Le droit à la différence, c’est la différence des droits, donc la guerre des différences !

L’édito de Cyrano du 7 mars 2011 nous l’a dit : Marine Le Pen s’envole dans les sondages !

Si l’on est pour le Front National, la nouvelle est enthousiasmante ; si l’on est contre, la nouvelle est affligeante ; si l’on réfléchit, la nouvelle est évidente, car elle est la résultante de trente années de lâcheté politique, dont le condensé que voici laisse pantois : en décembre 1996, Antar Zouabri, émir du GIA, ordonne à Jacques Chirac, alors président de la République, de se convertir à l’islam… et nous ne disons rien ! Le 4 mars 2002, des «jeunes» crachent sur le visage du même Jacques Chirac (mais oui !)… et nous ne disons rien ! On assassine nos prêtres en Algérie, en Turquie, en Egypte, en Indonésie… et nous ne disons rien ! On tue nos policiers, on viole nos femmes et nos filles, on frappe nos chauffeurs de bus, on insulte nos juges, on moleste nos médecins, on agresse nos enseignants, on caillasse nos ambulanciers et nos pompiers, on saccage nos trains, on incendie nos voitures, on squatte nos églises, on souille nos murs de graffiti, on détériore nos grands ensembles, on profane nos cimetières, on laisse se multiplier les zones de non-droit, on remet en liberté de dangereux récidivistes, on minimise les sanctions pénales, on barre des rues pour prier, on siffle notre hymne national, on donne des coups de pied à notre Code civil après l’avoir jeté par terre, on s’essuie les fesses avec notre drapeau, on le brûle sur la place publique… et nous ne disons toujours rien !

Les maghrébines de Mantes-la-Jolie crient que le voile islamique est leur «honneur», et nous ne protestons pas.. bien que nous fustigions les discriminations dont les femmes sont victimes ! Nous revendiquons la laïcité… et nous condescendons à ce qu’une religion s’installe chez nous comme système légal ! Nous interdisons la polygamie… sauf pour les musulmans ! Nous félicitons Brigitte Bardot lorsqu’elle condamne le massacre des bébés phoques ou des globicéphales… et la traînons devant les tribunaux parce qu’elle dénonce la barbarie de l’Aïd el-Kebir ! Nous prohibons l’excision… mais veillons à ne pas froisser les coutumes allogènes qui la pratiquent !

Bref, nous sommes à la botte du fameux «droit à la différence» conçu comme archétype de la «tolérance», alors que «tolérance» et «différence» ne valent qu’en tant que branches d’un même tronc, sans quoi le tronc éclate sous la pression de branches exogènes devenues de véritables coins ! Comment promouvoir l’égalité des sexes, si l’on permet qu’une autre culture en prône l’inégalité ? Comment valoriser la pensée critique tout en sacralisant le religieux ? Comment faire l’apologie de la «justice pour tous» en instaurant des «aménagements spécifiques» ? Comment concilier «démocratie» et «théocratie», «modernité» et «archaïsme», «liberté d’expression» et «liberté d’oppression» ?

En un mot, comment ne pas voir que notre angélisme à l’égard de la «tolérance» et de la «différence» nous conduit tout droit vers une crise civilisationnelle dont les Français ne veulent point ? Et comment ne pas saisir que ces mêmes Français ne veulent pas davantage d’une France où l’affairisme, le racket, la drogue et les trafics en tout genre ne cessent de gagner du terrain ? Et l’on s’étonne que le Front National gagne à son tour du terrain ? Et l’on rappelle, en guise d’avertissement suprême, le «coup de tonnerre» du 21 avril 2002 ?

Si l’on ne tient pas à ce que le 21 avril 2002 fasse pâle figure au regard de ce que peut nous réserver le premier tour de la présidentielle de 2012, cessons d’encourager la «dé-francisation» de la France ! Comprenons que le mélange de populations dont les valeurs sont contraires ne peut qu’être explosif, et qu’à vouloir nier ce truisme, on fait le jeu de la violence communautaire. Car sitôt que les fondamentaux sont opposés, le «droit à la différence» n’aboutit qu’à la «différence des droits», c’est-à-dire à la «guerre des différences» ! Quand les hommes rivalisent de moyens pour la même fin, ils sont leur chance mutuelle, parlent de concert, vont dans le même sens. Mais pour peu que la fin diffère, les risques de heurts sont plus qu’élevés, à l’image de ceux que nous ferait encourir un véhicule roulant en sens inverse sur l’autoroute.

Telle est pourtant la «nouvelle France», où il devient périlleux d’être juif, chrétien, laïque… et même français !

Toutefois, la solution nous est connue, et, pour intolérable qu’elle puisse paraître aux yeux d’une pensée compassionnelle, «il n’en est qu’une, dès qu’un peuple entend maintenir sa nationalité, garder son indépendance, continuer sa race, posséder sa terre, parler sa langue : c’est qu’il se rende assez fort pour les défendre» (Frédéric Masson, Directeur de l’Académie française, Discours du 28 janvier 1909).

Frédéric Masson montrait-il du doigt les minorités, les étrangers, les immigrés, les ennemis de la nation ? Faisait-il déjà le jeu du Front National ?

Maurice Vidal

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