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Le feu est loin de s’éteindre


Faisant l’aveu d’un « défaut de pédagogie », la clique au pouvoir sous-entend qu’elle détient la vérité. Le seul tort qu’elle se reconnaît est de ne pas avoir suffisamment « expliqué » aux Français au nom de quoi elle les plumait. « Donnez- nous encore six mois et nous vous expliquerons tout ! ». La ficelle est un peu usée. Elle avait déjà été utilisée pour calmer les grandes manifestations de 2010 contre la réforme des retraites. Plus d’un million de personnes étaient descendues dans la rue.
Sourd aux avertissements des Renseignements généraux, le pouvoir en place n’a pas compris ce qui couvait depuis des mois et plus précisément depuis d’affaire Benalla de l’été dernier. Il n’a pas compris que la taxe sur les carburants n’était que la partie émergée de l’iceberg du mécontentement. Il n’a pas compris que ce que les Français refusent, c’est le logiciel de ce gouvernement, à la botte de la super classe mondiale et de ses relais financiers et institutionnels.
Voilà pourquoi la crise est profonde et pourquoi elle risque de durer encore longtemps.

Certains ne voient dans ce mouvement que des revendications de nature économique. Bien sûr, elles sont réelles et légitimes. L’asphyxie fiscale, justifiée par de faux idéaux portant sur les fameuses « transitions » climatique, écologique, migratoire… est de plus en plus insupportable. Elle est l’expression d’un phénomène de rejet plus profond : le rejet d’une post-démocratie qui peu à peu dépossède les Français de leur patrimoine et de leur identité. Les déclarations-phares de Macron sont assez connues pour qu’il ne soit pas nécessaire de les répéter ici, que ce soit sur l’Histoire, la culture ou les racines de la France.
Un parallèle s’impose entre les Gilets jaunes et la Manif Pour Tous, même si les contextes et les enjeux sont différents. Le million de personnes qui se se sont mobilisées contre la dénaturation du mariage avaient-elles un intérêt personnel à aller manifester ?

Non, et pourtant le mouvement scandait « Hollande démission » et n’en déplaise à certains, il a laissé des traces profondes dans la vie politique française et en particulier l’émergence d’une dissidence intellectuelle qui n’a plus peur de s’exprimer.
Oui les Français sont capables de se mobiliser pour une grande cause. Celle du redressement national. Il n’y a pas que le pain pour faire descendre les gens dans la rue. Aujourd’hui s’exprime le rejet d’un modèle de société où les citoyens ne sont plus rien, sinon des vaches à lait.

Le gouvernement, aveuglé par sa suffisance, ne l’a pas compris : non seulement il n’a pas compris que son logiciel était détesté, mais il s’imagine que quelques mesurettes suffiront à calmer la grogne des Français. Il s’imagine encore acheter à bon compte la docilité des policiers, de peur qu’ils ne changent de camp rapidement. C’est vraiment prendre les Français pour des idiots. Le feu est loin de s’éteindre. Le seul geste « fort » qui aurait pu calmer le jeu, eût été la dissolution de l’Assemblée nationale, à défaut de la démission du locataire de l’Élysée. Mais il paraît que… le Palais est en travaux !

Hector Poupon