Le déclin fait roi : Nous avions le choix entre le de Gaulle de 1962 et le Pétain de 1940

Publié le 7 mai 2012 - par - 2 055 vues
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«  Un journal de Budapest me critique, suis une figure pathétique et parait-il irresponsable, et salue l’attitude du Parti communiste chilien qui prend des décisions  responsables. Comme j’aimerais arriver au pouvoir, uniquement pour démasquer les lâches et les laquais et leur mettre le museau dans leurs cochonneries »
( Che Guevara Journal de Bolivie 8 septembre 1967 , un mois avant son assassinat par les bérets verts US de la CIA, avec l’aide constante et directe du KGB )

Le corps électoral ( je n’ose dire les Français) a choisi Culbuto contre Zébulon. Il y avait le choix, en effet, entre de Gaulle et Pétain. Le de Gaulle de 1962 et le Pétain de 1940. Le choix entre la défaite et la capitulation, entre le lâche soulagement et le soulagement lâche.  Ce soir des milliers de personnes vont faire la fête et nous rejouer la liesse moisie de 1981. Nous en vomissons déjà tripes et boyaux et si nous pardonnons, bien volontiers, aux jeunes âmes, comment supporter alors le crétinisme veule de ceux qui eurent vingt ans, un certain 10 mai, au vingtième siècle, et qui cette nuit nous feront une rechute de cocus  ?
Mais quoi ? Faut-il encore s’étonner que des Français se couchent tard avec la gueule de bois plutôt que de se lever tôt l’arme à la bretelle ? Aucun des deux candidats siamois ne les appelaient à rejouer Valmy ,Verdun, les Glières ou  le Vercors .
On ne dira jamais assez, malgré la première et la seconde guerre mondiale et leurs catastrophiques conséquences sur « le moral » français, qu’une des clés reste l’Algérie .
Charles de Gaulle dit un jour de 1960 : «  Les français n’auront pas le courage de combattre des siècles… Alors on dégage et tant pis pour le pétrole et l’avenir … Nous aurons la bombe et le nucléaire » Tout est dit. Et nous voilà ce soir … Rideau tiré.

Il prolongeait la politique de Montoire  qu’il avait fustigé : Jouer le rôle de bouclier, épargner des vies, gérer l’hexagone.
Autrement dit, il continua de transformer le peuple de Bouvines en résidents anxieux  de maisons de retraite. Un chef aurait dit :  « Nous n’aurons que ce que nous saurons prendre  !».
Beaucoup pensent que les lendemains de cette mascarade seront salvateurs, que le bon peuple se réveillera, s’insurgera même. Il n’est pas interdit d’espérer que les crapauds se transforment en chevaliers à la cuirasse rutilante et à l’épée tranchante mais les contes bercent autant les enfants que les gâteux chevrotants. Il fallait se révolter de suite et, au moins, suivre l’exemple révolutionnaire islandais : chasser la droite au pouvoir en assiégeant le palais présidentiel, puis la « gauche libérale » parce qu’elle entendait mener la même politique que la droite, avant d’imposer un référendum pour déterminer s’il fallait rembourser les banques … Référendum où le « non » l’a emporté à hauteur de 93% …
Oh bien sûr en pays latin il y a des risques ! Certes dans une nation sous tutelle américano-bruxelloise , on peut craindre des réactions violentes des structures collaborationnistes étatiques. Mais quoi donc ? On ne meurt plus sur une barricade en France ? Ou dans un maquis rural ou urbain ? Non. Pour les politiques et les philosophes médiatiques, on meurt sur la route, c’est horrible, du sida, c’est insupportable, du cancer , c’est malheureux, d’un AVC ,c’est effroyable, d’une MST, c’est épouvantable mais honorable, ça prouve qu’on connait du beau monde de Lille au FMI.
Bref, mourrons d’accord, mais sans gloire et comme disait l’ami Georges : « Mourrons pour des idées d’accord, mais de mort lente », mais de mort très très lente alors…
Déjà les gauchistes bobos piaillent : « Pas trop ! Pas trop tôt ! » Que leur répondre sinon : « Pas trop peu ! Pas trop tard ! »
La modernité nous offre généreusement l’agonie en cheveux blancs. Les masses africaines, pour se réconcilier, viennent mettre leurs couches aux vieillards européens se gavant de fraises tagada en regardant une misérable émission de télé-réalité sur des écrans plasmas, fabriqués par des asiatiques exploités, mais « aux coûts de travail tellement rentables » pour les capitalistes incestueux.
Notre nation fut longtemps guidée par Corneille : « À vaincre sans péril, on triomphe sans gloire. » Culbuto nous propose une variante d’obèse : « A jouir sans péril, on s’essouffle sans gloire. » Nous ferons donc des efforts « périlleux » pour plus de matérialisme, pour toujours profiter du barbecue du dimanche et comme dit si justement un camarade rugbyman : « pouvoir baver Allez l’OM ! A quelle heure est la Star AC ?… Z’avez vu Camping 2 ? ».
Les spécialistes, les commentateurs vont nous les briser avec les courbes, les statistiques, les réalités économiques, la dette, le marché euro-atlantique, l’intendance quoi !
Ils pourraient s’économiser en disant simplement que pour l’électeur qui remet sa liberté entre les mains moites d’un président aux ordres de la finance, vivre misérablement vaut mieux que mourir avec gloire.
Avez-vous vu, juste avant le vote, le débat entre Henri Guaino et Régis Debray ? C’était pathétique et tellement parisien : Henri costume classique dévoré de tics et Régis déguisé en ouvrier d’opérette, pantalon rouge, blouse bleue sur chemise prolétarienne rayée…  En conclusion nos plumes se félicitaient mutuellement de n’avoir pas eu de chance… Leurs mots si magnifiques dans la bouche de princes qui ne les méritaient pas. Et Debray de conclure goguenard et méprisant : « on fait avec ce qu’on trouve ».
La politique pour ne pas dire le politique se résume à cela : des auteurs prétentieux au service de tribuns corrompus.
Alain de Benoist dans un article sur l’anarchiste de droite Jean Cau écrivit ces lignes qui peuvent nous servir de boussole : « Deux ans plus tôt, en 1979, surgissant d’où on ne l’attendait pas, il publie Une passion pour Che Guevara. A cette date, le révolutionnaire cubain a depuis plus de dix ans été abattu. Jean Cau y célèbre un homme qui a mis sa peau au bout de ses idées: « Guevara était certes un utopiste, mais il était possédé par une foi et il est allé jusqu’au bout de son sacrifice ». Era un hombre … « Ta foi, Che, n’est pas la mienne, ajoute-t-il, mais tu passes et ton allure me saisit; je me découvre au bord du sentier et te salue ». Dans Le Monde, Bertrand Poirot-Delpech parlera de « détournement de cadavre ». Réponse de Jean Cau: « Ils étaient habitués à passer en se signant devant la chapelle de saint Che, et voilà qu’ils y découvrent des fleurs avec ma carte de visite. Ils les piétinent. Colère de bigots ».

Je ne sais si Guevara lisant Camus et Saint-Exupéry, à ses guérilleros, en crachant ses poumons dans la jungle bolivienne était de droite ou de gauche.  En tous cas Culbuto restera insensible à ses paroles : « Qu’importe où nous surprendra la mort ; qu’elle soit la bienvenue pourvu que notre cri de guerre soit entendu, qu’une autre main se tende pour empoigner nos armes … Qu’importe les dangers ou les sacrifices d’un homme ou d’un peuple, quand ce qui est en jeu c’est le destin de l’humanité .»
Oui insensible car elles sont si françaises parce qu’universelles.

Jean-Marc DESANTI

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