Le fabuliste et l’affabulateur

Pris d’une passion soudaine pour Jean de La Fontaine, le Président s’était rendu à Château-Thierry, ville natale du fabuliste, pour célébrer sa naissance en compagnie de Fabrice Lucchini qui, lui, est un véritable amoureux de la poésie française. En réalité un prétexte pour venir assister le candidat LREM dans les Hauts de France, l’obscur Laurent Pietraszewski qui, entre autres ministres inconnus, avait déjà eu le soutien de Darmalin et celui (mortifère) de l’illustre Moretti-Dupond, ministre de la Justice et qui, après une brillante campagne dans le Pas-de-Calais, obtient un dérisoire 8,2% des voix. Hélas ! la débandade fut mémorable au point que le prétendant LREM ne fut même pas retenu pour le deuxième tour. Qu’il se rassure, toute la Macronie but la tasse du même coup. Même succès en Ile de France où, pourtant, la fringante Martine Schiappa avait fait la danse du ventre au profit de l’anonyme Laurent Sainte-Marie.

Le grand vainqueur, on l’a dit et redit, est le parti des abstentionnistes : deux Français sur trois. Un record historique qui souligne la dégoûtation d’un demi-siècle de magouilles, de clientélisme, de forfaitures, d’alliances contre nature entre ennemis d’hier soudain acoquinés pour garder le pouvoir, toujours plus prompts à se servir qu’à servir le pays. Des politicards coupables d’avoir abandonné le peuple de France, de s’être montrés lâches, menteurs, opportunistes. Comment pareille engeance pourrait-elle encore duper le peuple qui a si souvent été pris pour une piétaille négligeable et corvéable à merci ? Comment pourrait-il souscrire aux promesses, aux bavardages, aux trémolos, aux postures, quand il voit que rien n’est fait, quand il constate que la justice est gangrenée par la bien-pensance, le droits de l’hommisme, le sacro-saint Etat de droit, quand l’insécurité se généralise, se banalise, que les violences, les vols, les viols, les violences (qui sont peu ou pas sanctionnés et qui, quand ils le sont, voient les jugements peu ou pas appliqués) touchent non seulement les banlieues, mais aussi les autres quartiers, l’ensemble des villes et des bourgs. Quand l’islamisme radical a pignon sur rue et que le terrorisme s’installe, quand la pauvreté s’accroît et que, parallèlement, la richesse s’intensifie, quand l’écologie punitive frappe les classes moyennes et populaires pour satisfaire les bobos-trottinettes et les gogos qui confondent le combat pour la protection de la nature, la lutte contre la pollution avec le goût du pouvoir et les avantages qu’il apporte. Décarbonons, décarbonons, pompilisons, éoliennisons, défigurons, sanctionnons (alors que la France est l’un des pays au monde le moins polluant : 0,9% contre 28% pour la Chine ; que fait donc le tandem Bayou/Jadot ?) mais, en même temps, capitalisons.

C’est dire que le peuple ne croit plus à une démocratie qui lui a été confisquée et ce depuis pas mal de temps : que l’on songe au traité de Maastricht auquel les Français avaient dit non mais que Sarkozy, par un coup de Jarnac, fit accepter. Même chose aujourd’hui avec l’immigration incontrôlée qui se poursuit depuis des décennies à raison, aujourd’hui, d’environ 400000 personnes par an, alors que les Français, de droite comme de gauche, sont à 70% contre. Comment dès lors souscrire à la farce électorale même si, en ne votant pas, on fait le jeu des professionnels qui, eux, ont su réunir leurs électeurs obligés ?

Face à la déroute macronienne, la gauche, dit-on, aurait résisté, mais c’est surtout dans ses fiefs historiques où elle est implantée depuis longtemps et où elle a su se faire une clientèle, les électeurs y votant par esprit de famille, sinon par reconnaissance. En revanche, pour La France Islamo-gauchiste du Mélenchon maximo, c’est la déroute ; alors, pour surnager, Clémentine la radicale s’associe au duo PS/EELV pour former, avec l’ectoplasmique Bayou et l’égérie de la gauche racisée Pulvar un trio de dynamiteros. Et ce au grand dam des socialistes historiques, style Manuel Valls.

Quant aux Républicains qui ont surpris tout le monde, il faut relativiser car l’unanimité est loin d’être au rendez-vous : Pécresse roule pour elle et a fondé son propre parti, avec, en perspectives, les présidentielles. Bertrand, lui, est prêt à s’allier avec le diable et s’est pareillement émancipé de LR en se déclarant préventivement candidat pour 2022, histoire de couper l’herbe sous les pieds à ses camarades.

À défaut d’un Macron empêché, il pourrait être, aux présidentielles, un candidat de l’establishment macro-républicain, sauf si l’on ressortait du chapeau le poivre et sel Philippe. Pour lui les régionales sont un galop d’essai et son discours radical le soir des résultats contre le Rassemblement national est une invitation à ressusciter le Front républicain qui lui a été fort utile aux dernières élections régionales, quand la gauche, dans un sacrifice altruiste, s’est sacrifiée sur l’autel de la République.

Ne s’agit-il pas surtout de barrer la route à Wauquiez qui, fort de son succès, pourrait être le candidat d’une droite décomplexée et musclée ? Lui, en tout cas, n’a pas fait de déclaration anti-RN, à la différence de Xavier et de Valérie ou encore de l’inénarrable Muselier qui, champion du double jeu, a joué la carte macroniste dès le début et qui, malgré cela, fut intronisé par les Républicains. Voilà qu’en sus, il va, une fois encore, bénéficier du retrait de la gauche, le but étant de battre Mariani à tout prix, car il est sans doute le seul à avoir une envergure nationale. D’où, entre les deux tours, le pèlerinage à Notre-Dame de Marseille des ténors républicains qui, toute honte bue, viennent adouber l’Arlequin républicain.

Le Rassemblement national, lui, est sanctionné pour avoir renié ses fondamentaux en acceptant l’Europe, l’euro, Schengen, la CEDH, en prônant l’union nationale, en refusant le lien entre islam et islamisme, en quelque sorte en s’embourgeoisant pour séduire un électorat modéré, au risque de perdre son socle radical. Faute tactique, surtout à un moment où le pays vire de plus en plus à droite et affirme son attachement aux valeurs de la République et de la France et réclame des mesures d’urgence.

Certes, on ne s’attendait pas à de grands bouleversements politiques en dépit des sondages de plus en plus fantaisistes, et nul doute que le 2e tour confirmera le 1er.

Une chose est sûre : la macronie est KO. Après un an de muselière, après la mise sous serre des Français, leur infantilisation, le champ politique a changé. Mais que feront les élus après la secousse du 20 juin ? Reverront-ils leur copie ?

La seule question est de savoir ce que sera le vote des abstentionnistes en 2022 et qui sera dans le peloton de tête ? Wait and see.

Max Chaleil

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7 Commentaires

  1. Fabrice Lucchini est un homme qui n’a pas fait de grandes études et qui est cependant très cultivé, Macron a fait les « Grandes Ecoles » et il a déclaré qu’il n’y avait pas de culture française. Avant leur entretien, je suppose que Fabrice a dû avoir la consigne d’expliquer à Manu ce que signifie le mot : autodidacte.

  2. Lucchini vient de prendre le chemin de la macronie, tant pis pour lui nous ne l’aimerons plus.

  3. wait and see (attendre et voir) mais plus efficace est d’aller voter pour virer les bobos du pouvoir

  4. La macronie n’est qu’une vaste fumisterie, une tromperie, une entourloupe. Dans ma propre famille il y a eu des crétins qui ont cru que ce paltoquet allait faire des miracles. C’est bizarre, ils ont cessé de s’en vanter.

    • Eh oui et il y en a même qui prétendent qu’il a été « élu » !!!

  5. « Lui, en tout cas, n’a pas fait de déclaration anti-RN, à la différence de Xavier et de Valérie… »
    ne vous inquiétez pas, il n’en pense pas moins, et crachera sa haine très rapidement !

  6. Vous voyez pas un barnier en embuscade
    ?tout est fait pour un second tour blanc bonnet bonnet blanc….éxit marine ca les arrangerait…..

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