Le dernier livre d’Oriana Fallaci, “La force de la raison” est un véritable trésor pour les résistants

Publié le 17 septembre 2012 - par - 4 344 vues
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En ce  dimanche 16 septembre, quatorze heures, je suis par la pensée à Florence avec   notre ami Pierre Cassen,  invité à participer à l’hommage rendu à ORIANA FALLACI, pour commémorer le sixième anniversaire de sa disparition, survenue cinq ans presque jour pour jour, (le 15/09/2006) après les attentats du World Trade Center.

Hommage à une grande dame : Oriana Fallaci | Riposte Laique

Bien évidemment, les médias si prolixes de coutume, en pareille circonstance, se montrèrent d’une grande « discrétion » en 2006. Toutefois, Libération, dont nous apprécions si souvent la « grande délicatesse » ne manqua pas de rappeler, parlant de son livre « La rage et l’orgueil » :

« Elle parlait de « horde » et de « miasmes nauséabonds ». Ce texte dénoncé comme un brûlot antimusulman, avait déclenché passions et polémiques et lui a valu des poursuites judiciaires. Lors d’une demande de référé pour l’interdiction de son livre en France, l’avocat du Mrap soulignait combien cette prose vissée sur une logique de la haine reproduisait la méthode de la littérature antisémite de la fin du XIXe siècle aux années 30. »

Pour bien comprendre l’importance de l’hommage qui lui est rendu en sa ville natale, par l’Association « Una via per Oriana Fallaci », il faut savoir qui était cette grande dame : née dans une famille antifasciste, maquisarde dans la Résistance italienne contre Mussolini, pendant la seconde guerre mondiale, journaliste à l’âge de 17 ans, athée. Alors qu’elle avait commencé sa carrière dans la presse de gauche laïque, la journaliste s’était, à la fin de sa vie, rapprochée de la droite et de l’église catholique, se définissant alors avec humour comme « athée-chrétienne »

La parution de « La rage et l’orgueil » déclencha un tel lynchage médiatique et des sévices d’une telle violence,  qu’à son corps défendant, elle les résuma dans son nouveau livre « La force de la raison » :

« Quels sévices ? Eh bien, il me répugne de les énumérer. Cela me redonne la nausée et risque de transformer mon propos en affaire personnelle. Mais si je me tais sur eux, celui qui n’en sait rien ne comprendra pas. En voici donc quelques- uns, même si c’est à vol d’oiseau. Des menaces de mort, pour commencer. Hurlées ou susurrées, téléphonées ou écrites ou imprimées. Ces dernières dans de sales pamphlets diffusés dans les communautés islamiques, et qui, non contents de diffamer la mémoire de mon père bien-aimé (les offenses aux morts sont de surcroît interdites par la loi), incitent les frères musulmans à me tuer au nom du Coran. (Pour être précis au nom de quatre versets dont il découle qu’avant d’être exécutée, une chienne- infidèle de mon espèce doit être déshabillée et exposée à des offenses innommables.) De repoussants articles dont les diffamations atteignent un autre homme que j’ai beaucoup aimé, mort lui aussi, Alekos  Panagoulis. De cuisantes injures publiées avec la même complaisance par la presse de droite et de gauche. « Or-hyène Fallaci », Talibana Fallaci », « Fuck-you-Fallaci ». (Dans un journal d’extrême-gauche, « Fuck-you-Fallaci » en lettres énormes, s’étendant sur une page entière.) Des obscénités écrites sur les murs, dans les rues (« Oriana puttana ») et sur les pancartes des arcs-en-cielistes qui se disent pacifistes. Des banderoles m’invitant à me désintégrer avec la prochaine Shuttle qui explosera à son retour dans l’atmosphère. Des animateurs de télévision qui dessinent pendant leur émission de grotesques moustaches sur ma photo, puis, en vrais gentilshommes, s’en vantent en annonçant que demain, ils referont ce geste audacieux…Des sénateurs et sénatrices qui voient en mes idées un trouble neurologique dû à mon âge qui n’est plus jeune, et suggèrent dans le plus pur style bolchévique de m’enfermer en clinique psychiatrique. Des imitatrices sans intelligence ni civilité qui, en chaussant un casque comme celui que je portais au Vietnam, me traitent d’incitatrice à la guerre ou raillent ma maladie en m’adressant des attaques et des ripostes cruelles. «  Puisses-tu attraper le cancer ! » – « Je l’ai déjà. »

Ces attaques grossières sont le point de départ de «La Force de la raison », et en s’identifiant à un certain Mastro Cecco qui fut brûlé vif par l’Inquisition en 1328 à cause d’un livre, elle se présente comme une Mastra Cecca, hérétique irréductible et récidiviste, qui connaît le même sort sept siècles plus tard. A la liste de ces sévices, il convient d’ajouter le procès qui lui fût intenté en 2002 à Paris pour racisme, xénophobie, blasphème, incitation à la haine envers l’Islam. Un procès intenté avec le concours d’une association judaïque apparemment oublieuse du fait qu’elle venait de partir en guerre contre la résurgence de l’antisémitisme… La Suisse, par le biais de l’ambassade suisse à Rome, en novembre 2002, demanda à l’Etat italien de l’extrader ou d’ouvrir contre elle et ses éditeurs une procédure pénale à cause du contenu de La rage et l’orgueil. Procédure à mener en se fondant sur les articles 261 et 261- bis du Code Pénal Helvétique : « Article 261-bis grâce auquel un immigré musulman peut avoir le dessus dans n’importe quelle controverse idéologique ou syndicale ou privée, en invoquant le racisme idéologique ou la discrimination raciale. (« On-ne-m’a-pas-licencié-parce-que-je-volais-mais-parce-que-je-suis-musulman. » « Il-ne-m’a-pas-frappé-parce-que-j’avais-touché-le-derrière-de-sa-femme-mais-parce-que-je-suis-musulman-«).

Cette requête fut rejetée tout court par le ministre de la justice, Roberto Castelli, qui rappela à son confrère suisse que l’article 2 et plus particulièrement l’article 21 de la Constitution Italienne garantissent au citoyen italien l’inviolable droit de manifester librement sa pensée par la parole et l’écrit.

Dans son livre « La force de la raison » Oriana Fallaci fait preuve d’une incroyable lucidité, lorsqu’elle écrit :

« Cela ne me fait pas plaisir de dire que Troie brûle, que l’Europe est désormais une province, voire une colonie de l’Islam, et l’Italie un avant-poste de cette province, un point de repère de cette colonie. Le dire revient à admettre que les Cassandre parlent vraiment au vent, que malgré leurs cris de douleur, les aveugles restent aveugles, les sourds restent sourds, les consciences réveillées se rendorment vite, et les Mastri Cecchi meurent pour rien. Mais c’est cela la vérité. Du détroit de Gibraltar aux fiords de Soroy, des falaises de Douvres aux plages de Lampedusa, des steppes de Volgograd aux vallées de la Loire et aux collines de Toscane, l’incendie flambe. Dans chacune de nos villes, il y a une seconde ville. Une ville superposée et semblable à celle que, dans les années soixante-dix, les Palestiniens créèrent à Beyrouth, établissant un Etat dans l’Etat, un gouvernement dans le gouvernement. Une ville musulmane, une ville gouvernée par le Coran. Une étape de l’expansionnisme islamique. Cet expansionnisme sur lequel personne n’a jamais réussi à prendre le dessus. Personne. Même pas les Perses de Cyrus le Grand. Même pas les Macédoniens d’Alexandre le Grand. Même pas les Romains de Jules César. Même pas les Français de Napoléon. Car l’unique art où les fils d’Allah ont toujours excellé, c’est l’art d’envahir, conquérir, soumettre. La proie qui leur a toujours inspiré la plus forte convoitise, c’est l’Europe, le monde chrétien […] Aucune loi liberticide ne pourra jamais démentir que dans les années soixante-dix et quatre-vingts, c’est justement grâce à [leur] fertilité renversante que les Chiites ont pu s’emparer de Beyrouth, évincer la majorité chrétienne maronite…Mais, surtout, il suffit de se rappeler ce que Boumediene [2ème Président de la République Algérienne, suite à un coup d’Etat] dit en 1974 devant l’Assemblée des Nations Unies : « Un jour, des millions d’hommes quitteront l’hémisphère sud pour faire irruption dans l’hémisphère nord. Et certainement pas en amis. Car ils y feront irruption pour le conquérir. Et ils le conquerront en le peuplant de leurs fils. C’est le ventre de nos femmes qui nous offrira la victoire. Il ne disait là rien de nouveau. Encore moins de génial. La Politique du Ventre, c’est-à-dire la stratégie consistant à exporter des êtres humains et à les faire enfanter abondamment, a toujours été la méthode la plus simple et la plus sûre pour s’approprier un territoire, dominer un pays, se substituer à un peuple ou l’asservir. Et depuis le VIIIe siècle, l’expansionnisme islamique s’est toujours déroulé à l’ombre de cette stratégie. Souvent à travers le viol et le concubinage […] Et aujourd’hui, ce projet est un précepte. Dans toutes les mosquées d’Europe, la prière du vendredi s’accompagne de l’exhortation qui incite les femmes musulmanes à « avoir chacune au moins cinq enfants. »

Courageuse et lucide, l’auteur est aussi extraordinairement visionnaire lorsqu’elle écrit avec humour, (en 2004 ! faut-il le rappeler ?), parlant  de ce qu’elle considérait comme une erreur : l’intervention en Irak :

« Moi je laisserais les Irakiens cuire dans leur jus. Car la liberté et la démocratie ne sont pas deux chocolats à offrir à ceux qui ne les connaissent pas et ne veulent pas les connaître, à ceux qui n’en mangent pas et ne veulent pas en manger. En Europe l’opération a réussi car en Europe, ces deux chocolats étaient un aliment que nous connaissions bien, un patrimoine que nous avions construit et avions perdu et voulions retrouver. Au Japon, elle a réussi car, malgré ses liens de fer avec l’autoritarisme le Japon avait commencé sa marche vers le progrès dès la seconde moitié du XIXe siècle. Il était prêt à manger les deux chocolats. A les comprendre et à les manger. La liberté et la démocratie, mes chers, il faut les vouloir. Et pour les vouloir, il faut comprendre ce qu’elles sont, comprendre leurs idées. A 95%, les musulmans refusent la liberté et la démocratie non seulement parce qu’ils ne savent pas de quoi il s’agit, mais aussi parce que, si tu le leur explique, ils ne le comprennent pas. Ce sont des idées trop opposées à celles sur lesquelles est basé le totalitarisme théocratique. Trop étrangères au tissu idéologique de l’Islam. Dans ce tissu idéologique, c’est Dieu qui commande, pas les hommes. C’est Dieu qui décide du destin des hommes, pas les hommes eux-mêmes. Un Dieu qui ne laisse pas de place au choix, à la réflexion, au raisonnement. Un Dieu pour lequel les hommes ne sont même pas des enfants : ce sont des sujets, des esclaves. »

Quelle gifle magistrale pour tous nos bobos-intellos-gauchos-islamo-compatibles !! Tous les « ravis des  printemps arabes ». Ces printemps qui n’en finissent pas de se muer en chaos islamistes…comme bon nombre d’entre nous l’avaient prévu. La liberté et la démocratie sont deux notions qui leur sont tellement étrangères qu’ils ne savent qu’en faire, et croyant se libérer, se précipitent aussitôt vers de nouvelles chaînes, bien pires que les anciennes !

L’incapacité qu’elle dénonce, à comprendre autre chose que les préceptes du Coran, se retrouve ici :

« L’Islam a toujours persécuté et fait taire ses hommes intelligents. En commençant par le grand Averroès. Accusé d’hétérodoxie pour son œuvre  La destruction de la destruction, polémiquant avec le fidéiste Al-Ghazali, Averroès fut de fait contraint à fuir Cordoue en 1195 et à se cacher à Fez, où cependant on le retrouva vite. On y brûla ses livres, on l’emprisonna comme un délinquant, et ce n’est que quelques mois avant sa mort (à 72 ans déjà) qu’il retrouva la liberté. Ce n’est pas par hasard qu’Ernest Renan dit qu’attribuer à l’Islam les mérites d’Averroès, ce serait comme attribuer à l’Inquisition les mérites de Galilée. S’il y a un siècle au cours duquel l’Islam n’ait irradié que l’inertie et la décadence, c’est justement le XVIIIe. Et s’il y a un courant de pensée avec lequel l’Islam n’a jamais rien eu à voir, c’est justement celui des Lumières.

Savez-vous pourquoi ? Parce que comme Diderot l’a écrit à madame Volland, il y a deux cent quarante-cinq ans : « L’Islam est l’ennemi de la Raison ». Et si [les] musulmans n’entrouvrent pas leur cerveau, s’ils ne donnent pas un bon coup de lessive au Coran et à la théocratie, aucune Eurabie ne pourra jamais démontrer le contraire. »

Je vais me répéter, ce livre  est un trésor, un gisement  d’informations, d’anecdotes, de documentation, mais aussi d’exhortations à réagir, à lutter pour la survie de notre mode de vie et de pensée, si imparfait soit-il mais tellement préférable à l’obscurantisme. Et comment mieux terminer qu’en citant la conclusion de l’auteur :

« Ici, il s’agit de survivre. Et pour survivre on a besoin de la Raison. De réflexion, de bon sens, de la Raison. Aussi cette fois-ci, ce n’est pas à la rage, à l’orgueil, à la passion que je fais appel. Je fais appel à la raison. Et avec Mastro Cecco qui monte de nouveau sur le bûcher allumé par la déraison, je te dis : il faut retrouver la Force de la Raison ».

Oriana Garibaldi

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