Le discours anticapitaliste de Serge Ayoub est inopérant face à l’islamisation du pays

Publié le 18 décembre 2013 - par
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AyoublivreJ’aime beaucoup Serge Ayoub, sa gouaille, son courage physique et souvent ses analyses. Je trouve vraiment très bien que Pierre Cassen, issu de la mouvance trotskiste, et Serge, venu de l’autre côté, soient capables de parler ensemble de l’Union des Patriotes, et de partager un même amour de la France. Pour moi, ils incarnent, avec leurs parcours différents, l’avenir d’une Résistance où la question essentielle n’est pas de savoir d’où on vient, mais où on va.

J’ai beaucoup admiré Serge Ayoub lors de l’affaire Méric, où, seul contre la meute, il a défendu ses amis, et permis avec son avocat de gauche, Nicolas Gardères, que les faits soient rétablis. Aujourd’hui, tout le monde sait qu’Esteban et Samuel ont été agressés, et que Méric et sa bande étaient les vrais agresseurs. Là encore, je trouve très élégant de la part de Riposte Laïque de permettre au livre de Serge Ayoub d’être commandé sur le site. C’est sympathique, et une belle preuve de solidarité militante.

Mais Serge Ayoub est un personnage trop entier pour se satisfaire de basses flagorneries. Une partie de l’interview où il répond à Pierre Cassen me pose un problème, voire me laisse un profond malaise.

http://ripostelaique.com/serge-ayoub-auteur-de-laffaire-clement-meric-les-antifas-sont-couverts-par-valls.html

« Si certains quartiers s’islamisent, c’est à cause d’une politique d’immigration décidée par le grand capital et validée par la gauche et la droite depuis 40 ans. On ne défend pas une civilisation en jouant les Cassandre, mais en désignant l’ennemi, et pour moi l’ennemi n’est pas le musulman ou l’immigré en soi, mais le système qui engendre sa présence massive sur notre territoire. C’est cet ennemi qu’il faut désigner, et cet ennemi c’est le pouvoir ».

ayoubD’abord, sa réponse laisse entendre que la personne qui la lui pose ciblerait le musulman ou l’immigré, sans la moindre distinction. Ce n’est bien sûr pas le cas, et Serge connaît suffisamment le discours de RL, puisqu’il a déjà invité dans son bar, Le Local, avant que Valls n’en décrète la fermeture, Pierre Cassen, Christine Tasin, Pascal Hilout et Jacques Philarchein. D’autre part, il ne fait aucune distinction entre la nature de l’immigration. Les Asiatiques et les musulmans sont immigrés, pourtant, aucun problème avec les uns, et beaucoup avec les autres.

Je retrouve dans ce discours, souvent tenu à l’extrême gauche, la volonté de ne se consacrer qu’à la cause, forcément le capitalisme, et pas aux conséquences. Si je comprends bien ce que dit l’ancien chef de Troisième Voie, il n’y a aucun combat spécifique à mener contre l’islam, mais seulement contre ceux qu’il appelle le pouvoir. Pas un mot sur la spécificité de l’islam, qui ne peut exister que comme modèle politique conquérant et hégémonique. Pas un mot sur la radicalisation de l’islam dans les pays musulmans, et ses conséquences dans la vie quotidienne des Français. Pas un mot sur l’effrayante progression, depuis trente ans, du voile, du halal, du ramadan, des prénoms, des mosquées. Pas un mot sur le fait que l’islam est première religion dans les prisons. Pas un mot sur le problème civilisationnel que ce dogme totalitaire pose à la France, et à toute l’Europe. A lire Serge, les musulmans ne seraient que les victimes du seul véritable ennemi, le capitalisme, et absolument pas, pour les plus radicaux d’entre, des guerriers en conquête.

Ce discours, un peu dogmatique, me rappelle celui des gauchistes sur l’insécurité. Quiconque osait parler de la montée de la délinquance se voyait immédiatement cloué au mur, par ces paroles couperet : « la vraie insécurité, c’est le chômage ». Et donc il ne fallait pas s’en prendre au délinquant, réduit au statut de victime du système.

Certaines féministes expliquaient le viol par le patriarcat, et donc nous disaient qu’il fallait s’en prendre au système, et pas à celui qui l’avait appliqué. D’autres, sur l’excision, nous serinaient la même chose, absolvant les coupables d’actes barbares, jugés seulement comme des conséquences d’une culture que les occidentaux n’avaient pas à juger.

Mais allons plus loin, les propos de Serge Ayoub ne rappellent-il pas les discours de fraternisation des communistes et des trotskistes, dans les années 1940, avec le soldat allemand, autre envahisseur, qui, selon la rhétorique, n’était, comme l’occupé français, qu’une victime du capitalisme ? Donc, il fallait fraterniser avec l’occupant, au nom de l’internationalisme prolétarien, ne pas se battre contre lui, mais combattre le système capitaliste qui avait engendré l’occupation nazie. Ce discours, irresponsable et préparant la collaboration, refusait, au nom d’une lutte globale contre le capitalisme, de faire la différence entre le fascisme allemand et la démocratie bourgeoise française ou anglaise. Après 1941, et l’attaque de l’URSS par Hitler, le PCF changera de registre, et passera à « A chacun son boche ! ».

Avec son programme réducteur, attaquant le simple capitalisme, la cause, mais se refusant à attaquer les conséquences, Serge Ayoub, me semble-t-il passe à côté, avec un discours gauchisant et souvent abstrait, des conséquences du mondialisme les plus durement ressentis par les Français, et notamment l’islamisation de notre pays. Il ne veut pas voir que si tous les musulmans ne sont pas des terroristes, tout bon musulman se doit de mener une guerre quotidienne inlassable pour transformer la France en terre d’islam.

Certes, il a raison de pointer le mondialisme, il pourrait, comme le fait Riposte Laïque, parler de la connivence entre les Etats-Unis et l’Arabie saoudite, et de la politique de l’administration Obama, et de sa volonté d’imposer une culture anglo-saxonne à la France. Mais faut-il se contenter, tels des militants de Lutte Ouvrière, de combattre le capitalisme, sans lutter contre le voile, le halal, les mosquées, le ramadan et tous les symboles d’islamisation du pays ?

Le camp des patriotes a besoin d’unité dans l’action, mais ne doit pas craindre d’approfondir des questions qui méritent clarification. C’est ce que j’espère contribuer à faire, par cet article amical, mais critique, contre l’ancien responsable de Troisième Voie. A part cela, j’ai lu le livre de Serge Ayoub sur l’affaire Méric, et je le recommande vraiment à vos lecteurs.

Dernier clin d’œil, pour revenir à cette interview, je trouve que Serge Ayoub est devenu plus trotskiste que Pierre Cassen !

Bernard Bayle

Pour commander le livre « Du fait divers au scandale politique », envoyer un chèque de 19 euros, frais de port compris, à Riposte Laïque, Boite Postale 10001, 78570 Chanteloup.

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