Le gentil Clément Méric se préparait à frapper dans le dos le méchant Esteban

À mesure que passent les heures, la lumière se fait sur les circonstances ayant entraîné la mort de Clément Méric. Et cette lumière éclaire une scène de crime assez différente de celle que les scénaristes en charge de la fiction s’étaient très vite employés à décrire.

Il apparait clairement que les rôles distribués d’emblée par les tireurs de ficelles de cette affaire n’étaient pas les bons. En effet, l’assassin présumé, dénoncé, capturé puis soustrait d’urgence à la juste vengeance du peuple, n’est pas celui dont ledit peuple était censé assister au supplice. En vérité, l’homme, forcé de se défendre au milieu d’un guet-apens, et usant de ses réflexes de survie, a frappé. Sans doute à l’aveugle car il faut je pense, comme Messieurs Mélanchon, Corbières, Askolovitch et quelques autres, avoir simulé la bagarre sur Nintendo, dans son salon, pour croire que l’on peut se sortir d’un pareil guêpier en appuyant simplement sur le bouton gauche d’une console de jeux.

Ri7vautours Valls, taubira, etc 001La vie réelle, ce n’est pas tout-à-fait comme ça. Dumas, Zevaco, Sue et leurs petits copains ont pas mal écrit sur la meilleure façon d’occire un gêneur en le frappant dans le dos. A ce titre, l’action de Clément Méric s’inscrit dans la longue litanie des coups bas romanesques lesquels, par un étrange hasard, sont devenus le pain quotidien et le mode d’expression d’une part majeure de la presse française, un siècle et demi plus tard.

La question est dès lors posée : la France est-elle encore une démocratie autorisant la vérité à se manifester et, partant, à triompher? Ou bien le banal citoyen que je suis doit-il se résoudre à subir encore longtemps l’insolence, la morgue, le mépris par contentement de soi et l’authentique fascisme de ceux qui, en ce début d’été de l’an 2013, prétendent, au-delà de toute pudeur et du moindre sens de l’honneur, diriger sa manière de penser?

La réponse à cette question rampe à cette heure dans le cloaque des rédactions autorisées. Une seule séquence de video et tout bascule! Eh oui, c’est ainsi, mes bons amis. Big Brother est à l’oeuvre, qui n’éprouve guère de sentiment. Images, cameras, micros… Nous avons voulu cette fatalité orwellienne à quoi l’intelligence devra désormais s’affronter jusuqe dans les toilettes de nos appartements. Il vaudra mieux jouer l’honnêteté, à mon avis. Sachant cependant que la tolérance du bon peuple, sa capacité d’absorption du pire, sa fatigue structurelle et son envie de dormir conforteront toujours les médiocres certitudes des procureurs de la première heure cités plus haut. C’est dommage, mais c’est ainsi.

Lesquels procureurs attirés là comme des frelons asiatiques par des abeilles inoffensives, seront, je le prédis, les résistants de la dernière heure, quand hélas les purs auront payé de leur vie la précoce nécessité de se battre contre l’inacceptable.

Alain Dubos

Voir également comment les choses nous ont été présentées :

[youtube]mE6b16vfiqc[/youtube]

http://www.youtube.com/watch?v=mE6b16vfiqc&feature=youtu.be

image_pdf
0
0