaient appris qu’un abattoir sur deux, en France, était halal, et qu’ils mangeaient souvent cette viande sans en être informés. Un discours que Riposte Laïque tenait depuis de longs mois, pour avertir les consommateurs de cette réalité.

Naturellement, la polémique avait enflé quand Marine Le Pen avait mis les pieds dans le plat. On avait alors vu toute la caste politicienne, de Sarkozy à Mélenchon en passant pas les Verts et les socialistes, sans oublier rabbins et imams défendant leur fond de commerce communautariste, pour nier cette vérité, et, bien évidemment, accuser la présidente du Front national de racisme.

En présentant une telle enquête, les journalistes de France 2 avaient fait œuvre d’utilité publique, et contribué à rehausser l’image d’une profession gangrénée par le politiquement correct de gôche. C’est cette liberté d’expression que les cerbères du CSA ont voulu mettre à bas, en adressant cette remontrance dont ils ne peuvent ignorer les conséquences. Ce sont en effet, par effet de cascade, l’ensemble des journalistes qui seront encore davantage corsetés, et se verront dans l’impossibilité de présenter des sujets pouvant heurter le politiquement correct, comme leurs confrères d’Envoyé spécial avaient osé le faire.

Je me souviens, lors d’une émission sur la laïcité, réalisé par Philomène Esposito et Alexandre Le Guienne, de l’angoisse des journalistes du service public, suite à des réponses que Christine Tasin et moi faisions. « Mais cela ne passera jamais, ne dites surtout pas cela », nous suppliaient-ils, effrayés. Guère étonnant que le résultat de nos interviews, après montage, ait été fort éloigné de nos vrais propos.

[youtube aeEVlNvzs3Q] 

http://www.youtube.com/watch?v=aeEVlNvzs3Q&feature=plcp

Le CSA, d’autre part, milite ouvertement pour une sur-représentation de la diversité dans les émissions télévisées, avec un observatoire spécial, présidé par Rachid Arhab. C’est lui qui, suivant les consignes données à l’époque par Sarkozy, entend montrer une France métissée partout, dans les publicités ou feuilletons, et rappelle à l’ordre quiconque ose montrer une France trop gauloise à ses téléspectateurs. Signalons que sur 9 de ses membres, trois sont issus de la diversité.

Impitoyable avec les mal-pensants – il vient de se distinguer également en adressant un blâme à Eric Zemmour, coupable d’avoir brocardé Christiane Taubira, il se montre d’une rare indulgence, voire complicité, quand les Ruquier, Drucker, Darmon, Fourest et toute la mafia du show biz, caressant leur clientèle inculte dans le sens du poil, se permettent de parler grossièrement de la présidente du Front national. Critiquer la nouvelle Garde des Sceaux, c’est très mal, mais se faire Marine, c’est tendance.

Naturellement, les commissaires politiques auto-proclamés de l’anti-racisme multiplient les protestations auprès des cerbères du CSA, accentuant la pression contre la liberté d’expression.

Il n’est pas inintéressant, à une époque où le gouvernement de Normal 1er vient de prendre 7 milliards d’euros dans les poches des Français, et se prépare, pour obéir aux diktats de l’Union européenne, à en prendre 33 milliards en 2013, de savoir comment fonctionne ce machin, et combien il nous coûte. Créé en 1989 sous le gouvernement Rocard, il est constitué de 9 membres. 3 sont nommés par le président de la République, 3 par le président du Sénat, et 3 par celui de l’Assemblée nationale. Cela signifie, et c’est accablant pour Sarkozy, qu’aujourd’hui les 9 membres qui imposent leur dictature à l’ensemble de l’audiovisuel ont été nommés par l’UMP, et, encore plus grave, cela veut dire qu’en 2017, ce ne seront que des socialistes et leurs alliés qui le composeront !

Ce fromage rapporte 15.000 euros par mois à son président, actuellement Michel Boyon, jusqu’en 2013, et 11.000 euros aux autres heureux nommés. S’ajoutent à ce modeste salaire des frais de fonctionnement et de transports qui émeuvent parfois des journalistes courageux comme Guillaume Evin, auteur d’un « livre noir sur le CSA » qui, bien évidemment, ne fut relayé par aucun média officiel, personne n’osant faire la promo d’un inconscient qui se permet d’éreinter les cerbères qui vont les surveiller. Parmi les rares ayant osé évoquer ce salutaire ouvrage se trouve le site « Enquête et Débats ».

« Pourquoi et comment le Conseil supérieur de l’audiovisuel est-il devenu une sorte d’institution off-shore de la République, un authentique fromage français pour quelques centaines de fonctionnaires qui se la coulent douce ? », ose, d’autre part, se demander l’iconoclaste journaliste Guillaume Evin. Autre information intéressante à connaître, pendant que Nicolas Sarkozy ne remplaçait qu’un fonctionnaire sur deux, le CSA menait une politique de l’embauche des plus audacieuses, puisque les effectifs de cette officine passaient, de 260 salariés en 1994 à 321 en 2009. Policiers et enseignants apprécieront.

Le CSA coûte à la collectivité nationale 40 millions d’euros par an, et renouvellera en 2013 le tiers de ses mandants. Le nouveau président sera remplacé, sur proposition de Normal 1er, les deux autres le seront sur proposition de Bartolone et de Bel, rien que des socialistes. Les pronostics sont ouverts, il va falloir trouver du boulot à tous les serviteurs du PS qui n’ont pas encore eu leur part du fromage hollandais : Jack Lang, Ségolène Royal, Bertrand Delanoë, François Bayrou, Dominique Sopo, Rokhaya Diallo, Audrey Pulvar, Michel Tubiana, Alain Duhamel, Claude Askolovitch, Laurent Joffrin… ?

Inutile de croire une seule seconde que les socialistes seraient capables de prendre la seule décision politique à la hauteur des enjeux, dans un contexte d’économies budgétaires drastiques qu’ils vont imposer à leur peuple : dissoudre le CSA, machin inutile, et tous les fromages de la République, comme le Conseil Economique et social, qui nous coûtent les yeux de la tête, et ne servent qu’à placer les petits copains, de droite et de gauche.

Faisons leur plutôt confiance pour lui donner de nouvelles prérogatives, notamment en mettant la presse internet sous contrôle. Nombre des leurs en rêve tellement…

Pierre Cassen

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