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Le débat Trump-Biden avec un autre regard que celui des médias français…

https://medias.liberation.fr/photo/1338393-us-president-donald-trump-and-democratic-presidential-nominee-joe-biden-participate-in-their-first-2.jpg?modified_at=1601449060&width=960

Le premier débat Trump-Biden s’est déroulé cette nuit, à 3 h du matin heure française, animé par Chris Wallace, journaliste de Fox News.

Débat  de 90 minutes très attendu, suivi par près de 100 millions d’Américains devant leur écran TV et que vous pouvez visualiser intégralement  avec les liens ci-dessous.

https://youtu.be/Y4HQzeI8F_U  ( en anglais ) ou bien :

https://www.telerama.fr/ecrans/replay-regardez-le-1er-debat-entre-donald-trump-et-joe-biden-traduit-en-francais-6706639.php ( traduit en français )

Évidemment, il serait  illusoire d’attendre un compte-rendu objectif de la part des médias français, qui se contentent de dépeindre un débat  houleux et  violent, qui vire au pugilat permanent et aux attaques personnelles.

Rappelons que les sondages sont légèrement favorables à Joe Biden, mais que le système électoral américain ne permet aucunement  de prédire la victoire.

Avec 3  millions de voix d’avance, Hillary Clinton a été battue, puisque ce sont les grands électeurs des États qui font l’élection.

Pour gagner, il faut remporter les États-clés, où il y a le plus grand nombre de grands électeurs.

Par ailleurs, un vote par correspondance élargi, pour cause de Covid-19, serait propice à une fraude massive. Trump a donc averti son adversaire qu’il n’accepterait jamais un verdict douteux entaché de fraude.

Mais revenons au débat. En voici les principaux extraits, restitués par Paris-Match

https://www.parismatch.com/Actu/International/Trump-Biden-tout-sur-le-premier-debat-presidentiel-1704842

D’entrée, Joe Biden conteste la nomination par Donald Trump de Coney Barrett à la Cour suprême, à la veille des élections. Le candidat démocrate oublie simplement qu’Obama avait tenté de faire de même, mais avait été barré par le Sénat à majorité républicaine. Trump rétorque que c’est son droit et il encense Coney Barrett, dont les compétences font l’unanimité.

Ce que dénonce Joe Biden, c’est  la remise en cause de l’Obamacare et la menace qui pèse sur la loi autorisant l’avortement.

« Vous voulez socialiser la santé. Moi, j’ai baissé le prix des médicaments », rappelle Trump.

« Tout ce qu’il dit est un mensonge », affirme Biden.

Attaqué sur sa gestion de la crise sanitaire, qui a fait 200 000 morts, Trump rétorque à Biden : « Si c’était toi, il y aurait eu 2 millions de morts » !

« J’ai fermé les frontières et sauvé des milliers  de vies ».

La cacophonie s’installe. Tout le monde parle en même temps. Le modérateur a du mal à calmer les échanges.

« Il n’a aucun plan pour la santé… il n’a pas de plan », dit Biden. « La vérité est que cet homme ne sait pas de quoi il parle ».

« Je suis victime de fake news. J’ai fait beaucoup de choses. Et vous n’avez pas les tripes pour faire le boulot », rétorque Trump.

Exaspéré d’être interrompu, Biden lâche : « Tu vas la fermer, mec ? »

Et Trump de répliquer : « J’en ai fait plus en 47 mois que toi en 47 ans de politique ! »

Biden accuse Trump de passer son temps à jouer au golf.

« Ne me parle pas d’intelligence Joe, tu as été le dernier de ta classe », assène Trump.

Sur le port du masque, que Trump porte peu, Biden accuse Trump d’être un imbécile.

Sur l’économie, Biden lance une attaque particulièrement malhonnête :

« Il y a moins d’emplois aujourd’hui que quand il est devenu Président », alors qu’avant la crise sanitaire, le bilan économique de Trump était le meilleur depuis 50 ans, y compris pour les Noirs.

Trump veut ouvrir tous les États, Biden veut les confiner et détruire le pays.

« La reprise est exceptionnelle. 10,4 millions d’emplois ont été créés en 4 mois. C’est unique dans l’Histoire », se défend Trump.

Attaqué sur sa feuille d’impôts et les 750 dollars payés au fisc en 2017, Trump rétorque qu’il a payé des millions d’impôts et qu’il le prouvera à la fin de l’enquête fiscale en cours.

Trump, qui a refusé de percevoir son traitement de président de 450 000 dollars annuels, aurait pu demander à Joe Biden s’il comptait faire de même… histoire de lui clouer le bec.

Biden revient sur l’économie, mentant effrontément en affirmant que Trump a hérité d’une économie florissante mais a tout foiré.

Trump coupe souvent la parole à son adversaire.

« Pas facile d’en caser une avec ce clown », dit Biden.

Trump attaque Biden sur son fils Hunter, soupçonné de corruption. Mais à ce jour les preuves manquent et Biden botte en touche en traitant Trump de menteur.

Puis vient un échange sur le racisme et les émeutes qui ont suivi la mort de Georges Floyd. Trump accuse Biden d’être un semeur de désordre, incapable de faire respecter la loi.

Attaqué sur les émeutes dans l’Oregon, Biden réplique qu’il n’est pas aux affaires et accuse Trump de soutenir les milices d’extrême-droite comme les Proud Boys que défend Trump.

Trump affirme sa volonté de combattre les antifas et l’extrême-gauche.

Biden résume le bilan de Trump : « Nous sommes devenus plus faibles, plus malades et plus divisés ». « Trump est le chiot de Vladimir Poutine ».

Sur le climat, Biden veut réintégrer l’Accord de Paris, rompu par Trump en 2017.

Trump ironise alors sur le programme écologique de la gauche : « Ils veulent supprimer les vaches aussi ! »

Puis Trump attaque Biden sur ses propos contre les militaires : « Ils les a traités de bâtards stupides »

Sur l’intégrité de l’élection, le désaccord est total, Trump dénonçant la fraude colossale consécutive au vote par correspondance, lequel a déjà commencé.

Pour Trump, seuls les bulletins décomptés au soir de l’élection devraient être pris en compte, mais pas les votes par correspondance qui seront dépouillés plus tard.

Chris Wallace pose la question cruciale aux deux candidats :

« Allez-vous demander à vos partisans de rester calmes pendant la période post-électorale et vous engagez-vous à ne pas proclamer de victoire avant que les résultats ne soient certifiés de manière indépendante ? »

« Oui », répond  Biden.

« Je demande à mes partisans d’aller dans les bureaux de vote et d’observer », répond Trump.

« Si je vois des dizaines de milliers de votes manipulés, je ne peux pas accepter ça ! »

Fin du débat

On le voit, ce débat n’a rien d’un échange purement  politique, où chacun défend son programme ou son bilan dans un climat serein.

Jamais les États-Unis n’auront été aussi violemment divisés, ce qui n’augure rien de bon.

Mais quel que soit  le niveau de cet échange, particulièrement houleux et peu constructif, celui-ci ne changera pas grand chose au résultat.

Seulement 6 % des électeurs sont encore indécis. Beaucoup ont déjà voté par correspondance.

Chaque candidat conserve son socle électoral, notamment Trump, qui peut compter sur le vote populaire de l’Amérique profonde, qui ne veut plus d’immigration et ne veut plus voir son identité se diluer dans le mondialisme.

Pour les fans de Trump, celui-ci a écrasé Biden, un socialiste de mauvaise foi, dépassé par la situation. Rires et applaudissements fusent à chaque répartie de leur champion.

On sait que Trump, fort de l’appui de la Cour suprême, n’acceptera jamais une victoire de Biden, s’il soupçonne qu’elle est entachée de fraude.

Quant aux démocrates qui n’ont jamais accepté leur défaite de 2016 et qui s’appuient sur les milices d’extrême-gauche et  sur les minorités noire et  hispanique, se résigneront-ils à une réélection de Trump ?

Biden affirme qu’il acceptera le verdict. Mais la mouvance d’extrême-gauche a prouvé son fort pouvoir de nuisance avec l’affaire de Georges Floyd. Des émeutes sont possibles.

Rien ne prouve que cette élection se déroulera de la façon la plus intègre et sereine qui soit, une règle élémentaire qu’on est en droit d’attendre de la plus grande démocratie du monde.

Wait and see

Jacques Guillemain